
L’édition 2025 des Eurockéennes (retrouvez la programmation ici) est dédiée à trois personnes, otages en Iran. Pourriez-vous les présenter ?
Le festival a toujours défendu son univers, comme un espace de liberté. Nous avons une pensée émue pour ceux qui en sont actuellement privés. C’est pourquoi nous avons décidé, avec l’accord de leur famille, de dédier cette édition à trois otages français actuellement emprisonnés, en Iran : Cécile Kohler et son compagnon Jacques Paris, ainsi qu’Olivier Grondeau. Ce sont des gens retenus depuis deux ans et demi (soit plus de 1 000 jours pour Cécile Kohler et Jacques Paris, deux enseignants, et depuis octobre 2022 pour Olivier Grondeau, NDLR). J’ai été très ému par le message audio qu’a pu faire sortir Olivier Grondeau depuis sa geôle, fin janvier. Nous avons envoyé un mail aux familles en leur demandant s’ils nous autorisaient à dédier cette édition.

Ces otages sont originaires d’Alsace…
Cécile Kohler est originaire de Soultz (Haut-Rhin).


C’est le message d’Olivier Grondeau qui vous a touché et vous a invité à les contacter (à retrouver ci-dessus) ?
Nous étions déjà en lien l’année dernière avec eux ; ils nous avaient appelés juste avant le festival pour savoir si nous pouvions diffuser un message sur les écrans géants. Nous défendons tout le temps un espace de liberté, certes éphémère. Au-delà du fait que ce message m’ait touché personnellement, il arrivait à point nommé. Nous avons donc envoyé un mail aux familles pour leur demander si nous pouvions [dédier cette édition], ce à quoi ils ont répondu rapidement.

Cette liberté d’expression, c’est important de l’incarner ?
Oui, mais je crois que c’est la liberté générale, la liberté au sens le plus noble du terme, celle qui est au fronton de nos mairies, sur le drapeau. C’est un simple message, très humblement. L’idée est de sensibiliser le plus possible. Nous avons la chance d’avoir un écho assez fort avec le nombre de personnes [qui participent au festival]. Si nous pouvons contribuer, très modestement, à dire qu’on ne les oublie pas, ce serait déjà fort.

Êtes-vous tenus au courant des négociations ?
Non, pas du tout. C’est vraiment une autre démarche. Je pense qu’il y a des comités de soutien ; ce sont eux qui essaient de diffuser pour que ces otages ne soient pas oubliés. Nous servons juste de courroie de transmission.
❝It will be 1,000 days in very few days that Cécile Kohler and Jacques Paris have been held hostage by the Islamic Republic of Iran, Olivier Grondeau has been detained for more than 2 years. I commend their courage.❞@Ch_Lemoine, press briefing on 30 January 2025 pic.twitter.com/4pQfPkEUo9
— France Diplomacy 🇫🇷🇪🇺 (@francediplo_EN) January 31, 2025