Nicolas Zepeda condamné à 28 ans de réclusion pour l’assassinat de Narumi Kurosaki

Le Chilien Nicolas Zepeda a été condamné mardi à 28 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de son ancienne petite amie japonaise Narumi Kurosaki, en décembre 2016 à Besançon.

Angela Schnaebele et Marie Julien – AFP

Le Chilien Nicolas Zepeda a été condamné mardi à 28 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de son ancienne petite amie japonaise Narumi Kurosaki, en décembre 2016 à Besançon.

À l’énoncé du verdict de la cour d’assises du Doubs et au terme de quatre heures de délibéré, le jeune homme de 31 ans, à l’encontre duquel avait été requise la réclusion criminelle à perpétuité et qui fait aussi l’objet d’une interdiction définitive du territoire, est resté figé, visiblement abattu. Lui faisant face, la mère de Narumi l’a observé, la tête légèrement penchée sur le côté, mouchoir à la main et tenant toujours bien serrée dans ses mains la photo de sa fille qu’elle n’avait pas lâchée depuis le début du procès, deux semaines plus tôt.

« L’essentiel est que l’assassinat ait été retenu », a réagi auprès de l’AFP Me Sylvie Galley, avocate de la famille de Narumi Kurosaki. « Cette peine me paraît très juste et réfléchie », a estimé Me Randall Schwerdorffer, avocat du petit ami français de l’étudiante au moment des faits, également partie civile. Lors du procès « particulièrement fort en émotions », selon les mots du président de la cour Matthieu Husson, Nicolas Zepeda n’a jamais cessé de clamer son innocence. « Je ne suis pas qui je voudrais, mais je ne suis pas un assassin, je ne suis pas l’assassin de Narumi », a-t-il encore déclaré, en français, lors de sa dernière prise de parole mardi matin. « Je n’ai jamais voulu être au milieu de la douleur de la famille de Narumi, j’ai jamais voulu être au milieu de la douleur de ma propre famille, de ma propre douleur », a ajouté le Chilien, versant quelques larmes.

Extradition

Longtemps impassible au cours des débats, Nicolas Zepeda avait fini par craquer et hurler, en larmes aussi, « je n’ai pas tué Narumi ! Moi aussi je veux savoir ! » quand sa propre avocate, Me Jacqueline Laffont, lui avait demandé jeudi s’il était en mesure « d’aider à retrouver » le corps de la jeune fille. Nicolas Zepeda a reconnu avoir passé la nuit du 4 au 5 décembre 2016 avec elle dans la petite chambre qu’elle occupait dans une résidence universitaire de Besançon.

Mais il a assuré tout ignorer du destin de l’étudiante de 21 ans que plus personne d’autre n’a revue vivante depuis et dont le corps n’a jamais été retrouvé. Lundi, l’avocat général Etienne Manteaux s’était attaché à démontrer pendant deux heures « avec la plus profonde et entière conviction (…) la pleine et entière culpabilité de Nicolas Zepeda ». Avec un magistrat instructeur et deux enquêteurs chargés de ce dossier, il s’était rendu au Chili en avril 2019 pour obtenir l’extradition de Nicolas Zepeda, une procédure rarissime.

Étouffée ou étranglée

Nicolas et Narumi s’étaient rencontrés en 2015 alors qu’ils étudiaient à l’université au Japon. Mais la jeune femme de 21 ans avait rompu à l’automne 2016, peu de temps après son arrivée à Besançon où elle apprenait le français. Mû par une jalousie maladive et un caractère possessif, Nicolas Zepeda, seul et unique suspect, est venu du Chili l’y rejoindre sans la prévenir. Après l’avoir espionnée, il l’avait retrouvée et avait passé avec elle la nuit du 4 au 5 décembre au cours de laquelle des étudiants de la résidence universitaire avaient entendu des « cris stridents » de femme. Aucun d’entre eux n’avait toutefois appelé la police. Faute d’aveux, les circonstances de la mort de Narumi Kurosaki et ce qu’il est advenu de son corps n’ont jamais été éclaircis. Mais selon l’accusation, Nicolas Zepeda a étouffé ou étranglé Narumi avant de se débarrasser de son corps, sans doute dans la rivière du Doubs, non loin de Dole (Jura).

Il a ensuite piraté les comptes de Narumi Kurosaki sur les réseaux sociaux pour envoyer des messages à ses proches et la faire passer pour vivante, le temps de regagner le Chili, d’où il sera finalement extradé à l’été 2020. Me Galley a une nouvelle fois regretté mardi matin l' »absence d’aveux et de réponses » aux questions qui taraudent les proches de Narumi. « La famille espérait davantage, elle restera sur une vraie douleur », a-t-elle dit. Au cours des débats, le long et douloureux témoignage de la mère de Narumi Kurosaki avait bouleversé la cour, exhortée à « ne pas laisser ce démon en liberté ». Son voeu a donc été exaucé.

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