Pour Gala Avanzi, soutien-gorge ne rime pas avec obligation

Trop petite, trop grosse, trop décolletée, trop rembourrée, trop découverte ou trop cachée, la poitrine est au cœur de l’essai que propose Gala Avanzi. Un essai sur l’abandon du soutien-gorge, adopté par de nombreuses femmes depuis le premier confinement. Mais surtout, un essai sur l’abandon des injonctions qui y sont liées. Entretien

Trop petite, trop grosse, trop décolletée, trop rembourrée, trop découverte ou trop cachée, la poitrine est au cœur de l’essai que propose Gala Avanzi. Un essai sur l’abandon du soutien-gorge, adopté par de nombreuses femmes depuis le premier confinement. Mais surtout, un essai sur l’abandon des injonctions qui y sont liées. Entretien

« Il parait qu’elle en dit long sur moi, ma poitrine. Il paraît qu’il vaut mieux en avoir une grosse, pour plaire aux garçons. Il paraît qu’on s’en fiche, qu’elle plaise ou non aux femmes. Il paraît qu’elle doit être grosse, mais pas trop, sinon c’est vulgaire. Il paraît que si on m’insulte, c’est ma faute parce qu’on la voyait trop. » C’est un extrait du livre No Bra, ce que ma poitrine dit de moi de Gala Avanzi.

Gala Avanzi est Bisontine. Trentenaire, elle a fondé son premier média il y a dix ans, déjà. Un blog, pour parler du veganisme, de sujets environnementaux aussi. Au fil des années, le féminisme s’est imposé dans sa vie, « naturellement », selon ses mots. Elle crée, il y a deux ans la page Instagram Sorcière Ta Mère, qui explose. Plus de 77000 abonnés. Et les témoignages affluent. On y parle de féminisme, de sexisme, de sexualité. Sa création ? « J’avais besoin de m’exprimer, de déconstruire toutes les idées reçues qu’on entend au quotidien et qui m’agaçait. J’ai eu besoin de le transcrire par l’écriture. C’est comme ça que je m’exprime. C’est mon exutoire. Il y a aussi un besoin de la part de nombreuses femmes de libérer la parole. Je reçois des centaines de témoignages pour ce compte. » Elle poursuit : « Mon but, c’était de déconstruire les injonctions sexistes qu’on peut subir et donner de la visibilité à ces causes, aux injustices qu’on peut subir quand on est une femme ou une minorité de genre. C’était en novembre 2019. » Deux mois plus tard, Gala est contactée par Konbini pour faire une vidéo sur la thématique No Bra. Une vidéo qui fait le buzz, elle aussi. 7 millions de vues.

« C’est là que j’ai compris que c’était un vrai sujet »

« La vidéo a pris une ampleur monumentale. J’ai compris que le No Bra, c’était un vrai sujet. Je me suis rendu compte de toutes les questions et les incompréhensions qui circulaient sur le sujet. Et surtout, j’ai été étonnée du peu d’informations sur le sujet. De là est venue l’idée du livre. J’en avais besoin, j’en avais envie. Et je me suis rendu compte qu’il y avait un réel besoin de la part d’autres personnes », raconte Gala. Six mois s’écoulent. Six mois de recherches sur le sujet, de lectures, de visionnage de documentaires, de vidéos. Elle aime citer Marilyn Yalom, autrice du livre Le sein, une histoire comme inspiration. Elle a voyagé à travers l’Europe pour écrire. Espagne, Portugal, Italie. « J’ai rencontré des gens qui venaient de partout : Amérique, Canada. Et j’ai été vraiment étonnée de voir à quel point le sujet pouvait intéresser du monde. Et d’ailleurs, autant les hommes que les femmes », narre l’autrice.

Par une intermédiaire, elle entre en contact avec Flammarion. Sa maison de cœur. L’aventure devient concrète. Elle raconte : « C’est le premier livre où je choisis le sujet. Ça représente un peu plus d’un an de travail. C’était dur, mais comme toutes les belles choses de la vie. J’y ai mis toutes mes tripes. L’écriture m’a poussée dans mes retranchements. Mais en même temps, c’est un format sur lequel je me suis éclatée. Avoir la chance d’écrire 220 pages sur un sujet qui me tient à cœur et être publiée par Flammarion, je recommence demain. J’ai plein d’idées d’ailleurs… »

Le but de ce livre, qui parle de l’abandon du soutien-gorge,  c’est de montrer aux femmes qu’elles ont le choix. Le choix de porter ou non un soutien-gorge. Gala s’explique : « Le but : ce n’est pas de créer une nouvelle injection et de dire : « Ne portez plus de soutien-gorge ». Mais c’est de redonner le choix aux femmes. J’aimerais qu’à la lecture de mon essai, les femmes en ressortent moins complexées et qu’elles reprennent le contrôle de leur corps, qu’elle puisse en faire ce qu’elles veulent. »

« Le mouvement du No Bra, pour moi, c’est la représentation d’avoir le choix. Pour le moment, le soutif, c’est plutôt une obligation. Quand j’étais plus jeune, c’était un rite de passage. C’était le saint Graal quand on pouvait aussi en mettre un. Le No bra c’est se libérer d’un carcan, des diktats. Et ça sera le sujet de tous mes prochains projets : déconstruire les injonctions. » À découvrir dans les librairies ; il disponible depuis mercredi 22 septembre.

  • No Bra, ce que ma poitrine dit de moi, de Gala Avanzi. Flammarion. 17,9 €
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