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Trévenans : les urgences de l’hôpital au centre de toutes les préoccupations

Une série d'actions est mise en place pour désengorger les urgences de l'hôpital Nord Franche-Comté. | ©Le Trois – illustration
Nouveauté
Les urgences de l’hôpital Nord Franche-Comté subissent des périodes de tensions de plus en plus souvent. Et de manière de plus en plus marquée. Des actions ont pu être menées rapidement, comme la mobilisation de la réserve sanitaire. D’autres s’inscriront dans le temps, avec, comme unique objectif : proposer le meilleur soin, au meilleur moment. Avant le passage aux urgences, de préférence.

« Nous sommes extrêmement mobilisés. » Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté, se veut rassurant. Ce jeudi 15 février, il est venu présenter les contours d’un vaste plan d’actions permettant de désengorger les urgences de l’hôpital Nord Franche-Comté, à Trévenans. « [La situation] n’est pas simple, convient-il, mais il n’y a pas de fatalité. » Et d’ajouter : « Personne ne peut se satisfaire des délais d’attente. »

La crise sanitaire a fortement éprouvé les établissements hospitaliers, tout en montrant aussi l’investissement sans faille des agents. Pour autant, la chute de la démographie médicale et le vieillissement de la population accentuent les difficultés ; le vieillissement de la population entraîne, mécaniquement, des prises en charge plus lourdes et plus longues. Les urgences sont autant le symptôme que le réceptacle de cette situation. « La question des urgences est importante, mais il faut réfléchir en termes de parcours de soin », replace le directeur régional de l’ARS. Avant elles. Et après elle. Comment évite-t-on l’arrivée aux urgences, tant en termes de prévention que d’orientation des soins ? Comment garantit-on des réponses adéquates après le passage aux urgences et dans des temps réduits pour éviter de créer une situation d’attente aux urgences ? « Nous allons lancer un audit sur le parcours de soin », informe justement, à ce sujet, Jean-Jacques Coiplet. « C’est un travail de fond qui est réalisé », salue Raphaël Sodini, préfet du Territoire de Belfort.

Équipes para-médicales d’urgence

Si les urgences sont souvent le « révélateur » d’un territoire. Mais elles ne doivent pas être le début du parcours de soins. La première étape, c’est donc l’orientation du parcours de soin. Le directeur régional de l’ARS invite les patients à solliciter, dans un premier temps, le médecin traitant, s’ils en ont un, avant de venir aux urgences. Et avant de venir, il recommande d’appeler le 15 ou le 3966 (de 20h à 8h, week-ends et jours fériés), pour joindre un médecin de garde. Cette idée sera reprise prochainement par la mise en place du service d’accès au soin (SAS), en cours de déploiement en France. « Pour le patient confronté à un besoin de soins urgents ou non programmés et lorsque l’accès à son médecin traitant n’est pas possible, le SAS doit permettre d’accéder, à toute heure et à distance à un professionnel de santé », détaille le ministère de la Santé. « Ce dernier pourra lui fournir un conseil médical, lui proposer une téléconsultation, l’orienter selon la situation vers une consultation de soin non programmé en ville, vers un service d’urgence ou déclencher l’intervention d’un SMUR ou d’un transport sanitaire », ajoute-t-il.

Localement, un système existe déjà pour répondre à ce besoin de créneaux de consultations non programmées, pour des « semi-urgences ». « Depuis plusieurs années, nous avons une organisation avec les médecins [libéraux] pour proposer des créneaux », indique Valérie Ganzer, directrice territoriale nord Franche-Comté de l’ARS. En 2023, 6 275 créneaux avaient été proposés par des médecins libéraux du nord Franche-Comté. 2 000 ont été utilisés. Ces créneaux n’étaient visibles que par les professionnels (médecins des urgences, régulateurs du 15 ou du 3966), qui pouvaient alors orienter les patients. Le SAS s’appuiera sur cet existant et pourra l’approfondir. « Nous aurons la capacité à absorber », assure-t-elle. 

Même s’il faut encore renforcer ses effectifs, l’ouverture d’un centre de soins non programmés, à la clinique de la Miotte, doit permettre de répondre à un certains nombres d’urgences en ville, sans passer par la case service des urgences de l’HNFC. Des cabinets éphémères vont aussi être lancés, où l’ARS accompagne pendant deux ans de jeunes praticiens pas encore installés. Il n’y a pas de modèle, c’est à la carte : médecine libérale ; salariat… Un doit ouvrir à Bessoncourt en mars, puis un à Vandoncourt et à Beaucourt.

