(AFP)
Le groupe ferroviaire Alstom, dont l’exercice est décalé (avril 2025-mars 2026), présentera début 2027 un plan de réorganisation qui doit lui permettre l’an prochain d’améliorer sa marge ajustée (ratio entre résultat d’exploitation et chiffre d’affaires, hors exceptionnels), à 6,5%. Ces annonces ont fait grimper l’action Alstom de 2,20% à l’ouverture de la Bourse de Paris.
Mais les analystes restent prudents. « Ces résultats mettent en lumière les difficultés persistantes d’exécution d’Alstom dans le matériel roulant », indique une note de Jefferies. « Malgré un carnet de commandes record, le groupe peine encore à transformer cette visibilité en rentabilité opérationnelle. Au second semestre, les marges ont été pénalisées par une production de voitures plus faible que prévu », ajoute la note, en souhaitant « des preuves concrètes de la capacité du groupe à améliorer durablement son exécution industrielle ».
Alstom compte « rétablir une exécution homogène et maîtrisée sur l’ensemble de ses lignes de produits », assure de son côté le groupe français, qui achève la digestion du groupe canadien Bombardier, acquis en 2021. Parmi ses grands clients, la SNCF et la RATP se sont plaintes de retards de livraison de plusieurs années des nouveaux TGV et des nouvelles rames du RER B (lire notre article). Le groupe prévoit aussi pour l’an prochain une croissance organique (hors effets de change et à périmètre constant) de son chiffre d’affaires d’environ 5 % et une production de 4 400 à 4 500 voitures.
« Cette année est une étape importante pour regagner de la performance opérationnelle et de la crédibilité », a expliqué le directeur financier Bernard Delpit. « L’exécution des plannings est souvent perturbée par une coordination insuffisante entre les équipes, les fournisseurs, les clients et les autorités réglementaires », a critiqué le nouveau directeur général Martin Sion, ex-patron exécutif d’ArianeGroup, arrivé chez Alstom le 1er avril (lire notre article). Sans détailler les contrats concernés par ces retards, il a admis qu’y figuraient plusieurs programmes récents.
Alstom envisage un plan de réorganisation
« Ce problème sera résolu lorsque nous passerons pleinement en mode « série », car en production de série les produits atteignent un meilleur niveau de qualité et de stabilité industrielle. » Pour y parvenir, il veut notamment intensifier une approche fondée sur des plateformes techniques communes à plusieurs clients, tout en les adaptant à leur besoins spécifiques, afin d’assurer « des livraisons prévisibles et une mise sur le marché plus rapide ». Le futur plan de transformation « vise à soutenir une amélioration progressive de la marge d’exploitation ajustée vers un niveau compris entre 8% et 10% à terme », souligne le groupe.
Alstom avait dévoilé ses résultats préliminaires le 16 avril et l’annonce d’une baisse de sa marge avait fait chuter son cours de Bourse de plus de 20%, sous 17 euros. En revanche le groupe affiche une performance commerciale en hausse, avec de nouvelles commandes de 27,6 milliards d’euros, de 39% supérieures aux 19,8 milliards d’euros de 2024/25. Ce qui porte son carnet de commandes à 104,4 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires annuel a atteint 19,2 milliards, en hausse de 3,7%. Le résultat net a été doublé à 324 millions d’euros.

