Ce jeudi 8 janvier, la neige recouvre les abords du stade Bonal, écrin qui accueille les exploits du FC Sochaux-Montbéliard depuis vingt-cinq. À quelques jours des 16e de finale de Coupe de France où les Sochaliens affrontent le RC Lens, le manteau blanc doit disparaître. Enzo et Rémi, membres de l’équipe de jardiniers, sont armés d’un tuyau et commencent à faire des allers-retours pour dégager le surplus de neige. Pourtant, François Roy, le directeur de l’exploitation, n’est pas inquiet. Il en convient : impossible d’empêcher la neige de tomber sur la pelouse. Mais le stade Bonal a sa solution : « On a un chauffage sous la pelouse. »
La pelouse est maintenue à une température de 8 °C pour éviter qu’elle ne soit abîmée par la neige ou le gel. Et cela, pas seulement avant les matchs, mais toute l’année. « C’est allumé de mi-novembre à mi-mars », précise François Roy. Ce dispositif ne peut pas empêcher le givre, mais empêche la pelouse de geler. En frottant le gazon avec ses mains, le directeur de l’exploitation constate que le givre de ce matin est déjà en train de fondre. « Il faut que les racines soient maintenues à une température de 8 °C », précise-t-il. En dessous de cette température, le gazon ne pousse plus. Aujourd’hui, avec la neige, François Roy estime que la surface oscille entre 9 et 9,5 °C. Des températures qui peuvent surprendre, mais la raison est simple. « La neige fait une petite couche isotherme. La chaleur se coince dans le gazon et remonte. »
La pelouse chauffée depuis 2021 par un serpent d’eau
Un serpent d’eau enterré sillonne toute la superficie du terrain, soit 7 000 m². Chauffée au gaz, l’eau passe sous les tribunes avant de rejoindre le terrain. Une installation mise en place à l’été 2021, lors des travaux de réfection, qui a également permis à la pelouse de devenir hybride. Le terrain comporte 5 % de fibres synthétiques et 95 % de gazon, ensemencé dans du sable. Des réaménagements qui ont d’ailleurs déjà fait leurs preuves l’année dernière, lorsque le FC Sochaux-Montbéliard avait rencontré Villefranche-sur-Saône. « On avait eu 15 cm de neige pendant la nuit. On a tout déblayé pour le jour J », se remémore le directeur d’exploitation.
Avant les rencontres sportives, il est impératif que le terrain puisse être praticable. L’arbitre du match peut considérer que le terrain n’est pas adapté et demander le report. Une décision qui peut avoir des répercussions financières pour le club. « C’est un vrai risque, puisque c’est énormément de frais par rapport aux stadiers, à toutes les prestations, les loges privatives… » liste le directeur de l’exploitation.
Des économies d’énergies pour le FC Sochaux-Montbéliard
La garde de la pelouse, le FC Sochaux-Montbéliard l’a confiée depuis cet été à Terideal. Une société basée dans l’Essonne et spécialisée dans l’entretien des terrains de sport de haut niveau. Avant, le club ne se servait du système de chauffage qu’en cas de nécessité. Mais aujourd’hui, il le fait tourner en permanence et à une température moins élevée (8 °C). « On est descendu de 12°C à 8°C. On consomme beaucoup moins d’énergie », développe François Roy. Un changement qui rentre dans la volonté du club d’avoir une gestion raisonnée des énergies. L’aspect financier est également à prendre en compte. « En étant en championnat de National, on ne peut pas se permettre d’avoir les mêmes coûts d’entretien qu’on avait les dernières années en Ligue 1 ou en Ligue 2. »
Autre économie faite: le FC Sochaux-Montbéliard utilise moins fréquemment la luminothérapie. « C’est un système de lampe à sodium qui va simuler la luminosité naturelle qu’on peut avoir avec le soleil », éclaircit François Roy. Un dispositif que le club utilise en heures creuses pour entretenir la pelouse et la faire pousser. Ce fut d’ailleurs le cas sur certaines zones à la suite du match des Sochaliens contre le Dijon Football Côte-d’Or au mois de novembre. Certains bouts de gazon ont été arrachés lors de l’affrontement et ont dû être plantés. « Entre la chaleur qui remonte depuis la terre et la lumière qui va cracher dessus, ça pousse comme si c’était en plein été », assure François Roy.
Le froid risque tout de même de se faire ressentir dans les tribunes ce samedi 10 janvier. Le FCSM rencontre le RC Lens en 16e de finale de la Coupe de France. Le 16 janvier, le club retrouvera le championnat de National en accueillant, au stade Bonal, la Bérichonne de Châteauroux. Les Jaune et Bleu sont « officiellement » 4e avec 24 points, dans l’attente que la victoire à Valenciennes (lire notre article) soit confirmée. Ils seront alors 3e avec 27 points, trois points derrière Dijon et cinq derrière Rouen.