Territoire de Belfort: 200 000 € de subventions pour les Eurocks, mais avec la crainte d’une annulation

Jean-Paul Roland pendant son audition par les sénateurs, retransmis sur le site de Public Sénat. (copie d'écran)

Le conseil départemental du Territoire de Belfort a adopté ce jeudi matin le principe d’une subvention pour Territoire de Musiques, l’association qui porte les Eurocks. Mais le président du Département n’a pas caché son inquiétude sur cette édition 2021. Pendant que les conseillers départementaux se réunissaient, le directeur des Eurockéennes était auditionné par le Sénat.

Le conseil départemental du Territoire de Belfort a adopté ce jeudi matin le principe d’une subvention pour Territoire de Musiques, l’association qui porte les Eurocks. Mais le président du Département n’a pas caché son inquiétude sur cette édition 2021. Pendant que les conseillers départementaux se réunissaient, le directeur des Eurockéennes était auditionné par le Sénat.

Les Eurockéennes 2021 auront-elles lieu ? Cette question sans réponse à ce jour s’est reposée ce jeudi matin lors de la séance du conseil départemental du Territoire de Belfort. L’ordre du jour comportait un point sur l’attribution d’une subvention de 200 000 euros à Territoire de Musiques, l’association qui organise les Eurocks. Les élus ont voté sans problème en faveur de cette subvention, mais Florian Bouquet a souligné que le budget primitif 2021 du Département prévoyait au total 400 000 euros. Les 200 000 euros complémentaires seront versés en fonctions des aides qu’aura reçues ou non le festival en fin d’année. Aides qui sont liées à l’existence même de cette édition 2021, point sur lequel Florian Bouquet s’est montré très alarmiste : « Le festival pourrait ne pas avoir lieu en juillet, donc on attend un retour sur le versement des aides de compensation de recettes. La direction a été très responsable et n’a pris aucun engagement cette année », a indiqué Florian Bouquet quant à ce que serait le budget des Euockéennes pour cette année.

Le président du Département a réaffirmé que tout serait mis « en œuvre pour que le festival soit assuré », mais « sincèrement, c’est très compliqué », a-t-il admis : «  une jauge à 5000 festivaliers, c’est impensable », a-t-il déploré. « On agit avec beaucoup de prudence, aucune décision n’est prise, mais personne n’a envie de vivre un festival assis, loin de son voisin, sans buvette, ni snack ». De quoi nourrir les inquiétudes déjà existantes quant à cette édition 2021.

« On est dans une impasse »

Du côté de l’association Territoires de Musiques, l’heure est toujours à la réflexion, avec des réunions d’équipe et du conseil d’administration pour tenter de trouver une solution pour maintenir les Eurockéennes 2021 sous une forme ou sur une autre.

Alors même que l’assemblée départementale s’inquiétait du devenir des Eurocks, Jean-Paul Roland, le directeur de Territoires de Musiques, était auditionné par le Sénat, avec ses homologues du festival d’Avignon, du festival des Vieilles-Charrues et des Rencontres de la photographie d’Arles.

Jean-Paul Roland s’est appuyé devant les sénateurs sur la consultation lancée en ligne par Territoires de Musique sur les contraintes qui pourraient être imposées aux festivals cet été (port du masque, distanciation, jauge de 5000 personnes assises, distanciation, absence de buvette et de restauration) pour démontrer que ce serait la « mort de l’esprit du festival ». Au-delà de cette consultation, il a fait référence aux études menées depuis dix ans par le CNRS sur le festival terrifortain et qui montrent que plus de 50% des festivaliers viennent entre amis, faisant du camping ce cœur de cette fête de la jeunesse.

Jean-Paul Roland a souligné que la consultation « va être un des éléments de décision » qui sera prise pour le maintien ou non de l’édition 2021 et de la forme éventuellement retenue. Le conseil d’administration lors d’une récente réunion s’est engagé à être « le garant de cet esprit de convivialité » du festival. Dans l’hypothèse d’une version dégradée, « ce serait en lien avec le territoire, avec une animation territoriale, en lien avec la population ; ce serait plutôt un festival à regarder », a-t-il ébauché.

Jean-Paul Roland a alerté les sénateurs sur l’équilibre financier. Le gouvernement a annoncé une enveloppe de 30 millions d’euros pour soutenir les festivals en France, mais une étude menée avec 12 festivals met en évidence une enveloppe qui représente déjà 12 millions d’euros, avec 7 millions de pertes de billetteries et 5 millions de pertes pour les structures elles-mêmes, alors qu’on recense environ 6 000 festivals en France. « On est dans une impasse », a fini par constater le directeur des Eurockéennes.

Dès lors se poserait la question même de la survie des festivals, question que n’ont pas manqué de poser les sénateurs. Jean-Paul Roland n’a pas caché qu’elle se poserait effectivement : « En cas de non activité pour une deuxième année, cela peut être très dangereux. » Outre le risque financier, il a souligné le risque de pertes de compétences : « On est des experts » dans de nombreux domaines, comme les partenariats et le mécénat, la prévention des attentats, l’environnement. Des compétences acquises avec le temps et l’expérience et qui sont les piliers de l’association organisatrice.

En 2020, les Eurockéennes ont fait face un déficit de 1,4 million d'euros

Comment les Eurockéennes ont-elles supporté le choc de l’annulation de l’édition 2020 ? Jean-Paul Roland a apporté des réponses lors de son audition par les sénateurs ce jeudi matin. Habituellement le budget annuel est de l’ordre de 9,5 millions d’euros, couverts à 64% par les festivaliers, 6% par les subventions des collectivités locales et 25% par le mécénat et le sponsoring. 40% des dépenses sont consacrées aux artistes, 21% à la technique.

Le festival des Eurockéennes présente la particularité de ne pas faire appel à des bénévoles, mais de recruter environ 600 personnes en contrats courts, ou « jobs d ‘été », dont plus de 50% ont moins de 25 ans : selon le directeur des Eurockéennes, c’est un véritable tremplin pour les jeunes pour entrer dans la filière professionnelle. L’annulation de l’édition 2020 a engendré 1,4 million d’euros de déficit pour le festival. 50% de ce déficit a été couvert par les subventions du Département, du Grand Belfort et de la Région. 25% ont été couverts par les mécènes qui ont maintenu leur soutien « de façon assez émouvante », a salué Jean-Paul Roland. Enfin, le solde a été couvert par des fonds d’aide de la Drac, du centre national de la musique et l’activité partielle.

Malgré cela, l’association organisatrice, Territoire de Musiques, accuse un déficit de 120 000 euros sur son compte de résultat provisoire pour 2020.

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