Transports : un billet unique à l’échelle du nord Franche-Comté qui doit marquer les ambitions du pôle

Il est désormais possible de voyager entre les différents réseaux de transport du nord Franche-Comté avec un seul et même billet. Il peut être téléchargé depuis l’application « Nord-Franche-Comté mobilités », accessible sur Androïd et Apple. Pour le président du pôle métropolitain, Damien Meslot, c’est le signe d’un pôle qui avance.

Il est désormais possible de voyager entre les différents réseaux de transport du nord Franche-Comté avec un seul et même billet. Il peut être téléchargé depuis l’application « Nord-Franche-Comté mobilités », accessible sur Androïd et Apple. Pour le président du pôle métropolitain, Damien Meslot, c’est le signe d’un pôle qui avance.

« Une nouvelle dynamique. » Damien Meslot, président du pôle métropolitain Nord-Franche-Comté, choisit ses mots avec soin quand il évoque le pôle, qui regroupe les cinq intercommunalités du nord Franche-Comté : Pays de Montbéliard Agglomération ; la communauté de communes du pays d’Héricourt (CCPH) ; la communauté de communes Sud Territoire (CCST) ; le Grand Belfort ; et la communauté de communes des Vosges du Sud (CCVS). Il parle d’ambitions. De programme. De vitesse supérieure. Il faut marquer le mouvement et l’engagement. Il veut « devenir un acteur important de Bourgogne-Franche-Comté », insiste-t-il. Ce vendredi, il a organisé une conférence de presse pour présenter les nouvelles orientations de la structure, dont il a pris la présidence au début de l’automne.

Quelques projets en route

Sont-ce des mots ? Pour beaucoup, oui. Le président du Grand Belfort rétorque quelques actions. Et la première, tant attendue, de la mise en place d’un billet unique permettant de voyager dans l’ensemble des trois réseaux de transport de bus du nord Franche-Comté, mais pas sur le réseau ferré ; c’est la continuité de la mise en place d’un syndicat mixte des transports du nord Franche-Comté, lancé en décembre 2019. Le billet avait été annoncé en février 2020 (notre article). Ces billets uniques peuvent être achetés sur l’application « Nord Franche-Comté mobilités », accessible sur Androïd et Apple Store. Et qui fonctionne depuis le début du mois.

Les ambitions du pôle métropolitain.
Charles Demouge, président de PMA, Damien Meslot, président du Grand Belfort et du pôle métropolitain Nord-Franche-Comté, Fernand Burkhalter, président du pays d'Héricourt et Jean-Luc Anderhueber, président des Vosges du Sud.

Y aura-t-il, au final, une autorité organisatrice des transports à l’échelle du pôle ? Il est trop tôt pour le dire. Certains l’évoquent, d’autres le craignent. Elle pourrait avoir un intérêt pour le prélèvement de la taxe du versement transport auprès des entreprises. Aujourd’hui, la division entre trois territoires qui prélèvent peut créer des inégalités. Le départ, par exemple, de l’hôpital de Montbéliard vers Trévenans a entraîné une perte de recettes de 400 000 euros pour Pays de Montbéliard Agglomération. Il a fallu aussi créer une ligne de bus vers Trévenans, moyennant 400 000 euros ; au total, c’est un surcoût de 800 000 euros pour Pays de Montbéliard Agglomération.

Cette question d’une autorité commune sera posée dans les années à venir. Mais déjà, l’enjeu est d’organiser la cohérence des lignes, de limiter les attentes et les changements pour se déplacer dans les réseaux. « Il y a un désir des habitants de coordonner ces réseaux de transports », valide Fernand Burkhalter, président de la communauté de communes du pays d’Héricourt, reconnaissant quelques problèmes.

La seconde action est la création d’une identité graphique commune pour la ceinture fortifiée, qui ceint le nord Franche-Comté, avec 19 forts répartis dans le Territoire de Belfort, le pays de Montbéliard et le pays d’Héricourt. Une limite « militaire » qui permet d’identifier ce territoire dont les frontières et la réalité sont plutôt floues dans l’inconscient collectif.

