« Ce débat d’orientations budgétaires s’inscrit dans un contexte financier encore plus contraint que les années précédentes », déplore Charles Demouge, président de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA). Ce jeudi 13 novembre, les cent-treize élus du conseil communautaire de PMA ont échangé sur le débat d’orientations budgétaires.
En 2026, d’après les estimations de PMA, le total des concours financiers versés par l’État à l’agglomération serait à hauteur de 34 millions d’euros. Une baisse de plus de 3 millions d’euros par rapport à 2025. Quant aux des recettes fiscales, elles devraient atteindre 61,8 millions d’euros. De leur côté, les recettes de fonctionnement diminuent légèrement, passant de 128,7 millions d’euros à 127,3 millions d’euros.
L’encours de la dette devrait atteindre 142,5 millions d’euros. Une baisse de 4,4 millions d’euros par rapport à l’année dernière. Le ratio de solvabilité reste stable puisqu’il passe de 6,7 à 6,3 ans. Il correspond au nombre théorique d’années requises pour rembourser toute la dette, s’il s’agissait de la seule dépense de la section investissement.
Des projets sur les cinq prochaines années
Entre 2025 et 2030, 4,53 millions d’euros seront versés pour la commission politique culturelle et patrimoine historique, dont 3,79 millions pour le site archéologique de Mandeure. Entre la construction d’un pavillon de valorisation et des travaux de rénovation, 1,9 million d’euros seront investis dès 2026.
Autre projet : l’aménagement de TechnoLand 2. Sur les 23,21 millions d’euros prévus pour le développement économique, immobilier d’entreprise, économie sociale et solidaire et insertion, 7,17 millions d’euros, soit 95 %, seront investis dans ce projet. Depuis cette année et jusqu’en 2029, le site TechnoLand 2 bénéficiera de 1,26 million d’euros par an.
Une enveloppe de 18,74 millions d’euros est prévue pour l’enseignement supérieur, la recherche et le CFA du Pays de Montbéliard. Au total, 17,93 millions d’euros iront en direction du projet de reconversion de l’ex-polyclinique des Portes-du-Jura (lire notre article). Le projet ayant déjà commencé en 2025 avec 4,47 millions d’euros verra son enveloppe presque doublée l’année prochaine avec 8,15 millions d’euros.
Quelle politique agricole ?
Après une présentation des enjeux politiques pour 2026, certains élus interrogent les vice-présidents. « Je me questionne sur l’ambition que porte l’agglomération dans le domaine de la politique agricole, notamment sur le Plan Alimentaire Territorial (PAT) », souligne Sidonie Marchal, conseillère municipale de Montbéliard. L’objectif de ce plan : rapprocher les producteurs, les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs, pour développer l’agriculture d’un territoire. En donnant des exemples d’initiatives prises dans d’autres agglomérations, Sidonie Marchal, interroge sur ce qui pourrait être mis en place à PMA. « Si l’on fait un petit calcul, le PAT représente 3 % du budget de la commission huit en termes de dépenses de fonctionnement », souligne Sidonie Marchal.
« La plus grande difficulté qu’on en a souvent dans l’accompagnement, c’est de trouver des maraîchers qui veulent venir s’installer », explique Didier Klein, vice-président en charge du développement économique. Au-delà du manque de demande de la part de professionnels, il souligne le manque de surfaces disponibles. Propos confirmés par le président du conseil : « L’agglomération est propriétaire de certains terrains, mais pas obligatoirement de terrains qui peuvent être utilisés pour du maraîchage ».
En prenant l’exemple de la construction du TechnoLand 2, Jean Fried, mairie d’Allenjoie, met en avant les maraîchers qui étaient autrefois installés sur le site. « On a plutôt choisi le développement économique que le soutien à l’agriculture », conclut-il.
Recherche d’économies
« C’est vrai que la situation est compliquée, mais à un moment donné, il faut qu’on s’interroge sur les économies qu’on peut faire », intervient Marc Tirole, maire de Dampierre-les-Bois. Il cite notamment la hausse de la fiscalité mise en place, censée compenser les ponctions de l’État et donner davantage de marges de manœuvre à PMA. « Pourtant, depuis le début du mandat, on a une épargne nette qui est à zéro ».
Magali Duvernois, vice-présidente chargée de l’environnement, rétorque : « On est dans une politique publique; on n’est pas dans une entreprise privée qui doit rapporter de l’argent ». Elle confie sa crainte de voir certains domaines ciblés si d’autres économies doivent être mises en place : le soutien aux populations, notamment les plus précaires. « Ça fait quinze jours qu’on planche sur les chiffres, on regarde toutes les lignes, même celles à cent euros », explique Charles Demouge en soutien.