Le Trois –

General Electric : une pétition européenne pour dire stop à la casse industrielle

Les représentants du personnel européen de General Electric ont déploré la casse industrielle et ont lancé une pétition.
Une pétition a été lancée à l'échelle de l'Europe par tous les syndicats européens de General Electric.

Le comité de groupe Europe de la division Power de General Electric s’est réuni ce vendredi, marquant la fin de la consultation sur le vaste plan de restructuration à l’œuvre en Europe et particulièrement en France. Unanimement, tous les représentants du personnel européen ont déploré la casse industrielle et ont lancé une pétition.

Le comité de groupe Europe de la division Power de General Electric s’est réuni ce vendredi, marquant la fin de la consultation sur le vaste plan de restructuration à l’œuvre en Europe et particulièrement en France. Unanimement, tous les représentants du personnel européen ont déploré la casse industrielle et ont lancé une pétition.

On la trouve en anglais. En français. En polonais. En roumain. En espagnol. Ou encore en italien. En tout, la pétition est traduite en neuf langues. Ce sont les langues pratiquées là où est installé General Electric en Europe. « Cette pétition invite chaque citoyen à se positionner en faveur de politique industrielle digne des enjeux, respectueuse des femmes et des hommes qui la composent, tournée vers les besoins et non vers les seuls profits d’un groupe qui délocalise et supprime des emplois », peut-on lire dans le document, qui appelle à l’arrêt de tous les plans sociaux en cours dans le secteur énergie, la définition d’un projet industriel européen cohérent, la relocalisation en Europe de centres européens, l’investissement dans la recherche et le développement et la relocalisation de moyens de production. Selon le calcul du comité de groupe Europe, plus de 11 000 postes ont été supprimés en Europe depuis 2016.

Selon le comité, les choix de General Electric sont dictés par « une guerre énergétique mondiale ». « La Chine et les États-Unis ont déjà̀ mis en place des plans de transition énergétique dans lesquels ils ont intégré́ leurs acteurs industriels. Pendant ce temps l’Europe subit des pertes de compétences. Il ne peut pas y avoir transition énergétique sans Industrie, déplore le comité dans son avis, rendu ce vendredi. GE devrait être un partenaire industriel clé́ pour la transition énergétique, d’une part en vendant ses produits, mais aussi d’autre part en investissant pour proposer des solutions innovantes. »

« Un projet de désindustrialisation européenne »

Actuellement, c’est la division vapeur qui est soumise à une importante restructuration. À Belfort, par exemple, plus de 200 postes sont encore supprimés. Pourtant, « la vapeur (STEAM) est au cœur du mix énergétique actuel (charbon et nucléaire) mais aussi du mix énergétique futur (SMR, biomasse, traitement des déchets, géothermie, solaire par concentration), et également des process industriel (cogénération, production d’hydrogène, etc.) », observe le comité.  

En 2019, selon le comité de groupe Europe, qui a accès aux résultats de l’entreprise, General Electric a généré 3,8 milliards de dollars de profits industriels (3,5 milliards d’euros). 36 milliards de dollars de cash sont disponibles observent les représentants du personnel. « GE n’investit désormais que sur des produits ou des offres qui n’auront que des profits immédiats présentant des risques modérés. Donc contrairement aux annonces, GE n’investit pas dans la transition énergétique, mais détruit les capacités européennes permettant de la réaliser », dénonce le comité. Surtout, le comité rappelle que General Electric, en annonçant qu’il arrête le charbon neuf, arrête également des activités historiques de l’activité vapeur : le traitement des fumées pour les chaudières (AQCS) ; les métiers d’ensemblier de central et de gestion des auxiliaires électriques et mécaniques ; les activités de turbines industrielles qui représentent un potentiel important de projets.

Manifestation le 29 mars

L’intersyndicale de l’entité Thermal system Belfort (TSB), la partie gestion de projet de l’entité nucléaire de General Electric, visée par un plan social, organise ce lundi une journée de mobilisation contre le projet de réorganisation. Une assemblée générale est prévue devant le bâtiment 329 à Cravanche ; un cortège doit se rendre ensuite porte de la Découverte, au cœur du Techn’Hom, à Belfort. Une délégation des représentants du personnel doit être reçue par le préfet à la mi-journée. La semaine prochaine, les représentants du personnel transmettent leurs contre-propositions à la direction.

« Sous couvert de réduction de dette, GE poursuit une politique de réduction de frais fixes. Et impose un niveau de R&D trop faible face à̀ la concurrence », analyse le document. Le comité de groupe Europe estime même que la restructuration est « un investissement », pour revendre Steam. « GE met en péril les capacités de l’Europe à maintenir les sites nucléaires actuels et développer les sites en cours de réalisation en supprimant les savoir-faire existants », souligne le document. Et le comité européen de conclure : « On aboutit donc bien au final à un projet de désindustrialisation européenne dans un contexte de guerre énergétique. » Dans les mots des représentants, on entend de la colère. De la frustration. Et de la tristesse. C’est peut-être le pire.

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