« Victor Hugo comparait l’école à un jardin, mais aujourd’hui, c’est une terre stérile », déplore Sébastien Mercier, secrétaire général de l’union départementale de Force ouvrière (FO) du Territoire de Belfort. À l’occasion de son assemblée générale, Force ouvrière a fait part de ses inquiétudes face à la rentrée scolaire 2026. « Elle va vraiment se dérouler dans un contexte particulier », regrette le secrétaire général.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, l’a annoncé en janvier. Au niveau national, 3 256 postes d’enseignants vont être supprimés à la rentrée (lire notre article). Des suppressions qui vont avoir des répercussions directes sur l’académie de Besançon. « On compte la suppression de 64 postes équivalent temps plein dans le second degré. Cela fait précisément 43 dans les collèges et 21 dans les lycées », liste Marie-Jo Hugonnot, secrétaire départementale du syndicat national de l’enseignement technique action autonome (SNETAA-FO). Le syndicat le rappelle, depuis 2018, 10 000 postes équivalent temps plein ont été supprimés.
Au niveau du Territoire de Belfort, cela représente 17 postes équivalent temps plein en moins (lire notre article). La justification donnée par le gouvernement est la baisse démocraphique. Le syndicat est réaliste, le Territoire de Belfort est en première ligne. Pour autant, cette explication ne les convainc pas. « Ça aurait pu être le prétexte pour alléger les effectifs dans les classes », souligne Sébastien Mercier.
La préparation de la rentrée 2026 dans un climat délétère
Entre les changements de ministre successifs et les réformes qui s’enchaînent, le syndicat est catégorique : tous ces changements se répercutent sur la qualité de l’enseignement. À la fois du côté des élèves, mais aussi des enseignants. « On a jamais vu ça », s’irrite Sébastien Mercier avant d’être repris avec ironie par Jean-Charles, trésorier du syndicat local : « On dit ça tous les ans. Mais c’est juste que c’est de pire en pire. »
Alors que les chefs d’établissements commencent à préparer la rentrée, ses suppressions de postes dégradent l’ambiance générale. Les membres du personnel s’interrogent sur qui va subir des amputations. « Ça engendre un climat complètement délétère », observe Sébastien Mercier. À cause de ces suppressions, les membres du personnel enseignant vont avoir à charge plus de classes et parfois dans des établissements différents.
« Dans ces cas-là, on ne peut pas s’investir pleinement », explique Marie-Jo Hugonnot. Des classes qui sont aussi en sureffectif. « Ça ne facilite pas la gestion des problèmes de violence », met en évidence le secrétaire général. Marie-Jo Hugonnot l’a observé autour d’elle, les métiers de l’enseignement ne font plus rêver : « On voit moins de nouveaux collèges arriver et quand c’est le cas, il y a souvent des démissions ».
Fédérer les membres de l’enseignement
« Force ouvrière a du pain sur la planche », sourit malgré tout Sébastien Mercier. Le syndicat va se lancer dans un cycle de déplacements dans les différents établissements scolaires. L’objectif ? Inciter les membres de l’enseignement à faire appel aux syndicats. « Aujourd’hui, on va vers le syndicat quand on est en difficulté. Mais initialement, ce n’était pas comme ça que ça fonctionnait », développe Marie-Jo Hugonnot.