Opération reconquête ce lundi 23 mars, au centre d’essai ultra-sécurisé de Belchamp, dans le pays de Montbéliard. Peugeot a convié la presse avec l’objectif affiché de faire passer un message : Peugeot redevient digne de sa réputation de fiabilité et de robustesse mise à mal par les déboires du moteur Pure Tech. Des problèmes qu’Alain Favey, directeur général de la marque, veut ranger sur le rayon des archives. Selon lui, les problèmes de fiabilité du moteur sont résolus depuis juin 2022.
« Il n’y a plus de problèmes depuis quatre ans » sur le moteur Pure Tech, a-t-il affirmé. Alain Favey a ainsi rappelé que plus de 5 millions de moteurs Pure Tech ont été commercialisés par Peugeot en Europe depuis 2014. Présenté à sa sortie comme une innovation en raison du gain de poids et de sa polyvalence, ce moteur a rencontré successivement des problèmes de dégradation de la courroie et de surconsommation d’huile. Les générations 1.0 et 1.2 ont été touchées par ces défauts, retrace la marque, pour mieux mettre en avant la fiabilité des autres versions.
Les délais de remontée des problèmes, de diagnostic de leur cause, l’identification des solutions à apporter, et enfin de leur mise en œuvre ont pu susciter de l’incompréhension auprès des clients, expliquent aujourd’hui les représentants de la marque. Successivement, le dimensionnement de la courroie a été revu et des modifications techniques ont été apportées pour ramener la consommation d’huile dans la norme.
Commercialement, la marque a lancé le « certificat « Check + », avec la possibilité de prise en charge de 100 % des coûts de réparation et une garantie du moteur jusqu’à 10 ans ou 180 000 kilomètres (sous réserve du respect des conditions d’entretien du véhicule). La campagne de rappel a porté à ce jour sur 1,3 million de clients, mais Peugeot se refuse à préciser, sur ce volume, combien de moteurs ont effectivement présenté des problèmes de fiabilité.
Peugeot développe le moteur "Turbo 100" pour remplacer le Pure Tech
Surtout, aujourd’hui, Peugeot mise sur un nouveau moteur, baptisé « Turbo 100 », qui comprend 70 % de nouveaux composants par rapport au Pure Tech. Il équipe d’ores et déjà le Rifter et la 208 (depuis ce mois de mars) et arrivera sur le 2008 en mai.
Exit la courroie de transmission, qui est remplacée par une chaine de distribution annoncée comme étant silencieuse et ne nécessitant aucun remplacement ni aucun entretien. Peugeot annonce pour ce moteur une culasse renforcée, une injection directe à 350 bars, une distribution à linguet à rattrapage de jeu et un déshuileur optimisé.
Surtout, le plan de validation du moteur a été porté à des niveaux plus élevés. Les motoristes ont tiré l’expérience du Pure Tech, capable de résister à des kilométrages très élevés, mais avec des fragilités sur la succession de petits parcours répétés de 3 kilomètres. Peugeot annonce plus de 30 000 heures d’essais de banc moteur et plus de 3 millions de kilomètres parcourus, y compris des essais de véhicules au-delà de 200 000 kilomètres.
Ce nouveau moteur est fabriqué à Treméry (France), Tychy (Pologne) et Szengottard (Hongrie). Il est garanti huit ans, ou 160 000 kilomètres.
