Un rapport de l’Insee, publié fin janvier, met en exergue que le parc automobile régional est vieillissant et à dominante diesel. 5 chiffres pour mieux comprendre cette dynamique.
Un rapport de l’Insee, publié fin janvier, met en lumière que le parc automobile régional est peu renouvelé depuis dix ans, avec une forte dominance des voitures diesel. 5 chiffres pour mieux comprendre cette dynamique.
2 058 000
Ce chiffre correspond au nombre de véhicules en circulation en Bourgogne-Franche-Comté. C’est peu. Le parc régional est l’un des plus modestes en France métropolitaine. En moyenne, en France, le nombre de véhicules particuliers est en hausse de 9,4% entre 2011 et 2021 : alors qu’en Bourgogne-Franche-Comté, la hausse est de seulement 6% sur la même décennie. « Il s’agit de la plus faible progression des 13 régions métropolitaines », observe l’Insee dans son rapport.
Cela s’explique par une population vieillissante dans la région, « atone », selon les termes de l’Insee. « La population s’est tout juste maintenue en dix ans », expose le rapport en mettant en lumière que le nombre d’immatriculations de véhicules neufs a baissé de 16% dans la région, alors qu’il croît de 1% en France. « Ces explications expliquent en partie l’ancienneté du parc automobile régional. » En effet, la moitié des véhicules de particuliers ont au moins 10 ans.
60 %
60 % des véhicules particuliers roulent au gazole. Les véhicules diesel sont donc les plus répandus dans la région et cela la met sur le podium des cinq régions françaises qui utilisent le plus ce type de carburant. Cela explique la très forte proportion de vignettes dites « Crit’Air » de niveau 4 ou 5 ou encore non classées (16% en Bourgogne-Franche-Comté contre 14% en France métropolitaine).
La part de l’essence a, elle, à peine augmentée (1,2 point) tandis que l’électrique peine à décoller (+ 0,5 point en 10 ans). « Ces motorisations a priori plus respectueuses de l’environnement ne représentent qu’1% du parc automobile régional avec 20 100 véhicules au 1er janvier 2021. Bien que leur part augmente au fil des années, les véhicules moins polluants constituent une minorité des nouvelles immatriculations », analyse l’Insee.
8 054
Entre 2020 et 2021, l’immatriculation de véhicules particuliers électriques ou fonctionnant avec de l’hydrogène a quasi doublé dans la région. Passant de 4 185 véhicules au 1er janvier 2020 à 8 054 véhicules au 1er janvier 2021. Plusieurs raisons peuvent expliquer cet attrait, selon l’Insee. Une opinion publique plus réceptive aux enjeux environnementaux pour commencer. Une stratégie de la part de l’industrie automobile, dans un second temps : « Il en résulte une offre de véhicules de plus en plus performants avec une autonomie accrue », pointe l’Insee.
Pour autant, le nombre de véhicules électriques reste faible, au total, sur le parc automobile régional. L’une des raisons est évidente: ces technologies se développent depuis seulement 10 ans. La seconde est qu’il est « difficile de développer un parc électrique dans une région rurale comme la Bourgogne-Franche-Comté, où les distances de déplacement sous souvent longues et moins propices aux véhicules électriques dont l’autonomie reste relativement limitée ». Sans compter un déploiement de réseau de bornes de recharge : coûteux et long à développer sur un réseau rural où les automobilistes sont dispersés.
86 %
Dans la région, 86% des ménages disposent d’une voiture. 39% en ont deux ou plus. « La voiture est le mode de transport privilégié des habitants de la région pour leurs déplacements », argue l’Insee. De fait, 8 actifs sur 10 l’utilisent pour aller au travail. Des chiffres qui s’expliquent par la forte ruralité de la région. « L’éloignement des emplois, des services et des équipements rend l’usage de la voiture indispensable pour s’insérer socialement », expose le communiqué.
Dans les zones plus urbaines, comme l’intercommunalité du Grand Belfort, par exemple, la densité de véhicules particuliers est beaucoup plus faible. 727 véhicules pour 1 000 adultes, contre 855 pour l’intercommunalité des Vosges du Sud.
- 27 %
Le vieillissement du parc automobile s’explique aussi par la chute des ventes de véhicules neufs les dernières années. En 2020, la pandémie de la Covid-19 a entraîné une chute de la demande de véhicules neufs, mais surtout, la production a été affectée par les fermetures d’usines. De mars à décembre 2020, les immatriculations de véhicules neufs en Bourgogne-Franche-Comté étaient en baisse de 27 % par rapport à la même période de 2019. De mai à septembre 2021, elles sont toujours en deçà de 27 % par rapport au niveau de 2019. Ce phénomène s’explique par la pénurie, en 2020 et 2021 de matières premières et de semi-conducteurs. Les délais de livraison de véhicules neufs s’allongent, ce qui inciterait les clients à davantage se tourner vers le marché de l’occasion.
Ce phénomène serait également porté par la forte augmentation du prix du véhicule moyen neuf qui a augmenté de plus de 7 000 euros entre 2010 et 2021 selon l’Argus.