11 % des Français de 18 à 64 ans ayant été scolarisés rencontrent de fortes difficultés pour lire, écrire, compter, selon des données de 2022.
En Bourgogne-Franche-Comté, selon une étude de l’Insee, le risque d’illettrisme est un peu plus fort qu’ailleurs. L’Insee cite plusieurs facteurs concomitants, comme le nombre de personnes pas ou peu diplômées, le taux de chômage. Ainsi, dans la région, 45 % des 18-64 ans sortis de formation ne disposent pas de diplôme ou d’un niveau inférieur au baccalauréat, contre 39 % dans le reste du pays. Pour la tranche des 50 – 64 ans, l’Insee évoque « une scolarité souvent plus courte et un possible désapprentissage au cours du temps ».
D'importants risques en Haute-Saône
Au sein de la région, l’Insee identifie « 13 intercommunalités [qui] apparaissent très fortement exposées au risque d’illettrisme Elles se situent principalement dans le nord de l’Yonne et de la Côte d’or, ainsi qu’en Haute-Saône », avance l’Insee.
« Dans ces territoires, analyse l’Insee, la part de personnes pas ou peu diplômées est plus élevée chez les 18-64 ans (53 %) comme chez les 18-29 ans (42 %), près de 8 points de plus que leurs moyennes régionales respectives. Ces territoires ruraux sont éloignés des grands pôles d’études et proposent principalement des formations courtes, de type BTS ou BUT. Ceux qui poursuivent leurs études au-delà, quittent leur commune et n’y reviennent pas toujours, ce qui contribue à limiter la part de diplômés du supérieur dans ces territoires. L’industrie occupe également une place importante, avec 23 % des emplois, contre 16 % dans la région. Elle offre des débouchés aux personnes peu diplômées, notamment à des ouvriers non qualifiés. Ces emplois, souvent manuels, offrent cependant peu d’occasions de lire ou d’écrire dans la vie professionnelle. Cela peut générer une érosion des compétences de base avec le temps. »
A cela s’ajoutent un taux de chômage plus important, une précarité financière.