Pas d’hélicoptère de la sécurité civile en juillet en Franche-Comté

L’hélicoptère de la sécurité civile, Dragon 25, ne sera pas disponible en juillet. Il est redéployé pour assurer la présence de ce service en Martinique. Les pompiers de Bourgogne-Franche-Comté alertent sur cette situation, en pleine saison estivale.

L’hélicoptère de la sécurité civile, Dragon 25, ne sera pas disponible en juillet. Il est redéployé pour assurer la présence de ce service en Martinique. Les pompiers de Bourgogne-Franche-Comté alertent sur cette situation, en pleine saison estivale. La préfecture rassure et détaille l’organisation nationale de cette réponse opérationnelle.

Dragon 25 est basé à l’aérodrome de La Vèze, juste à côté de Besançon (Doubs). C’est un hélicoptère EC 145, reconnaissable par ses couleurs jaunes et rouges. Cet hélicoptère de la sécurité civile, équipé d’un système d’hélitreuillage, rayonne dans la région depuis sa base, voire au-delà, comme dans les Vosges ou dans les Ardennes, en fonction des besoins opérationnels. En 2018, il a effectué 587 missions, dont 441 étaient des missions de secours avec les pompiers ou le Samu, soit 75 % des opérations. Les autres missions sont des vols de liaison, voire des missions de police. « Les Dragons sont polyvalents », indique le directeur de cabinet du préfet du Doubs, le sous-préfet Nicolas Regny.

Un dispositif national

Pendant le mois de juillet, Dragon 25 ne sera pas basé en Franche-Comté. L’union régionale des sapeurs-pompiers s’inquiète de cette situation, provoquée par un besoin en Martinique. « Nous ne contestons bien entendu aucunement la nécessité, a fortiori à cette période de l’année, de garantir la permanence des secours en Martinique, indique le communiqué de presse adressé mercredi matin. Mais cette situation montre en revanche l’insuffisance de moyens de réserve nationale pour pallier une indisponibilité technique, alors que ce ne sont pas moins de 33 appareils qui sont en service au niveau national, et alors même que les hélicoptères sont devenus des moyens de secours du quotidien. » La préfecture du Doubs rappelle que « Dragon 25 fait partie d’un dispositif national ». En fonction des événements nationaux, les moyens locaux peuvent être affectés ailleurs. On évoque un « système de tiroirs ». Selon le directeur de cabinet, Dragon 25 ne va peut-être même pas partir en Martinique. Il pourra être affecté à une base pendant qu’un autre est dirigé vers les Antilles. « Ce n’est donc pas le seul hélicoptère concerné par ce redéploiement », assure Nicolas Regny.

Menace sur son avenir ?

Les pompiers, engagés pour certains dans un mouvement de contestation sociale, questionnent justement « la politique de déploiement des moyens de sécurité civile qui impacte aujourd’hui leur réponse opérationnelle », dans une période de canicule et d’arrivée de touristes. « [L’État] peut-il continuer à manquer totalement d’ambition dans le dimensionnement des moyens de renfort nationaux de sécurité civile, quels qu’ils soient ? » questionne l’union régionale des sapeurs-pompiers. Elle élargit le débat en abordant le financement des secours. Il repose en partie sur les collectivités locales et est marqué par l’absence de « solidarité nationale » et « des disparités territoriales de plus en plus marquées ».

Cette absence ponctuelle inquiète les pompiers. Menace-t-elle la pérennité de Dragon 25 à La Vèze ? « Il n’y a pas de remise en cause de la pérennité de Dragon 25, rassure le sous-préfet, avant de garantir : Et nous y sommes très attentifs. » Nicolas Regny invite donc à relativiser. Même s’il regrette ce redéploiement, particulièrement en juillet, il note que « ce n’est pas exceptionnel ». Dragon 25 part de manière épisodique à Nîmes (Gard) pour son entretien ou des réparations. Il mène aussi parfois des missions de reconnaissance ou de surveillance dans le sud de la France, notamment à l’occasion de la période des feux de forêt.

La préfecture rappelle que la région dispose également d’un hélicoptère médicalisée, Héli 25, intervenu ce jeudi matin, par exemple, au ballon d’Alsace. Le sous-préfet confie que les hélicoptères de la gendarmerie de Colmar (Haut-Rhin) et de Dijon (Côte-d’Or) peuvent être aussi mobilisés. Ce fut le cas avec l’hélicoptère haut-rhinois, déployé dans une mission de recherches, dans le haut Doubs, ce jeudi après-midi apprend-t-on auprès de la préfecture. « Nous ne sommes pas démunis, assure Nicolas Regny. Même si nous préférons qu’il soit là. »