Olivier Cholley, dirigeant d’Art des pierres, à Valentigney, est un des lauréats 2025 du Réseau Entreprendre. Il est devenu chef d’entreprise en 2024, en reprenant l’entreprise de son père, dans laquelle il travaillait depuis déjà plusieurs années. Il a rejoint les Compagnons du Devoir pour passer un CAP. Alors qu’il était aspirant, il est revenu dans l’entreprise, car son père avait besoin d’un coup de main. Il a ensuite passé un brevet professionnel dans le public, à Saverne.
L’entreprise a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires d’environ 500 000 euros, constitué à près de 90 % de marchés avec les communes : par exemple la rénovation de la fontaine du Près-la-Rose, à Montbéliard, le temple et le monument aux morts d’Allenjoie, l’église de Boron, le parvis de l’église de Clerval.
L’entreprise a travaillé 22 mètres cubes de pierre en 2025, soit environ 57 tonnes. Très majoritairement de la pierre française (de Bourgogne et d’Ardèche, de la pierre belge, et un peu de pierre venue d’Allemagne, car un peu moins chère que la pierre française. Les rachats de carrières en France, avec des investissements à la clef, ont provoqué une hausse de l’ordre de 40 % du prix de la pierre, explique Olivier Cholley.
En recherche de main d’œuvre
Six personnes travaillent actuellement dans l’entreprise : la compagne d’Olivier Cholley, Céline Boone, qui prend en charge le numérique et l’administratif, quatre poseurs et lui, actuellement le seul tailleur de pierres de l’entreprise, qui effectue de la taille traditionnelle. « Ce qui me plaît, c’est de tailler », explique Olivier Cholley, même si actuellement, « les journées sont longues », faute de main d’œuvre. Il aimerait recruter deux tailleurs qualifiés et un chef d’équipe.
Mais les tailleurs de pierre sont rares et il n’existe plus de formation dans la proche région. « Il faut redonner de l’attrait au métier », souligne Olivier Cholley. Pour cela, il organise des visites et des ateliers d’initiation avec les Francas et avec Pays de Montbéliard Agglomération. Il envisage également de recruter des apprentis, qui iraient en formation à Dijon ou Remiremont.
Avec sa compagne, il a créé une marque de décoration, Art Déco Roc, qui allie pierre taillée et lumière. Ils créent et conçoivent des lampes et lampadaires, des tables, des vases, aussi bien pour la décoration intérieure que la décoration intérieure. Ils ont participé à la foire « Made in France à Paris » et à la foire de Waldighofen, dans le Haut-Rhin, avec un accueil assez favorable. La création de cette marque répond à une volonté de diversifier l’activité de l’entreprise. Pour l’instant, cela ne représente que moins de 2 % du chiffre d’affaires, « mais c’est en croissance régulière », se réjouit Olivier Cholley. Le site et la boutique en ligne vont être refaits dans les semaines qui viennent, afin d’accélérer cette croissance.
Rénovation du bâtiment
Autre chantier, non pas en projet, mais en cours : la rénovation des 730 mètres carrés de bâtiment de l’entreprise, avec notamment le cloisonnement de la zone de taille avec l’installation d’un extracteur de poussières, l’intégration des bureaux et d’un show-room, une zone de stockage. Au total, un investissement de l’ordre de 75 000 euros. Le prêt d’honneur de 20 000 euros du Réseau Entreprendre permettra d’en financer une partie. L’entreprise bénéficie également d’une aide de 9000 euros d’Aire Urbaine Investissement.
Ensuite, en 2027 ou 2028, Olivier Cholley envisage d’investir dans une machine numérique. Son objectif est de réaliser une croissance annuelle de chiffre d’affaires de 10 à 20 %.
