Nouvelle plainte de l’ONG Anticor dans la vente d’Alstom

L’association de lutte contre la corruption a déposé une nouvelle plainte concernant la vente d’Alstom énergie au géant américain General Electric, en 2014.

L’association de lutte contre la corruption a déposé une nouvelle plainte concernant la vente d’Alstom énergie au géant américain General Electric, en 2014.

Anticor a déposé une plainte contre X, le 17 juillet, auprès du pôle financier du tribunal de Paris pour « corruption » et « détournement de fonds publics », peut-on lire sur FranceTVInfo, qui reprend une information du Monde.

Sur l’aspect corruption, l’association veut « obtenir de la justice française qu’elle enquête, à son tour, sur les faits de corruption déjà reconnus par le groupe Alstom auprès de la justice américaine et les responsabilités éventuelles des dirigeants. De fait, après une enquête pour corruption lancée fin 2010 par le Department of justice (le ministère de la justice américain), Alstom a accepté de signer un plaider-coupable outre-Atlantique, en décembre 2014, et réglé une amende de 772 millions de dollars (637,5 millions d’euros à l’époque) », écrit Le Monde. Selon l’association, aucune poursuite n’a pourtant été engagée en France. Et elle demande à ce que des personnes physiques soient poursuivies, ciblant notamment l’ancien président-directeur général d’Alstom, Patrick Kron. « Les personnes physiques coupables de la corruption n’ont pas été poursuivies, ni en France ni ailleurs », explique Anticor dans un communiqué cité par FranceTVinfo.

Patrick Kron, ancien p-dg d'Alstom, qui a cédé le pôle énergie à General Electric, en 2014 (©Le Trois – Thibault Quartier).

500 millions de pertes

Concernant les détournements, « l’association anticorruption demande qu’une enquête soit menée sur la décision de l’État de renoncer à son droit d’acheter 20 % d’actions Alstom détenues par le groupe de construction Bouygues lors du rapprochement entre le groupe ferroviaire et le conglomérat allemand Siemens », remarque la chaine d’informations de l’audiovisuel public. « Si l’on prend en compte les dividendes et la plus-value perdus, ce sont 500 millions d’euros que l’État a perdus consciemment au profit de la société Bouygues », estime l’association dans un communiqué, notamment relaté sur le site Web de L’Usine nouvelle.

Le parquet national financier s’est saisit de ce dossier la semaine dernière. Cette nouvelle plainte pourrait « atterrir » sur son bureau estime Le Monde. Une démarche qui avait été lancée par le député Les Républicains Olivier Marleix.