Une soixantaine d’élus sont réunis dans l’amphithéâtre de l’école de police de Montbéliard. Studieux, ils notent dans leur carnet les instructions du major Fabien Valdes et du brigadier chef Olivier Stalter. Tous deux sont formateurs à l’école de police, mais ce mercredi soir c’est à un tout autre public qu’ils s’adressent. « C’est une séance de formation pour la gestion de l’agressivité et de la désescalade de la violence », indique David Gagliardi, directeur de l’école (lire notre article). Une formation qui a déjà servi pour d’autres corps de métiers comme les agents de la piscine ou encore les soignants de l’hôpital Nord Franche-Comté.
Mais les élus sont aussi susceptibles de faire face à de la violence de la part des habitants de leur commune. « La situation était tellement préoccupante que le gouvernement a annoncé dès juillet 2023 un plan national de prévention », précise Renaud Nury, sous-préfet de Montbéliard. Grâce à cette opération, les violences envers les édiles ont diminué de moitié entre 2023 et 2026, passant de 56 à 28 dans le Doubs. « Il nous a semblé utile de vous armer, non pas physiquement, mais en termes de comportement », insiste le sous-préfet.
Faire de son bureau une « safe zone »
Les édiles sont plongés directement dans le bain. Un volontaire a été choisi pour une mise en scène. Il joue son rôle d’élu face à un habitant mécontent, joué par le formateur. Avec cette scénette, les élus vont réfléchir à comment ils devraient se comporter dans cette situation. « Si déjà on ne se fait pas confiance, comment voulez-vous gérer la personne en face qui a un souci », explique le brigadier chef Olivier Stalter.
Le premier grand principe pour désamorcer une situation complexe : la prise d’informations. Lorsqu’un habitant mécontent entre dans le bureau, les formateurs poussent les élus à se renseigner sur la personne. « Est-ce que vous pouvez me dire qui vous êtes, où vous habitez ? » Des questions simples qui peuvent permettre de faire baisser la tension.
Autre point important. Les formateurs insistent sur le fait que le bureau doit être une « safe zone ». Rien de dangereux ne doit traîner : ciseaux, tasses, verre… Cela passe par le positionnement du bureau dans la pièce. « Il faut prévoir une échappatoire » indique le brigadier chef Olivier Stalter. Pas question de mettre son bureau contre un mur ou une fenêtre mais plutôt le placer près d’une porte.
Former un maximum d’élus
« Si vous repartez avec trois ou quatre principes, c’est parfait », insiste David Gagliardi, directeur de l’école de police. Ce mercredi soir, une trentaine de communes étaient représentées. Certains se sont reconnus dans les situations évoquées. D’autres fraîchement élus seront désormais armés pour faire face à ces problématiques. Pour permettre aux édiles de l’ensemble du Doubs de bénéficier de cette formation, le sous-préfet réfléchit déjà à en refaire d’en d’autres villes.