Aujourd’hui, Romane Le Priol a 24 ans ; mais quand elle a repris l’entreprise fondée par son grand-père, on était en 2023. Elle avait donc 21 ans, quand elle a pris les rênes d’une entreprise de douze salariés, spécialisée dans les dispositifs médicaux, et qui réalisait déjà un chiffre d’affaires annuel d’un peu moins de 13 millions d’euros.
Son grand-père, Gérard Lavaux (« Un fou de travail », décrit-elle, toujours très actif à 83 ans) a débuté sa carrière professionnelle à la tête d’une pharmacie aux Glacis, à Belfort. Il a également travaillé pour Vitalair et a été membre de l’UNPDM, le syndicat des prestataires de produits médicaux. C’est là qu’il a identifié un besoin spécifique pour les patients victimes d’hémochromatose : ils avaient besoin de sets de saignée spécifiques, avec notamment des aiguilles plus fines pour préserver leurs veines, plus fragiles que la normale. C’est ainsi qu’il a créé que Pleboset, toujours commercialisé par IMM. Ces sets sont fabriqués à Belfort, à l’Esat des Glacis, à raison d’environ 130 000 exemplaires par an. Ils sont diffusés essentiellement en France et en Belgique.
Nouvelle dirigeante, nouvelle organisation
L’entreprise s’est ensuite diversifiée en distribuant, via des contrats d’exclusivité, d’autres dispositifs médicaux : un dispositif venu des Etats-Unis de l’entreprise Koru médical, un diffuseur d’élastomères de la société singapourienne Epic, et, depuis 2025, un dispositif de nutrition artificielle par le sang, du fabriquant marseillais Hoist. Point commun entre ces produits : ils ont pour vocation de faciliter la vie des patients.
C’est sans doute un moteur pour la jeune dirigeante, qui recherche un sens dans son travail, un besoin d’être utile à la société. Sa première envie était d’être vétérinaire. Elle a fait de l’équitation à haut niveau tout en préparant un DUT Tech de Co à Belfort. Elle a ensuite été à Reims pour intégrer une école de commerce. Mais alors qu’elle était en deuxième année, son grand-père a eu des soucis de santé et lui a demandé s’il elle était prête à franchir le pas de la reprise d’entreprise. Elle quitte donc l’école de commerce de Reims et devient cheffe d’entreprise. Elle reprend ses études plus tard et obtient un master de management international à l’Edhec.
Son attrait pour la direction d’une entreprise vient sans doute d’une culture familiale, concède-t-elle. Mais aussi, du moins l’espère-t-elle, d’avoir la faculté de faire évoluer une société dans un sens ou un autre, d’avoir plus facilement de l’influence.
D’ailleurs, elle a d’ores et déjà organisé l’entreprise à sa façon : modernisation du système informatique, réorganisation, avec surtout l’embauche de deux directeurs de service et d’un manager transversal, afin de disposer d’experts dans leurs domaines qui vont l’aider à prendre les bonnes décisions.
Stabiliser tout en développant
Elle a aussi été accompagnée pendant deux ans par le Réseau Entreprendre et a ainsi bénéficié du regard d’un de ses pairs, chef d’entreprise.
Maintenant, Romane Le Priol veut stabiliser son entreprise. Elle est consciente que sa société à connu beaucoup de changements en trois ans et que cela peut déstabiliser à la fois les équipes, les partenaires, les banquiers. Elle n’envisage donc pas de recrutement prochainement.
Cependant, le nouveau dispositif de nutrition intégré au catalogue de l’entreprise n’en est qu’au tout début de la commercialisation. Il reste donc un beau potentiel de développement du chiffre d’affaires dans les mois et années à venir.

