La Banque de France estime que l’incertitude et l’instabilité internationale et nationale coûterait 0,5 points de PIB (produit intérieur brut) à la France dont 0,2 point de PIB uniquement au titre de l’instabilité politique nationale. La croissance du PIB de 2025 étant de 0,9 %, on estime donc qu’elle aurait pu être de 1,4 % dans un contexte plus stable, avec toutes les répercussions que cela aurait pu avoir sur le dynamisme de l’économie et sur l’emploi.
A l’inverse, 2025 est marquée par l’attentisme des entreprises, qui diffèrent leurs projets d’investissements, et des ménages, qui préfèrent épargner plutôt que de consommer. La tendance est encore plus marquée dans la région qu’en France, si l’on en croit la présentation faite vendredi matin, 6 février, par l’antenne Belfortaine de la Banque de France.
Que ce soit dans l’industrie ou le bâtiment, les carnets de commande ont continué à se dégrader en 2025, poursuivant une tendance apparue fin 2023 pour l’industrie, après le fort rebond post-covid. Parallèlement, la mobilisation des crédits bancaires est encore plus faible en Bourgogne-Franche-Comté qu’elle ne l’est dans le reste de la France, indice de la baisse des investissements des entreprises. Parallèlement, la création d’entreprises s’est stabilisée en 2025.
Le taux de chômage est en hausse dans la région, et le Territoire de Belfort présente toujours la particularité d’être le seul des quatre départements francs-comtois à se situer au-dessus du taux national.
Chiffre d’affaires en baisse
La Banque de France interroge les entreprises et collecte les données de leurs bilans. 1339 entreprises de Bourgogne-Franche-Comté ont répondu à l’enquête annuelle (602 du secteur industriel, 443 des services marchands et 294 de la construction). Il en ressort que les chiffres d’affaires de l’industrie, comme en 2024, sont en baisse de 2,1% (en moyenne). Ils étaient stables en en 2023 et de +8 % en 2022. Surtout, il y a un an, les prévisions des chefs d’entreprise laissaient entrevoir une hausse moyenne des chiffres d’affaires de l’ordre de +1,5 %. Les répercussions sur les effectifs sont cependant mesurées : ils ne baissent en moyenne que de 0,2 % : il semble que les chefs d’entreprise préfèrent le dos rond en attendant des jours meilleurs, de façon à préserver les compétences, après une période où ils ont rencontré des difficultés à recruter.
Dans les services marchands, la basse de chiffre d’affaires est de -0,4%, alors que les effectifs progressent de 1,2 %. Dans la construction, le chiffre d’affaires baisse de – 1,1 % et l’effectif progresse de 2 %.
Dans tous les secteurs d’activité, en Bourgogne-Franche-Comté, les investissement régressent fortement : -14 % dans l’industrie, – 37 % dans les services marchands, et – 17 % dans la construction. Des baisses bien plus importantes que ne le laisse entrevoir les évolutions de chiffres d’affaires, et que la Banque de France associe à l’instabilité internationale et nationale.
2026 espérée plus favorable
Alors quid de 2026 ? La Banque de France prévoit une stabilité, voire une très légère hausse de la croissance, à 1% (1 ?2 % en zone euro ; 0,6 % en Allemagne). Le taux de chômage poursuivrait sa lente remontée, avant de repartir à la baisse, en 2027. Parallèlement, la consommation des ménages pourrait repartir et redevenir le moteur de la croissance française. L’investissement des entreprises devrait aussi redémarrer cette année.
En Bourgogne-Franche-Comté aussi, les prévisions sont un peu meilleures. La Banque de France prévoit un retour de la hausse du chiffre d’affaires des entreprises (+3,1%dans l’industrie ; +1,5 % dans les services marchands ; mais -0,4 % dans la construction).
Parmi les préconisations nationales, de la Banque de France, la maitrise du déficit public, avec un objectif à 3 %, est en première place. Elle préconise aussi la mobilisation de l’épargne des ménages, ce qui sous-entend un retour de la confiance, et des innovations, notamment dans le domaine des moyens de paiement, qui dépendent aujourd’hui des réseaux américains Visa et Mastercard.
