[Jardin] La tondeuse : polémiques et alternatives

 Cette semaine, Fleur (retrouvez ici toutes ses chroniques) aborde les aspects utiles des herbes hautes et donne quelques alternatives pour une tonte plus responsable.

Il suffit de tendre l’oreille en ce samedi pour entendre chanter le vrombissement des tondeuses. On a tous en tête ce voisin qui a son rituel hebdomadaire : tondre ! Et pourtant, si une pelouse bien rase et égalisée a un attrait esthétique, la tonte abusive est une catastrophe écologique. Cette semaine, Fleur (retrouvez ici toutes ses chroniques) aborde les aspects utiles des herbes hautes et donne quelques alternatives pour une tonte plus responsable.

“Faire propre”, voilà une expression forcément déjà entendue qui renverrait l’image qu’une pelouse haute, non tondue, soit “sale”. Il est temps de déconstruire cette fausse idée et montrer qu’au contraire la couche herbeuse a des vertus ! La comparaison peut paraître brute mais l’herbe est au sol ce que les poils sont aux animaux : tous deux ont un rôle de thermorégulation.

Une pelouse coupée mi-haute, ou partiellement, aura les facultés de retarder la sécheresse au sol en conservant l’humidité sous couvert et apportant de l’ombre à la surface, mais également la faculté de réguler la température en la maintenant raisonnable (voir l’étude ci-dessous), elle permet aussi une meilleure absorption des pluies et de freiner le délavage des sols.

Sans parler de toute la biodiversité qu’elle abrite ! Tant sur la faune : insectes, petits mammifères et petits reptiles, que sur la flore. Une pelouse tondue à ras est une pelouse morte. Il suffit de la voir “griller” et devenir jaune et sèche pour comprendre que plus rien ne la protegeait du chaud. Ou du froid puisque son rôle est aussi de protéger le sol et les racines des températures négatives.

Bien évidemment, l’objectif n’est pas de vivre dans une prairie haute mais de garder un minimum d’usage et de confort au jardin. Alors quels petits gestes pouvons-nous accomplir ?

Retarder la première tonte

Et là, il faudra se refreiner. Car dès le retour des beaux jours au printemps, faire vrombir la tondeuse est tentant. Pourtant il faut comprendre que les plantes se mettent en sommeil durant l’hiver et que le printemps est le moment pour elles de relancer leur croissance. Il faut donc patienter et laisser le temps à la pelouse de faire croître feuilles, fleurs et racines.

Les plantes ont besoin de la photosynthèse pour grandir et être en bonne santé. Celle-ci s’effectue par les feuilles, comme si elles “respiraient” de la lumière. Rabattre par la tondeuse leurs feuilles des deux tiers, c’est les priver des deux tiers de leurs “poumons”. Retarder la première tonte et espacer les suivantes, c’est l’assurance d’une pelouse verte tout l’été, dense, sans mousse, et vivante.

Tracer des allées

Il n’est pourtant pas toujours possible de laisser libre cours aux herbes folles. Accéder facilement au salon de jardin, à l’étendoir à linge, au cabanon, au poulailler sont autant de raisons de couper l’herbe. En ce cas, il est toutefois possible de tracer des allées, pour les rendre praticables, et laisser les côtés en herbe haute. 

Dans Le traité du jardin punk, Eric Lenoir encourage à redonner de la sauvagerie à nos extérieurs. A l’heure où les dangers du dérèglement climatique commencent à s’insinuer dans les esprits, il faut garder en tête que toute végétalisation est bonne à prendre. 

Tracer des allées peut aussi être utile quand on dispose de très grandes surfaces herbeuses et que l’on veut juste créer des chemins de circulation sans passer six heures à tondre !

Utiliser une tondeuse mécanique

Bruit et carburant, on ne peut pas dire que la tondeuse soit un outil très attrayant et écologique. Sans compter les coûts d’achat et d’entretien ! Pour les petites surfaces, il existe une alternative écologique : la tondeuse mécanique. Celle avec les lames rotatives que l’on pousse à la force des bras. Pas de combustible, très peu d’entretien, un coût très modique, de la musculation gratuite, une herbe à ramasser au râteau pour une seconde séance de musculation, que des atouts ! 

Plusieurs associations de défense des animaux mettent en garde contre les tondeuses robot. Activées la nuit, elles sont un redoutable ennemi pour les hérissons et autres petits mammifères et de nombreux cas de blessures ont été recensés par les refuges.

Planter du mellifère

Et si vous retenir de tondre intempestivement vous est trop difficile, il reste une alternative : planter des espèces mellifères, comme le trèfle blanc. Le trèfle est un excellent couvre-sol, qui survit bien en étant ras, qui s’étend facilement, et qui a la particularité de fleurir bas aussi. Il peut ainsi offrir un aspect esthétique de couvre-sol fleuri et apporter aux abeilles et papillons de quoi butiner. 

Il est aussi très agréable à fouler, car marcher pieds nus, c’est tout de même l’aspect le plus agréable de toute pelouse !

© Agricultures et Territoires
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