Alors qu’Alstom a annoncé avoir abaissé ses perspectives de marge et de performance financière pour l’exercice 2025-26, Martin Sion, le nouveau directeur général, a révélé un futur plan de réorganisation. Un plan qui doit permettre au constructeur ferroviaire d’améliorer sa marge ajustée à 6,5 % l’année prochaine (lire notre article). L’objectif : « Rétablir une exécution homogène et maîtrisée sur l’ensemble de ses lignes de produits. »
Pas de plan de licenciement en vue
Le secrétaire général de la CFE-CGC d’Alstom, André Fages, paraît serein face à cette annonce. « La France a beaucoup de choses à produire cette année et les prochaines années. » Le groupe français cumule les commandes. En neuf mois, le carnet de commandes avait progressé de 32 % (lire notre article). En janvier, la SNCF Voyageurs a commandé quinze trains à très grande vitesse Avelia Horizon. Au carnet s’ajoutent les commandes internationales : 42 rames pour la Pologne, 47 trains à courte et longue distance pour le Mexique, 13 rames de métro pour l’Australie…
Partant de ces chiffres, André Fages ne craint pas de plan de licenciement. « Les suppressions d’emplois ne sont pas à l’ordre du jour. D’ailleurs, on continue d’embaucher. » En début d’année, Alstom avait annoncé recruter 200 personnes sur le site de Belfort d’ici décembre (lire notre article). Même si les termes exacts de ce plan de réorganisation ne sont pas avancés, le secrétaire général de la CFE-CGC n’est pas inquiet : « Il y a peu de risques pour Belfort et même pour tous les autres établissements français ».
Une inquiétude face aux conditions de travail
Eddy Carnot, secrétaire général de la CGT à Alstom, ne craint pas non plus de licenciement. « Sur les sites de production, ils n’arrivent pas à honorer la livraison des commandes. Si demain il y a un licenciement du personnel, ça va être encore beaucoup plus compliqué. » En revanche, il s’inquiète davantage pour les conditions de travail des salariés, comme le recul de la prime d’intéressement.
La CGT a déjà observé une dégradation. « Le résultat des dernières NAO (négociations annuelles obligatoires, NDLR) était vraiment catastrophique », dénonce-t-il. Le syndicat avait demandé des mesures d’urgence au vu de la hausse du prix de l’énergie. « On nous a répondu qu’Alstom n’avait pas les moyens. »
D’après ses estimations, le plan pourrait se traduire par des restrictions économiques budgétaires sur les déplacements. « Mais aussi, mettre plus la pression sur les fournisseurs en cherchant à produire beaucoup plus dans les pays à bas coût », complète Eddy Carnot. Le secrétaire général de la CGT attend surtout des précisions sur ce plan de réorganisation. « Il parle, en début d’année prochaine, de présenter un petit peu plus (les détails, NDLR). »
Fluidifier le travail des agents
Ce plan de réorganisation intervient alors qu’Alstom accumule les retards de livraison. Lorsque Martin Sion est arrivé à la tête d’ArianeGroup, avant de rejoindre Alstom en 2026, le contexte était similaire. Le constructeur spatial et aéronautique cumulait les retards de livraison. « Sans qu’il y ait trop de vagues en termes de licenciement, il a remis tout ça sur les rails », met en avant Andre Fages.
Le secrétaire général de la CFE CGC fait le bilan : « On a du travail à ne plus savoir qu’en faire, mais on n’arrive pas à délivrer à temps. » Pour lui, le plan de réorganisation pourrait tourner autour de cette problématique. La solution : simplifier les processus. « On pourrait supprimer la bureaucratie dans notre boîte de façon à ce que tout fluidifie comme les échanges. »
