« Si on s’engage, c’est parce qu’on y croit », a souligné Jean-Victor Roux, secrétaire général adjoint de la préfecture de Haute-Saône, à l’occasion d’une visite de l’usine de production de Cattinair, à Luxeuil-lès-Bains. L’entreprise, dont le siège est à Brognard, près de Montbéliard, bénéficie en effet d’une subvention de 250 000 euros, soit 50 % du coût du projet retenu dans le cadre du plan « France 2030 ». L’enveloppe totale de ce plan pour la Haute-Saône est de 11,9 millions d’euros, répartie entre 15 projets.
La demande d’aide déposée par Cattinair porte sur un projet de recherche et de développement de ventilateurs à haute valeur environnementale et acoustique. L’enjeu est à la fois de proposer des ventilateurs plus performants, donc consommant moins d’énergie, mais aussi moins bruyants, afin de limiter les nuisances, les sites industriels étant souvent entourés d’habitations. Et aussi de répondre à des attentes industrielles qui ont fortement évolué ces vingt dernières années.
5 années de redressement après la reprise
L’air traverse les ventilateurs à une vitesse de 20 à 25 mètres par secondes et est chargé de matière qui peut provoquer du bruit et de l’usure. Le projet de modernisation de ces ventilateurs, qui équipent presque toute la gamme d’extracteurs d’air de Cattinair, en est au début de son développement, soit au 9e mois sur un total de trois ans de travail, avant même de rentrer dans la phase d’industrialisation.
L’entreprise a été créée en 1959 à Pont-de-Roide par Gabriel Cattin, qui a lancé ses premiers systèmes de dépoussiérage. Le cœur de son activité est l’extraction d’air par aspiration et le dépoussiérage, y compris dans les milieux présentant des risques d’explosion. La collaboration avec l’entreprise Parisot l’a conduit à s’en rapprocher et à créer le site de production de Luxeuil. Après sa vente en 2000, l’entreprise a connu de multiples vicissitudes, jusqu’à frôler la liquidation judiciaire. Elle a été finalement reprise en 2016 par des entreprises client-fournisseur de Haute-Saône. MRM Process détient 58 % du capital ; Profilux, 27 % ; et Gindro 15 %.
« Il a fallu cinq ans pour rétablir la situation », a souligné Julien Faucogney, dirigeant de l’entreprise. La reprise de l’entreprise s’est effectuée avec 53 salariés. Elle en compte aujourd’hui 150, avec un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros. L’objectif est de le porter à 30 millions. Outre le siège à Brognard et le site de production à Luxeuil, Cattinair compte des agences à Lyon, Toulouse, Angers et Lens. Elles ont pour rôle à la fois commercial, technique (analyse du besoin et réponse à ce besoin) et de mise en route des systèmes, sachant que Cattinair ne sous-traite que le montage et le câblage.
Elle fournit ses produits aux secteurs du bois, de l’agriculture (céréaliers, semenciers), du bio-énergie, du recyclage (en pleine expansion) et de l’isolation.
70 salariés à Luxeuil
L’équipe de recherche et développement a été créée en 2019 et vient d’être portée à quatre personnes. La plus importante partie des effectifs est à l’usine de Luxeuil, avec 70 salariés. Le siège de Brognard compte 25 personnes et le reste des effectifs se réparti dans les agences.
L’entreprise a déposé sa demande d’aide dans le cadre de France 2030 en mars 2025, avec le soutien de la CCI, de BPI et de la Région. Elle a obtenu l’accord en avril et le premier versement en juin.
A ce jour, 93 % de l’enveloppe octroyée à la Haute-Saône dans le cadre de France 2030 ont été consommés, ont précisé Jean-Victor Roux, secrétaire général adjoint de la préfecture et Héloise Miffand, conseillère économie du préfet de région Bourgogne-Franche-Comté et responsable des services économiques de l’Etat en région Bourgogne-Franche-Comté.