Quand le territoire se regroupe pour imaginer l’avenir industriel

Cet été, un collectif s’est constitué pour imaginer de nouvelles activités industrielles et conserver les savoir-faire de l’écosystème belfortain, menacé par le plan social à General Electric.

Cet été, un collectif s’est constitué pour imaginer de nouvelles activités industrielles et conserver les savoir-faire de l’écosystème belfortain, menacé par le plan social à General Electric. Après avoir collecté des projets, le collectif Ciibel appelle les gens à le rejoindre pour tenter de les développer.

Plus de 80 propositions ! C’est le nombre de projets industriels déposés sur la plateforme ouverte cet été par le collectif Ciibel, un collectif d’une quarantaine de citoyens actifs qui veut imaginer de nouvelles activités industrielles pour Belfort. La conjoncture est marquée aujourd’hui par un plan social à General Electric. Pourtant, l’espoir demeure lorsque l’on observe cette mobilisation pour imaginer un avenir. « Il y a eu une très belle qualité des contributeurs, constate Frédéric Vadot, l’un des membres du collectif. On a touché quelque chose. »

Appel aux talents

Depuis le mois d’août, ils ont épluché les projets. Les ont analysés. Onze projets ont été retenus, sachant que seulement cinq seront étudiés lors du Hackathon, organisé le 29 novembre. L’ensemble des contributions seront disponibles prochainement à la CCI ou dans les structures accompagnantes (réseaux Entreprendre, Vallée de l’Énergie), « pour ne pas perdre cette richesse », confie Frédéric Vadot. La sélection a été faite à partir de trois axes : innovation industrielle ; adéquation avec les compétences de l’écosystème ; et création d’emplois. Car l’objectif n’est pas d’innover pour innover. Mais bien de créer une activité et de conserver les savoir-faire. « Il faut maintenir ce pool de compétences au-delà d’une entreprise », constate Natasha Braquessac, l’une des membres du collectif. Ciibel craint que le plan social en cours à General Electric ne conduise à une fuite des talents, notamment des plus jeunes. Il faut donc construire, pour les garder.  

Aujourd’hui, le collectif entre dans la seconde phase de son programme. Des équipes vont se constituer autour des projets sélectionnées, pour les travailler et réfléchir aux modèles économiques. C’est dans ce cadre que Ciibel lance un « appel aux talents », note le collectif, qui cherche toutes les compétences, notamment dans le tertiaire (finances, ressources humaines, marketing, gestion de projet), car l’idée est bien d’envisager « des activités économiques pérennes ». Sur les onze projets sélectionnés, le collectif travaille d’abord sur les 5 premiers (lire par ailleurs). Si c’est une impasse ou que d’autres initiatives existent déjà sur cette innovation, il puisera dans les sujets suivants.

Des projet étudiés ailleurs

Fin juillet, lors de la première présentation, des projets avaient été évoqués par le collectif, comme les small modular reactors (SMR). Ce sont de petits réacteurs nucléaires réalisés en modules, notamment utilisés dans les sous-marins nucléaires. On évoque des SMR pour produire de l’électricité dans des zones isolées. Le collectif évoquait aussi une activité autour du développement de jumeaux numériques, qui permettent de reproduire une centrale ou une turbine numériquement et de la tester. Ces projets sont déjà étudiés dans « d’autres sphères » apprend le collectif. Ils ne sont pas donc retenus, le but n’étant pas de concurrencer, mais bien « que cela se développe ». « On a pléthore d’idées », sourit Frédéric Vadot.

3D et hydrogène

Le premier projet de la liste tourne autour de la fabrication additive (3D). « Cette activité s’adresse aux PME, explique Frédéric Pommel. Elles n’ont pas forcément accès à cette technique. » L’idée est donc de concevoir une activité économique qui pourrait proposer des solutions de conception, de prototypage, voire de fabrication de pièces à partir d’une imprimante 3D. D’autres projets s’intéressent à la production locale d’énergie, notamment avec de la production d’hydrogène – un vecteur pour stocker l’électricité – adossée à des énergies renouvelables, comme l’éolien ou le photovoltaïque. Le but est de développer ce type de raisonnement pour fournir de l’énergie à un quartier, à un village « et ne pas puiser sur le réseau », note Gérald Mathiou. « Nous voulons rendre un territoire autonome du point de vue de l’énergie », complète Philippe Champomier, l’un des instigateurs du collectif. Un autre projet consiste à développer une activité d’industrialisation d’aimants supraconducteurs.

Aujourd’hui, le collectif a besoin de réunir les compétences pour mettre ces projets sur pied. Leur conviction, c’est que ces projets vont permettre de pérenniser l’écosystème. « On a des compétences, on ne veut pas qu’elles quittent la région », résume Philippe Champomier. Le 29 novembre, lors du Hackathon, les projets seront présentés à des partenaires et investisseurs.

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