« C’est la cinquième édition du Printemps de la prévention », s’exclame Aline Dougoud, responsable des services supports. Du 24 mars au 7 mai, l’association d’aide et de soins à la personne Amaelles proposent différents ateliers gratuits destinés aux plus de 60 ans. Au programme : ateliers sur les chutes, le sommeil ou encore la nutrition.
L’objectif est de sensibiliser les personnes âgées aux risques liés au vieillissement. « On est face à un tsunami gériatrique. Les plus de 75 ans sont actuellement 7,1 millions, c’est presque 10 % de la population. Et selon les projections, ces chiffres vont doubler », développe Denis Piotte, président d’Amaelles et médecin généraliste. Des données observées sur le plan national, mais aussi en Bourgogne-Franche-Comté. Dans un rapport, l’Insee annonce qu’en 2025, les 75 ans ou plus représentent un habitant sur huit au niveau régional (lire notre article). « Ici non plus, on n’y échappe pas », observe Denis Piotte.
Maladie chronique, chute, isolement… des risques à prendre en compte
Ce vieillissement de la population entraîne de nouveaux besoins. C’est notamment le cas des affections de longue durée, dont les maladies chroniques. « En 2030, 43 % de la population va être touchée », estime Denis Piotte. En cause, le diabète, les maladies cardiaques ou encore les troubles psychiatriques. Mais le médecin le rappelle, l’accompagnement des personnes âgées ne s’arrête pas à l’aspect santé physique. Il faut avoir une vision plus globale. « Avoir une prise de sang normale ne suffit pas, le bien-être passe aussi par la psychologie, le social, la vie conjugale et l’environnement », liste Denis Piotte.
Le médecin l’a remarqué, le passage à la retraite est un vrai tournant de vie pour certains. « Les gens qui avaient une vie sociale essentiellement tournée autour du travail se retrouvent sans activité et sans reconnaissance. » Le risque de l’isolement est alors présent. Selon le rapport datant de septembre 2025 des Petites Frères des Pauvres, 750 000 personnes âgées seraient en situation de mort sociale. C’est-à-dire sans contact social avec sa famille, voisins ou amis.
Amaelles compte 620 salariés dans l’aire urbaine
Pour répondre à ses besoins, Amaelles a développé son activité. Il y a onze ans, alors que l’organisme était divisé en plusieurs associations, il se mutualise sous le nom de Domicile 90, devenu Amaelles. « Notre structure a pris de l’ampleur puisque on compte 620 salariés sur l’ensemble de l’aire urbaine », précise Denis Piotte. En 2023, Amaelles rachète la société Anoa Services (lire notre article). Plus récemment, en octobre 2025, l’association se rapproche du pas de Montbéliard. Soli-Cités Aides devient Amaelles 25.
Pourtant, une ombre au tableau se dévoile. « Notre difficulté, c’est qu’il y a de plus en plus de seniors, mais paradoxalement on a du mal à recruter », déplore Aline Dougoud. Au-delà d’avoir des personnes qualifiées pour l’accompagnement des seniors, il faut aussi que ces dernières soient des compétences humaines. « Si la personne n’est pas bienveillante, n’est pas à l’heure, n’est pas respectueuse ça va être compliqué », complète la responsable des services supports.