Au soir du second tour des élections municipales à Belfort, le maire sortant, Damien Meslot, était largement victorieux de la quadrangulaire, avec 53,41 % des suffrages et 33 élus sur sa liste. Et ce vendredi 27 mars, pas une voix ne lui a manqué pour l’élection du maire par le nouveau conseil municipal : Damien Meslot a été élus avec 33 voix. Florian Chauche, ancien député LFI, a obtenu 6 voix, soit le nombre de conseillers élus de sa liste.
« C’est un grand honneur, a commenté Damien Meslot. Je continuerai à servir Belfort et les Belfortains. Je serai un maire à 100 %. Belfort est tout pour moi. Je veux le meilleur pour Belfort et les Belfortains ».
En faisant référence à son score du second tour, , il a estimé que son « bilan et [son] projet ont été massivement approuvés ». « Ce résultat nous honore et nous oblige également », a-t-il ajouté.
Il a repris son programme pour fixer les priorités de son mandat : la sécurité, avec le développement de la vidéoprotection et l’embauche de nouveaux policiers municipaux ; le pouvoir d’achat, avec la stabilité des impôts et la mutuelle municipale ; la santé, avec la promesse d’une nouvelle maison de santé ; l’environnement avec le développement des pistes cyclables et l création d’un réseau de chaleur urbain.
Des félicitations républicaines avant les accusations
Les représentants des trois listes d’opposition, Florian Chauche, Bastien Faudot, et Christophe Soustelle ont tous adressé des « félicitations républicaines » à Damien Meslot et sa majorité, mais la tonalité de la campagne électorale est vite revenue.
Florian Chauche a d’abord regretté le niveau de l’abstention pour ensuite constater que la majorité avait un siège de moins qu’auparavant. « Si j’étais taquin, je dirais que la dynamique est de notre côté », a-t-il plaisanté. En formulant le vœu que soient créées des commissions municipales pour associer l’opposition, il s’est réjoui que la majorité de la mandature précédente ai repris et appliqué l’idée d’une mutuelle municipale « qui était dans notre programme en 2020 », a-t-il affirmé.
Il est ensuite revenu sur les 1400 radiations sur les listes électorales en affirmant que les bureaux de vote défavorables à Damien Meslot ont été plus concernés que ceux qui lui sont favorables. Retour aussi sur des panneaux d’affichages démontés entre les deux tours, puis réapparus sans ses affiches, sur la reprise de thèmes de l’extrême droite, ou sur l’affirmation que LFI ne fait pas partie de l’arc républicain, affirmation qu’il a associée aux dégradations de sa permanence.
Son réquisitoire s’est poursuivi sur le « taux de pauvreté à 29 % » à Belfort, les difficultés du commerce, les subventions à l’hydrogène, « les bons résultats d’Alstom et Arabelle qui n’ont rien à voir avec la politique municipale ».
Florian Chauche a conclu son intervention en demandant au maire de s’engager sur une campagne de promotion pour l’inscription sur les listes électorales ; des garanties sur les tarifs des cantines ; une consultation sur le stage Mattler.
Bastien Faudot, pour la liste « Tous Belfortains – Liste d’union de la gauche républicaine, démocrate et écologiste », a pris acte de la victoire de Damien Meslot, tout en soulignant que « humilité ne veut pas dire effacement » et qu’une « élection n’est pas un chèque en blanc ». Il s’est engagé pour « une opposition républicaine et constructive », « avec un seul curseur : l’intérêt des Belfortains ».
Christophe Soustelle (« Une identité pour Belfort ») s’est réjouit du retour du RN au conseil municipal de Belfort (avec deux élus), et de l’absence d’élus soutenant Emmanuel Macron (en l’occurrence la liste de Christophe Grudler, MoDem). Et en s’appuyant sur la laïcité telle que comprise par l’extrême droite, il a exhorté le maire de refuser les signes religieux ostentatoires au conseil municipal, y compris dans le public, s’attirant des huées de celui-ci.
« La campagne est finie ! »
Damien Meslot s’est bien gardé de relever la demande, tout en demandant au public de rester calme.
A Florian Chauche, il a rétorqué que « la campagne est finie »! Il a aussi affirmé que chaque année, un millier de personnes sont radiées des listes électorales et que des amis politiques de l’ancien député LFI siégeaient au sein de la commission qui a approuvé ces radiations. Il a aussi indiqué qu’il allait contester certaines des 37 réinscriptions (selon ses chiffres) qui ont été décidées par le tribunal.
Le vote sur les délégations au maire a été également l’occasion d’une passe d’arme à l’initiative de la liste de Florian Chauche, qui a accusé le maire d’utiliser le droit de préemption pour régler des comptes politiques. « Citez-moi des noms », a rétorqué Damien Meslot, qualifiant LFI de « La France incendiaire ».
Les 6 membres de la liste de Florian Chauche ont voté contre ces délégations ; les deux élus RN se sont abstenus.
Les 12 adjoints belfortains
Outre le maire, le conseil municipal a élu douze adjoints, ce vendredi 27 mars 2026 :
- 1er adjoint, en charge des finances et de l’administration générale : Sébastien Vivot
- 2e adjointe, chargée des solidarités et du CCAS : Corinne Bobet-Zaretti
- 3e adjoint, chargé de la formation et de l’insertion professionnelle : Nasreddine Ziane
- 4e adjointe, chargée de la vie citoyenne : Marianne Dorian
- 5e adjoint, chargé du commerce et de l’attractivité : Gautier Le Voillemin
- 6e adjointe, chargée de la famille, de l’éducation et de l’égalité sociale : Marie-Hélène Ivol
- 7e adjoint, chargé de l’insécurité et de la lutte contre les incivilités : Tony Kneip
- 8e adjointe, chargée de la nature en ville, de l’environnement et de la propreté : Corinne Castaldi
- 9e adjoint, chargé de l’urbanisme, de la voirie et des travaux : Jean-Marie Herzog
- 10e adjointe, chargée des sports : Marie Stabile
- 11e adjoint, chargé de la culture et du patrimoine : Marc Rovigo
- 12e adjointe, chargée de la participation citoyenne : Rachel Horlacher
