(AFP)
Stellantis ne songe pas à fermer d’usine en France dans les cinq ans à venir, a voulu rassurer mercredi le directeur général du groupe automobile, Antonio Filosa, lors d’une intervention à la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), l’université d’été du Medef.
« Face aux surcapacités auxquelles nous sommes confrontés en raison du recul du secteur, la solution intelligente n’est pas de fermer des usines », a déclaré Antonio Filosa aux patrons français réunis au stade Roland-Garros, dans l’ouest de Paris.
A la question de savoir s’il y aurait toujours 12 usines Stellantis en France dans cinq ans, comme c’est le cas actuellement, Antonio Filosa a répondu par l’affirmative.
Pour maintenir ses sites actuellement sous-utilisés, le groupe aux 14 marques (dont Fiat, Opel, Peugeot et Jeep) compte notamment sur des partenariats « gagnant-gagnant » comme celui annoncé en mai avec le chinois Dongfeng, qui va produire des véhicules dans l’usine Stellantis de Rennes.
Pour ces partenariats, Stellantis détient 51% des parts des coentreprises créées, assure les ventes des véhicules produits par son partenaire via son réseau de distribution et s’assure aussi de choisir des véhicules qui ne vont pas concurrencer sa propre gamme, afin de pouvoir maintenir les emplois, a expliqué Antonio Filosa.
Réduire la capacité de production en Europe de 800 000 véhicules
Il a précisé que Stellantis, qui compte 38 000 salariés en France et y a embauché 1500 personnes supplémentaires l’an dernier, entendait « honorer sa responsabilité sociale » à l’égard d’un pays qui fait partie de « son héritage » parce qu’il a vu naître les marques Peugeot et Citroën.
La nomination en juin 2025 d’Antonio Filosa, Italien vétéran de Fiat, mais basé depuis longtemps en Amérique, a soulevé des craintes sur la perte d’influence de la famille Peugeot par rapport à la famille Agnelli (Fiat) dans les instances dirigeantes du groupe.
Sa volonté de réduire les capacités de production européennes de 800 000 véhicules d’ici 2030 dans le cadre du plan stratégique de redressement annoncé en mai dernier a également suscité l’inquiétude de salariés en France, craignant que le groupe ne donne la priorité à ses activités américaines.
Le géant automobile a annoncé début juin sa volonté d’investir « plus d’un milliard d’euros » en France, notamment pour produire trois nouveaux modèles Peugeot électriques ou hybrides à partir de 2029 à Mulhouse (Haut-Rhin), mais aussi pour financer la recherche et développement en France.
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