Pays de Montbéliard: le débat budgétaire n’a pas été une promenade touristique

Charles Demouge en visio-conférence pour la séance de PMA du 11 mars 2021.

Le vote du budget de Pays de Montbéliard Agglomération, jeudi soir, a fait l’objet de discussions féroces. Les plaies des dernières élections sont encore à vif. Le budget a néanmoins été adopté, même si le soutien à l’office du tourisme a été jugé insuffisant par beaucoup : 75 voix pour, 36 contre et 1 abstention.

Le vote du budget de Pays de Montbéliard Agglomération, jeudi soir, a fait l’objet de discussions féroces. Les plaies des dernières élections sont encore à vif. Le budget a néanmoins été adopté, même si le soutien à l’office du tourisme a été jugé insuffisant par beaucoup : 75 voix pour, 36 contre et 1 abstention.

Martial Bourquin, maire d’Audincourt, a souligné dans son intervention que le vote du budget d’une collectivité est un moment hautement politique. Il l’a été jeudi soir pour Pays de Montbéliard Agglomération, dans une assemblée où les équilibres et les alliances ont été totalement bouleversés lors des dernières élections, la gauche de Martial Bourquin et la droite de Charles Demouge s’étant alliées pour constituer une majorité. Nicolas Pacquot (groupe « Indépendants et solidaires), maire d’Étouvans, et vice-président, a porté le fer pour le groupe qui est désormais clairement en opposition avec la majorité d’alliance.

Pourtant, Charles Demougne, président de PMA s’est attaché à déminer le terrain dans son propos liminaire. Il a vanté une « nouvelle démarche » plus participative pour la construction du budget : « Chaque vice-président a piloté le budget relevant de sa compétence », a-t-il insisté, à partir d’une lettre de cadrage qu’il leur a adressée. Un séminaire a été organisé avant le débat d’orientations budgétaires et Charles Demouge a rencontré chaque vice-président, « pour démarrer sur des bases objectives et partagées », a-t-il expliqué.

L’assemblée a auparavant décidé de rependre par anticipation le résultat de l’exercice antérieur pour le budget primitif, comme l’autorise la loi, soit 6,4 millions d’euros, afin de se donner une marge de manœuvre. Pierre-Aimé Girardot, vice-président chargé des finances, a donc présenté un budget primitif qui prévoit plus de 40 millions d’euros, chiffre sur lequel Charles Demouge a largement insisté. Ces investissements comprennent le conservatoire de musique (8,2 millions) et la ligne 3 du réseau de bus Evolity (3,9 millions).

Le tourisme rassemble une assemblée fracturée

Mais les réactions ont été nombreuses, d’élus de tous bords, pour déplorer que la subvention demandée par l’office du tourisme, de l’ordre de 250 000 euros, n’ait été attribuée qu’à hauteur de 50 000 euros. Chacun s’est évertué à démontrer que le tourisme revêt une importance stratégique pour l’économie, notamment sur l’hôtellerie et la restauration, que c’est une activité transversale qui touche aussi bien la culture, le patrimoine que le sport ou les affaires. Bref, personne n’était satisfait du sort réservé à l’office du tourisme et plusieurs ont demandé une décision modificative en cours d’année.

Mais les ennemis d’hier forment aujourd’hui la majorité. Ainsi, Martial Bourquin (PS) comme Eric Lançon (PS), ont salué la qualité du budget présenté, mais en tirant la sonnette d’alarme sur les recettes à venir : en cause, les décisions du gouvernement (qui est devenu l’ennemi commun) sur la baisse des impôts de production. « On se trouvera très vite en difficulté », a averti Martial Bourquin, appelant de ses vœux une motion sur ce sujet.

C’est Nicolas Pacquot (qui n’est pas dans la majorité, mais a été élu vice-président en juillet) qui a porté le fer, en estimant tout d’abord que la concertation n’avait été qu’un leurre. Il a ensuite déploré un « recours massif » à des emprunts d’équilibre, et le refus d’élaborer un « projet de territoire, acte fondateur » d’une mandature. Dans un registre plus politique, il a lancé : « On bricole un budget pour garder une majorité. » Et de dénoncer le SPIC, un fonds de péréquation au bénéfice des communes, dont il dit qu’il a fait l’objet d’un chantage au sein de la majorité. « Cette majorité est une comédie qui ne fait plus rire personne », a-t-il lancé.

Charles Demouge demande à Martial Bourquin de rédiger une motion

Damien Charlet (Audincourt) n’a pas apprécié le trait : « Un tel discours est affligeant dans un tel moment ; c’est presque une parodie », a-t-il lancé. Un « tel moment » étant la crise économique engendrée par le covid. Et de reprocher à Nicolas Pacquot d’avoir un pied dans l’exécutif en tant que vice-président et un pied dans l’opposition, en l’invitant à tirer « ses conclusions personnelles si l’exécutif est un tel enfer ». Autrement dit, en l’invitant à démissionner de sa fonction. L’élu audincourtois à défendu le fonds de péréquation en indiquant que la différence de vues au sein de la majorité avait porté non pas sur sa nécessité, mais sur le calendrier, sa composante de la majorité estimant qu’il fallait le lancer immédiatement. « C’est 1,4 millions d’euros qui vont retourner vers les communes ».

Charles Demouge s’est attaché à répondre à chaque intervention. Ou presque. Sur le tourisme, il a laissé la porte entrouverte en réclamant un projet concret, qui ferait alors l’objet d’une décision modificative « au deuxième semestre ». Et, chose inimaginable voici quelques mois encore, il a salué l’idée de Martial Bourquin de proposer une motion à l’assemblée lors d’un prochain conseil : « Martial a fait une intervention politique justifiée. Il a souligné ce qui nous attend. Je lui demande de rédiger une motion sur les lacunes des hautes sphères [qui nous dirigent] » .

Quant à l’intervention de Nicolas Pacquot, elle a été soldée en dénonçant « la bassesse d’un discours venant d’un membre de l’exécutif. Il ne mérite même pas une réponse de ma part ». Le président est passé au vote. Résultat ; 75 voix favorables ; 36 contre ; 1 abstention.

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