Ces projets impliquent une meilleure coordination entre la médecine hospitalière et la médecine de ville valident l’ensemble des acteurs. La création de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) favorise la coordination des acteurs de la santé. Le nord Franche-Comté en compte déjà trois. Deux sont en cours de signature. Cela permet de mettre en place des procédures communes et de favoriser le dialogue entre les acteurs.

Réserves sanitaires

En 2023, 4 médecins, 15 infirmiers et 5 aides-soignants ont renforcé les effectifs de l’hôpital nord Franche-Comté. En 2024, 5 généralistes, 5 urgentistes, 26 infirmiers et 18 aides-soignants sont déjà venus. Et l’opération a été renouvelée depuis vendredi 16 février, pour une durée de 15 jours. 4 généralistes, 2 urgentistes, 10 infirmiers sont notamment sur le pont. « C’est un acte de solidarité nationale », rappelle Jean-Jacques Coiplet.

Dans le cadre de la réponse d’urgence, une équipe paramédicale de médecine d’urgence devrait voir le jour prochainement dans le nord Franche-Comté. Ces équipes seraient composées d’un infirmier et d’un ambulancier. Ils pourront faire les premiers soins et interviennent en complément des Smur.

Prévenir en allant vers les patients

Pour limiter le recours aux urgences, un important de travail de prévention et de suivi doit être mis en place. Montbéliard va accueillir le 3e médico-bus de la région (après la Nièvre et la Haute-Saône), prochainement. Il ira notamment dans les quartiers politiques de la ville, là où de nombreux habitants n’ont pas de médecins traitants. Une unité mobile de télé-consultation doit aussi voir le jour. Une équipe formée arrivent chez le patient. Le médecin est en visio. Pour des visites de contrôle, voire du suivi, cela limite la mobilisation du médecin, pour qu’il consacre le plus de temps possible à du temps médical. « On a l’équipe et le véhicule, indique Jean-Jacques Coiplet. On attend le go [du ministère] ».

Dans ce paysage d’actions qui se dessine, l’ouverture de lits de médecine sera nécessaire à long terme. Tout le monde en convient. « Il nous faut des lits supplémentaires », confirme Jean-Jacques Coiplet. Mais cette augmentation ne doit pas être « la solution absolue », note Pascal Mathis, directeur général de l’hôpital Nord Franche-Comté. « Nous avons un besoin significatif d’augmenter notre capacité en d’hospitalisation de jour, pour nous garantir une baisse des passages aux urgences », observe-t-il par exemple. Il y a aussi une volonté de développer l’hospitalisation à domicile, une offre pas toujours connue de la médecine libérale. « Notre travail, c’est de coordonner tous ces acteurs et cibler les ressources », explique le directeur régional de l’ARS.  

Responsabilité populationnelle

C’est un nouveau concept de santé publique en cours de déploiement. C’est un travail autour de la prévention et du dépistage, limitant ainsi l’arrivée de patients aux urgences, dans des situations difficiles. Une telle dynamique va être enclenchée autour des insuffisances cardiaques à l’hôpital nord Franche-Comté. Cette dynamique implique de nombreux professionnels de santé. À Vesoul, le dispositif a été testé autour du diabète. En moins de 4 ans, le nombre de diabétiques chroniques acceptés aux urgences est passés de 30 à 5 %. Cela signifie que la prise en charge en amont était plus efficace. « C’est toute une chaine de réponse qu’il faut trouver ensemble », explique Jean-Jacques Coiplet.

Malgré tous ces plans, ces défis ne seront relevés que si les métiers de la santé redeviennent attractifs. « C’est la mère des batailles », admet Jean-Jacques Coiplet. Une bourse d’études sera par exemple proposée aux étudiants de 3e année de l’institut de formations aux métiers de la santé de Montbéliard, financée par l’ARS et l’HNFC, pour toutes les personnes s’engageant à rester à l’hôpital au mois 18 mois après leur diplôme. 4 millions d’euros supplémentaires sont fléchés dans la région par l’ARS pour des actions de fidélisation et d’attractivité.

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