Bientôt, un ticket commun aux réseaux de bus du nord Franche-Comté

Les trois autorités organisatrices des mobilités du nord Franche-Comté s’associent au sein d’un syndicat mixte pour penser la mobilité à l’échelle de ce territoire. Un première étape, qui doit permettre d’avoir un billet commun avant la fin de l’année.

Les trois autorités organisatrices des mobilités du nord Franche-Comté s’associent au sein d’un syndicat mixte pour penser la mobilité à l’échelle de ce territoire. Un première étape, qui doit permettre d’avoir un billet commun avant la fin de l’année.

Optymo dans le Territoire de Belfort. EvolitY dans le pays de Montbéliard. Et maintenant le réseau de transport du pays d’Héricourt, qui assure un service à la demande entre Héricourt et l’espace médian. À l’échelle du nord Franche-Comté, les réseaux de transport sont autant fragmentés que les réalités administratives. Et il n’est pas simple de voyager de l’un à l’autre. Aujourd’hui, 19 000 personnes résidant dans le nord Franche-Comté effectuent pourtant quotidiennement un déplacement domicile-travail en passant de l’un des trois territoires à un autre. Et on ne compte pas les étudiants, ni les déplacements liés aux loisirs, comme ces Belfortains qui se rendront au stade Bonal, à Sochaux, ce mardi soir, pour assister au quart de finale de la coupe de France entre Belfort et Rennes. « Les gens se déplacent principalement avec leur voiture individuelle », déplore Charles Demouge, président de Pays de Montbéliard Agglomération et du pôle métropolitain. Mais s’ils n’abandonnent pas leur voiture au profit des transports en commun, c’est que les ruptures de charges sont trop contraignantes pour voyager d’un territoire à un autre.

Si la synchronisation des systèmes et la mise en place d’un réseau commun, à l’échelle de ce bassin de vie, n’est pas pour demain, les usagers des transports en commun pourront utiliser un billet commun aux trois réseaux avant la fin de l’année. C’est le résultat de la constitution d’un syndicat SRU (solidarité et renouvellement urbain), un syndicat mixte permettant d’associer des autorités organisatrices des mobilités (AOM), que sont le syndicat mixte des transports en commun (SMTC) qui conduit le réseau Optymo, Pays de Montbéliard Agglomération (PMA), qui gère évolitY, et la communauté de communes du pays d’Héricourt (CCPH), qui vient de se doter de cette compétence transport. Cette structure existe administrativement depuis le 20 décembre. Les prochains mois vont permettre de construire la gouvernance. « Chacun garde son autonomie, assure Charles Demouge. On ajoute seulement des objectifs communs ». 12 élus siègeront dans ce syndicat (5 élus pour PMA, 5 élus pour le SMTC et 2 élus pour la CCPH). Les nominations seront faites après les municipales.

Les obligations d’un syndicat SRU

  • Coordonner les services que les autorités organisatrices des mobilités organisent ;
  • Mettre en place un système d’information à l’intention des usagers ;
  • Instaurer un système de tarification coordonnée permettant la délivrance de titres de transport uniques ou unifiés.

« Vous levez les problèmes que nous allons devoir résoudre »

Dans un second temps, les services vont « coordonner sur le plan technique et financier la mobilité vers le site médian, détaille Bernard Guillemet, président du SMTC, avant de reconnaître : [Pour le moment], chacun a fait ce qu’il a pu. » On va définir la fréquence, les horaires, les modalités du transport, sur le même principe que sur la ligne express reliant déjà Belfort et Montbéliard, assurée alternativement par Optymo et évolitY (2,15 euros pour un trajet ; il y en a 6 par jour, dans chaque sens). L’espace médian deviendra un carrefour.

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En euros, le coût engendré, sans compensation, par le déplacement de l’hôpital de Montbéliard vers l’espace médian pour Pays de Montbéliard Agglomération, entre la perte du versement transport lié à cette activité et la nécessité de développer une ligne pour s’y rendre. L’actuelle organisation de la fiscalité des transports ne facilite pas la réflexion pour mettre en place un réseau commun.

Viendra ensuite l’analyse et la réflexion pour créer des lignes entre les trois territoires en mettant en place des lignes supplémentaires. Mais pas dans un avenir proche. Et Fernand Burckhalter d’insister enfin sur un travail nécessaire de « lisibilité de l’offre ». Car qui connaît aujourd’hui le pass’Ok, permettant de voyager sur ces réseaux et d’emprunter les TER (excepté la ligne Belfort-Delle) déployé par la Région ? Il coûte 8,5 euros par jour ou 54 euros par mois.

Aujourd’hui, un trajet sur les réseaux Optymo et évolitY s’élève à 1 euros. Mais on paie a posteriori pour Optymo et en amont pour évolitY. Sur le réseau du pays d’Héricourt, le tarif est fixé à 1,5 euro. Les contraintes sont nombreuses pour harmoniser tout cela. « Vous levez les problèmes que nous allons devoir résoudre », acquiesce Bernard Guillemet. Les trois élus sont conscients que la création de ce syndicat n’est qu’une première étape. On est encore loin d’imaginer un système commun de transport à l’échelle du nord Franche-Comté. Un système qui ne pourra fonctionner qu’avec de la fréquence et de la synchronisation entre les différentes lignes, pour limiter les contraintes liées aux changements.  

Héricourt-Belfort et Héricourt-Montbéliard

Aujourd’hui, la communauté de communes du pays d’Héricourt a mis en place un système de bus à la demande, pour rejoindre l’espace médian depuis la cité haut-soanoise. Fernand Burkhalter, maire d’Héricourt et président de la communauté de communauté du pays d’Héricourt, veut mettre en place des lignes régulières Héricourt-Belfort (gare à gare) et Héricourt-Montbéliard (gare à gare) très rapidement. Sans attendre les développements du syndicat à ce sujet. En créant ces deux lignes, il compte accélérer la démarche collective. Les prochaines élections pourraient redéfinir ce calendrier. Chaque jour, 2 500 personnes quittent Héricourt pour aller travailler à Belfort ou Montbéliard. Et 2 500 y viennent.

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