Nouvelle année record pour PSA, prêt à fusionner avec Fiat

Le constructeur automobile français PSA, en cours de fusion avec Fiat Chrysler, a dégagé un bénéfice net record en 2019, en hausse de 13,2% à 3,2 milliards d’euros, malgré la baisse du marché automobile mondial, et va en faire profiter ses salariés et ses actionnaires.

AFP (Daniel Aronssohn)

Le constructeur automobile français PSA, en cours de fusion avec Fiat Chrysler, a dégagé un bénéfice net record en 2019, en hausse de 13,2% à 3,2 milliards d’euros, malgré la baisse du marché automobile mondial, et va en faire profiter ses salariés et ses actionnaires.

« Notre compagnie est hautement rentable. Nous sommes en bonne santé dans un monde très chaotique », a déclaré le président du directoire Carlos Tavares, en présentant les résultats financiers annuels. Arrivé en 2014, dans un groupe au bord de la faillite, le dirigeant a rendu hommage aux efforts des salariés qui ont permis d’améliorer la performance de l’entreprise pour la sixième année consécutive. Après un retour aux bénéfices en 2015, le groupe aux cinq marques (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) affiche chaque année depuis 2017 un nouveau record de rentabilité.

PSA a publié mercredi un chiffre d’affaires également record, à 74,7 milliards d’euros (+1%), et une marge opérationnelle historique, parmi les plus élevées du secteur, à 8,5% des ventes tant pour l’ensemble du groupe (+0,8 point) que pour la seule division automobile (+0,9 point). Ces performances contrastent avec celles de son rival français Renault qui a annoncé le 14 février envisager des fermetures d’usines dans le cadre d’un vaste plan d’économies après avoir enregistré sa première perte nette en dix ans (-141 millions d’euros).

Salariés et actionnaires récompensés

Carlos Tavares en a profité pour annoncer une augmentation des primes aux salariés, avec notamment 4 100 euros, soit deux mois et demi de salaire, versés aux plus bas revenus. Les actionnaires se voient aussi récompensés avec un dividende porté à 1,23 euro par action, contre 0,78 euro en 2018. À la Bourse de Paris, l’action progressait de 3% peu avant 12 h 30 à 18,2 euros, dans un marché en recul de 1%.

Parmi les bonnes nouvelles, le redressement de la filiale allemande Opel s’est confirmé l’an dernier. Sa marge opérationnelle a atteint 1,1 milliard d’euros, soit 6,5% des ventes, dépassant l’objectif de 6% initialement fixé pour 2026. Le constructeur tire les bénéfices d’une stratégie privilégiant la rentabilité sur les volumes. Grâce à d’importantes réductions de coûts, PSA a abaissé son point mort, c’est-à-dire le nombre de véhicules à partir duquel il commence à gagner de l’argent. Ce seuil est passé de 2,6 millions d’unités en 2013 à seulement 1,8 million l’an passé. PSA avait publié en janvier des ventes mondiales en recul de 10% sur 2019, à près de 3,5 millions de véhicules.

Sa part de marché en Europe, où il écoule désormais 90 % de ses volumes, a légèrement reculé (-0,3 point à 16,8%) en raison de l’arrêt de plusieurs modèles Opel. Mais le groupe, solide deuxième sur ce marché derrière
Volkswagen, attend un rebond en 2020. « Notre carnet de commandes est exceptionnel », a affirmé Carlos Tavares. PSA a profité ces dernières années de ses modèles à succès, les SUV (4×4 de loisir) Peugeot 3008 et 5008, et en 2019 du SUV C5 Aircross de Citroën. Les nouvelles citadines Peugeot 208 et Opel Corsa devraient soutenir la rentabilité en 2020.

Objectifs de CO2 atteints

Le groupe souffre en revanche de son échec en Chine, où il est devenu un acteur marginal avec moins de 0,5% du marché après des années de dégringolade. L’activité chinoise a amputé de 700 millions d’euros les bénéfices de l’an dernier, conduisant PSA à annoncer une réduction de ses capacités de production. À court terme, le constructeur est donc immunisé contre le recul du marché chinois enclenché depuis un an et demi, et qui pourrait s’aggraver avec l’épidémie de Covid-19.

Autre bonne nouvelle, Carlos Tavares a souligné que le groupe respectait déjà, depuis le mois de janvier, les nouvelles réglementations en matière d’émissions de CO2 fixées par l’Union européenne, grâce à ses nouvelles motorisations hybrides et électriques. Ces règles, assorties de lourdes amendes en cas d’infraction, inquiètent certains concurrents.

Le patron de PSA s’est montré confiant dans sa capacité à obtenir le feu vert des autorités de la concurrence pour son projet de fusion avec le groupe italo-américain Fiat Chrysler (FCA) qui doit donner naissance au quatrième constructeur mondial avec près de 8 millions de véhicules vendus par an. Se disant prêt à « discuter et modifier tout ce qui serait nécessaire », il a indiqué n’avoir « pas de raison de penser qu’il y aura(it) un problème ».
Les deux sociétés sont « dans une excellente situation financière », s’est-il également réjoui, ne voyant « pas de besoin de restructuration » dans l’immédiat. Fiat Chrysler avait publié début février un bénéfice net de 2,7 milliards d’euros pour 2019.

Prime d'intéressement de 4 100 euros aux plus bas salaires

PSA va verser à ses salariés aux plus faibles salaires une prime d’intéressement de 4 100 euros, a annoncé sur RTL le président du directoire du groupe Carlos Tavares.
« Les résultats records (…) nous permettent de faire en sorte que les primes d’intéressement et de participation versées à nos salariés soient elles aussi en augmentation. Nos salariés qui ont les salaires les plus bas, inférieurs à deux fois le SMIC, vont recevoir 4 100 euros » soit « environ deux mois et demi de salaire », a détaillé Carlos Tavares. « Voilà le retour de la création de richesses vers nos salariés », s’est félicité Carlos Tavares, qui n’a pas précisé s’il s’agissait d’un montant brut ou net. Dans un communiqué, Force ouvrière Sochaux « se félicite d’avoir signé l’accord d’intéressement qui permet aujourd’hui à la majorité des salariés de toucher plus de 3 100 euros net ». Par contre, le syndicat se dit déçu des négociations salariales. « Des résultats record pour le Groupe, mais des revalorisations de salaires pas vraiment à la hauteur ! Pour FO Sochaux, notre salaire c’est notre capital. Le salaire reste la seule garantie de progrès social. »

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