Pouvoir d’achat : Stellantis versera 1 400 euros supplémentaires à ses salariés

L'atelier de montage de l'usine Stellantis de Sochaux. | ©Le Trois – Thibault Quartier

Stellantis va verser en moyenne 1 400 euros supplémentaires en octobre à une majorité de ses salariés français pour faire face à l’inflation, mais n’augmentera pas les salaires, a indiqué mardi le groupe automobile à l’AFP à l’issue d’une dernière réunion avec les syndicats.

Avec l’AFP

Stellantis va verser en moyenne 1 400 euros supplémentaires en octobre à une majorité de ses salariés français pour faire face à l’inflation, mais n’augmentera pas les salaires, a indiqué mardi le groupe automobile à l’AFP à l’issue d’une dernière réunion avec les syndicats. Pour les syndicats, le compte n’y est pas. mis à jour le 27 septembre à 17h46

Le groupe, qui enregistre d’excellents résultats financiers, va verser 1 000 euros de « prime de partage de la valeur » à ses salariés gagnant jusqu’à deux fois le Smic, soit 60% des effectifs, intérimaires compris. Ceux touchant plus de deux fois le Smic recevront 500 euros.

Tous les salariés auront aussi la possibilité de monétiser jusqu’à 3 jours de RTT, soit 400 euros en moyenne pour un ouvrier et 600 euros pour un cadre. « Les propositions faites par la direction et partagées avec les partenaires sociaux permettent de faire progresser le pouvoir d’achat de nos salariés au-dessus de l’inflation », a souligné Bruno Bertin, directeur des ressources humaines de Stellantis en France.

Les débrayages s’étaient multipliés ces derniers jours dans les usines (ex-PSA) du groupe à Hordain, Douvrin, Trémery ou Valenciennes, pour demander des mesures améliorant le pouvoir d’achat, alors que le salaire du directeur général du groupe, Carlos Tavares, avait « choqué » jusqu’à Emmanuel Macron. FO demandait « une prime exceptionnelle conséquente », tandis que la CGT réclamait une augmentation générale de 400 euros par mois ainsi qu’une prime de pouvoir d’achat de 6 000 euros.

Des négociations annuelles attendues dès décembre

Au-delà des questions salariales, le sujet des conditions de travail a  aussi alimenté la colère des salariés, avec des jours chômés décidés à la  dernière minute en raison de problèmes d’approvisionnement.

La direction de Stellantis a également proposé mardi aux organisations  syndicales un accord sur le déblocage anticipé de l’intéressement et de la  participation, ainsi que des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui débuteraient dès le mois de décembre 2022 pour l’année suivante.

En février, les NAO 2022 avaient débouché sur une enveloppe globale d’augmentation de salaire de 3,2%. Les syndicats avaient tous refusé de signer cet accord, jugeant le geste insuffisant au vu des résultats records de l’entreprise, et malgré l’octroi  d’une prime d’intéressement de 4.300 euros en moyenne.

Les sommes totales versées en 2022 au titre du soutien au pouvoir d’achat  représentent jusqu’à 1.965 euros par salarié en France, a souligné Stellantis.

Renault a proposé de son côté 500 euros de prime, ainsi que la possibilité  de monétiser trois jours de RTT avec une majoration de 25% et d’autres mesures qui permettent de faire monter l’ensemble des mesures à plus de 1 000 euros  pour une majorité d’employés.

Des syndicats dubitatifs

« Ces mesures sont nécessaires et urgentes, convient la CFE-CGC du site de Sochaux, mais elles ne représentent qu’une première étape limitée de la prise en compte des difficultés financières importantes pour une partie des salariés. » Selon le syndicat, seulement une augmentation salariale sera une garantie « pour préserver le pouvoir d’achat ». Le syndicat attend une ouverture rapide des négociations et demande l’intégration d’une claude de « revoyure obligatoire », « se déclenchant automatiquement lorsque le SMIC subit deux augmentations dans la même année, comme cela est déjà le cas en 2022 ». Depuis plusieurs semaines, les salariés manifestaient une certaine attente de la part de la direction pour faire face à l’inflation, comme Le Trois l’avait relayé (lire notre article). Des ultimatums avaient même été prononcés.

La CFDT apprécie ce « premier pas », mais indique que cela ne répond pas à ses attentes. « L’augmentation des salaires est une nécessité, on ne résoudra pas le problème du pouvoir d’achat et de l’inflation à coup de primes », argue le syndicat. Et d’ajouter : « Ce n’est pas le partage des bénéfices qui doit assurer le maintien du pouvoir d’achat, c’est la revalorisation des salaires. Le salaire reste la référence de calcul pour le chômage, la maladie, la retraite. Les cotisations associées permettent de faire fonctionner notre assurance chômage, notre assurance maladie, notre mutuelle, notre contrat prévoyance, notre régime de retraites. »

La CGT, cette annonce ne répond pas non plus aux attentes. « C’est trop peu », déplore Jérôme Boussard.

« La proposition n’est pas au niveau des attentes des salariés et appelle a une réponse forte, dénonce Force ouvrière. Ainsi sur tous les établissements le même jour pourront s’exprimer de la même manière. Nous vous appelons à manifester ce mercredi 28 septembre 2023. Une heure par équipe. »

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