« Regrouper nos forces »

Cinq commissions de projets ont été mises en place pour organiser la réflexion du pôle métropolitain, dont l’enjeu n’est pas de se substituer aux intercommunalités. Le but est de définir des stratégies communes et de « travailler ensemble », explique Damien Meslot. D’ici la fin du premier semestre, des projets issus des réflexions de ces commissions seront proposés. Les commissions traitent des politiques d’aménagements, du développement économique et touristique, de l’enseignement supérieur et de la recherches, de la santé, et des transports et mobilités.

Un travail important est notamment mené autour de l’eau. « Nous allons partir de tous les diagnostiques existant, de différentes études et faire un bilan pour voir ce que l’on peut mettre en place », explique Jean-Luc Anderhueber, président de la CCVS, qui dirige cette commission. Des voisins seront associés à cette réflexion, notamment la communauté de communes Rahin et Chérimont, concernée par le bassin de Champagney, mais aussi les syndicats des eaux du nord Territoire et de la vallée du Rahin. Ce travail doit permettre de sécuriser les ressources en eau et d’avoir une réflexion sur la prévention les inondations.

Un budget limité

Auparavant, le pôle métropolitain avait un budget qui avoisinait les 450 000 euros. Dorénavant, il sera supérieur à 600 000 euros. « Ce sera suffisant cette année », assure Damien Meslot. On a bien compris qu’il y avait des tensions sur ce dossier. Certains auraient souhaité une augmentation plus importante (pour arriver à 750 000 euros) alors que d’autres voulaient maintenir en l’état le budget (à 450 000 euros). La période n’est pas propice aux augmentations de budget. Cela limite quand même les possibilités d’études du pôle métropolitain. Mais Damien Meslot d’assurer : « La volonté politique ne nécessite pas forcément de fonds. » Glissant également que les deux agences d’urbanisme et l’agence économique du nord Franche-Comté peuvent produire des notes pour alimenter les réflexions.

Autour de l’enseignement supérieur, Charles Demouge, président de Pays de Montbéliard Agglomération, vise déjà à doubler le nombre d’étudiants (8 000) dans le nord Franche-Comté, d’ici 10 ans ! Du côté de la santé, l’enjeu est surtout de « maintenir les professionnels et d’identifier les besoins sanitaires, qui ont émergé avec la covid-19 », note Damien Meslot. Le développement d’une filière gériatrique doit aussi être anticipée.

« Le pôle peut agir à une meilleure coordination », estime Damien Meslot. Il le voit comme l’interlocuteur privilégié de l’État et de la région. « Le but est de regrouper nos forces », insiste-til, tout en gardant « une certaine souplesse », pour chaque intercommunalité. Le choix a été fait « d’une communauté de destin », et non « pas d’une collectivité unique à terme ». Cet aspect « à la carte » a séduit, par exemple, Jean-Luc Anderhueber. Le pôle métropolitain compte 302 905 habitants, contre 309 229 en 1982 (notre article).

Les mobilités dans le nord Franche-Comté

Selon des données de l’Insee, issues des recensements de population de 2015, 70,33 % des mobilités professionnelles quotidiennes (domicile-travail) du nord Franche-Comté, soit 81 720,  se font à l’intérieur du périmètre de l’autorité organisatrice des transports du lieu de résidence, c’est-à-dire le pays de Montbéliard (évolitY), le Territoire de Belfort (Optymo), et le pays d’Héricourt (Hériva). 16,39 % de ces mobilités se font d’un de ces trois territoires vers un autre (19 048). Une donnée légèrement supérieure au nombre de mobilités qui quittent l’un des trois territoires du pôle métropolitain pour aller travailler ailleurs que dans le pôle (Alsace, Suisse, autre secteurs du Doubs ou de la Haute-Saône) et qui représente 13,27 % des mobilités (15 421). Ces données sont à considérer dans la réflexion concernant le(s) réseau(x) de transport en commun dans le pôle métropolitain. Ces chiffres ne comptent pas la mobilité des élèves, ni des étudiants.

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