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Privés de sorties, les guides touristiques tentent de “sauver” leur métier

Les guides touristiques souffrent particulièrement du confinement.
Les guides touristiques souffrent particulièrement du confinement.

“Il faut sauver ce métier.” Ruinés par le confinement, les guides font feu de tout bois pour garder la tête hors de l’eau : job d’appoint, visites confinées, capsules audio… Mais près de la moitié envisage tout simplement d’abandonner.

Loïc Vennin – AFP

“Il faut sauver ce métier.” Ruinés par le confinement, les guides font feu de tout bois pour garder la tête hors de l’eau : job d’appoint, visites confinées, capsules audio… Mais près de la moitié envisage tout simplement d’abandonner.

“C’est frustrant, très frustrant.” Marion Adam, guide-conférencière en Bourgogne, “n’a plus rien” depuis l’instauration du confinement, le 17 mars. Alors aujourd’hui, plutôt que d’accompagner des touristes parmi les rangées de pinot noir des Grands Crus, elle se retrouve ouvrière viticole, pliée en deux au pied des ceps à ôter les bourgeons superflus. “C’est pour avoir un revenu”, explique-t-elle.

Ils sont ainsi environ 4 000 guides-conférenciers, comme Marion Adam, à être sans activité. Selon la Fédération nationale des guides interprètes et conférenciers (FNGIC), les pertes cumulées atteignent 11,4 millions d’euros depuis le 1er mars. Et c’est sans compter les très nombreuses prestations commandées à la dernière minute, qui peuvent représenter la moitié des visites.

“C’est la cata”, confirme Valérie Sutra. Guide-conférencière sur le Bassin d’Arcachon, elle se retrouve “totalement à l’arrêt” au pire moment : “Ça arrive à la fin de l’hiver, notre saison morte, où on est sans trésorerie…”  36 % des guides-conférenciers (GC) sont salariés, selon la FNGIC. Mais “la plupart” ne peuvent pas toucher le chômage partiel car les contrats sont souvent signés “à la dernière minute” dans la profession, “voire après la
mission”.

Quant aux 43 % des GC sous statut de travailleurs indépendants, ils peuvent bénéficier du fonds de solidarité, dans la limite de 1 500 euros par mois. “Oui, mais après le confinement ?” se demande Charlotte Fromont, guide spécialiste du vignoble bourguignon. “Ici, on travaille beaucoup avec les étrangers. On n’en espère même plus pour le reste de l’année”.

Dans le Bassin d’Arcachon, Valérie Sutra a “la chance” d’avoir essentiellement des Français pour clients. “Mais quand viendra la reprise?”, se demande-t-elle. “Après le déconfinement, aurons-nous le droit de regrouper 15-20 personnes?”

"Ne nous oubliez pas"

Bénédicte Sire, qui organise des visites de Marseille en tant qu’“artiste baladrice”, se pose elle aussi “beaucoup de questions sur l’avenir”. “Je me dis qu’il va falloir réinventer mes balades. Un de mes plus grands succès, c’est la balade dans Noailles (quartier populaire de Marseille, NDLR). On s’arrête pour manger dans l’arrière-cour d’une épicerie, assis sur des sacs de riz, ce qui faisait le charme de cette visite. Est-ce que ce sera possible en respectant les règles de sécurité ?”

En attendant, Bénédicte Sire enregistre des textes de Giono, Colette, et d’autres auteurs qui parlent de Marseille pour en faire des “capsules” audio diffusées sur YouTube, “histoire de garder le contact avec mes clients.” C’est aussi pour “garder le lien” que Charlotte Fromont organise des “visites confinées” avec le collectif Guides indépendants en Bourgogne-Franche-Comté. En partant d’un objet que tout le monde a chez soi, “un oeuf, un tire-bouchon, du pain”, les guides réalisent des vidéos racontant son histoire. “C’est un moyen de continuer à partager parce que c’est dans nos veines. Et c’est surtout une manière de dire: “ne nous oubliez pas””, explique la guide.

“Il fallait qu’on montre qu’on est encore là”, renchérit Valérie Sutra qui réalise de son jardin ou sa bibliothèque des vidéos faisant découvrir sa région, le Bassin d’Arcachon, via un artiste, un roman, un monument… “Ce n’est pas du grand cinéma mais c’est un moyen de préparer l’après-confinement. Est-ce qu’on aura des retombées? On n’en sait rien…” avoue-t-elle.

Pour Marion Adam, l’avenir dessine lui aussi un gros point d’interrogation. Mi-juillet, le travail dans les vignes qui lui permet de se maintenir à flot s’achèvera. “Et après?” “J’aimerais garder un métier que je veux faire depuis que j’ai 16 ans”, dit la guide de 30 ans. “Mais je ne suis pas très optimiste sur notre avenir.”

Selon une étude de la FNGIC portant sur plus de 1 200 guides, 45 % d’entre eux “n’excluent pas une reconversion professionnelle”. “Pourtant, comment faire découvrir un territoire sans guides?”, souligne Charlotte Fromont, pour qui c’est tout un “métier qu’il faut sauver”.

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