(AFP)
« On a un défaut collectif de maîtrise de notre numérique », affirme-t-il, à la veille de l’ouverture du Forum InCyber, qui réunit à Lille des professionnels du secteur de la cybersécurité.
Mais d’après Vincent Strubel, la recherche de solutions et produits technologiques français ou européens ne doit pas éclipser d’autres enjeux.
« Cette question des dépendances numériques, elle est centrale et elle ne se limite pas qu’à des enjeux de souveraineté ou d’origine des développements logiciels, même s’ils sont importants », explique-t-il, en insistant sur la « maîtrise » de l’informatique au sens large.
« Il y a une tendance à faire des raccourcis, à se dire qu’il faut forcément des solutions françaises pour répondre à tous les besoins. Ce n’est pas réaliste, ce n’est pas nécessaire, ce n’est pas souhaitable », assure-t-il, invitant à distinguer les usages et les technologies les plus critiques.
Face à un niveau de la menace informatique élevé, selon le constat de l’Anssi qui a publié plus tôt en mars son rapport annuel, son directeur général appelle aussi à « un vrai mouvement de sécurisation à grande échelle », incluant l’ensemble du tissu économique.
« La cybersécurité, c’est une condition de la souveraineté. Si on est victime de toute cyberattaque possible, on n’est pas souverain », insiste-t-il, alors que le nombre de vulnérabilités détectées sur des services ou des logiciels augmente d’année en année.
"Personne n'est à l'abri"
Face à une évolution des cyberattaques et de leur médiatisation, Vincent Strubel met aussi en garde contre « une forme de contrôle du narratif par les attaquants », notamment dans le cas des fuites de données.
Les revendications de vol de ces fichiers, qui vont souvent de pair avec leur mise en vente, se sont multipliées depuis plusieurs années, donnant ces derniers mois « l’impression d’une explosion qui n’est pas totalement avérée dans les faits », indique-t-il. « Il y a beaucoup plus de fuites de données que les années précédentes, mais on voyait cette accélération déjà en 2024. »
« Au-delà des conséquences qui sont évidemment inacceptables (…), ce qui m’inquiète aussi c’est que cela rappelle notre vulnérabilité de manière générale. Personne n’est à l’abri des fuites de données malheureusement », martèle-t-il.
