Montbéliard : une formation d’ambulanciers débute à l’IFMS pour répondre à la pénurie 

La profession d’ambulanciers est en tension. Sur environ 300 postes dans le nord Franche-Comté, 80 ne sont pas pourvus. L’institut de formation aux métiers de la santé (IFMS), situé à Montbéliard, lance une formation d’ambulanciers et ambulancières diplômés d’Etat dès février pour tenter d’apporter des solutions.
Une formation d'ambulanciers diplômés d'Etat est lancée à l'IFMS à Montbéliard. | ©Le Trois - EC
La profession d’ambulanciers est en tension. Sur environ 300 postes dans le nord Franche-Comté, 80 ne sont pas pourvus. L’institut de formation aux métiers de la santé (IFMS), situé à Montbéliard, lance une formation d’ambulanciers et ambulancières diplômés d’Etat dès février pour tenter d’apporter des solutions.

Aujourd’hui, la moyenne d’exercice du métier d’ambulanciers est de « 1 à 3 ans », affirme Jean-Jacques Hézard, président de l’association départementale des transports sanitaires urgents (Atsu) dans le Doubs et le Territoire de Belfort. Elle était de 5 ans il y a encore quelques années. Pour pallier le phénomène, « il faut réussir à fidéliser les jeunes », tance David Deparois, cadre formateur et responsable de la formation d’ambulanciers diplômés d’Etat qui ouvre à l’institution de formation aux métiers de la santé (IFMS) à Montbéliard. Une formation qui a émergé à la demande de l’agence régionale de santé, après des échanges avec les professionnels qui ont fait part de leurs craintes face à un métier en grande tension. 

Au mois de février, ils seront 18 à intégrer la première promotion de cette formation en apprentissage, pour une durée d’un an. 18 jeunes, d’une moyenne d’âge de 25 ans, qui ont pu être pris au sein du cursus sans difficulté. Une seule condition leur a été imposée : avoir le permis et ne plus être en période probatoire (deux ans pour les personnes en conduite accompagnée, trois ans pour les autres), ce qui explique, aussi, une moyenne d’âge autour des 25 ans. L’entreprise de transports d’urgence Jussieu Secours explique en avoir recruté 12 en apprentissage pour ce nouveau cru. « Nous avons bien sûr fait une sélection, qui a permis de voir ceux qui avaient vraiment la vocation », explique Jean-Jacques Hézard. Le mot d’ordre pour intégrer le métier : bienveillance. Aucun diplôme n’est requis. « Ce qui compte, c’est l’approche de la personne, la discrétion et le respect du patient », pointe Jean-Marie Hézard, directeur du groupe Jussieu Secours. 

« On ne peut pas faire ce métier seulement pour avoir un job alimentaire », expose Jean-Jacques Hézard. Les conditions sont rudes, explique-t-il. C’est ce qui pousse les ambulanciers à quitter le métier précipitamment : horaires de nuit, de week-end, heures supplémentaires, planning maniable avec des heures de prise de service donnée la veille – et encore – quand cela est possible. « C’est un métier qui use », complète le président de l’Atsu. Sur le nord Franche-Comté, il estime à 80 le nombre de postes vacants, sur environ 300 postes au total. 

Cette formation était très attendue. Va-t-elle répondre à la vacance des postes ? Rien n’est encore certain. Mais David Deparois, responsable de la filière, a bon espoir que cela motive les jeunes. Déjà, parce que cette formation sera la seule dans le nord Franche-Comté. Pour trouver la même formation, il faut pousser jusqu’à Besançon, Dijon, ou bien se rendre à Sausheim. 

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postes non pourvus dans le nord Franche-Comté sur environ 300 postes au total

Aussi, parce que la formation se fixe l’objectif de faire changer de regard sur la profession. Un ambulancier doit être considéré comme un professionnel de santé à part entière. Et pour cela, « la formation doit être adéquate, accompagnée d’une montée en compétences pour que les jeunes soient les plus polyvalents possible », explique David Deparois. C’est l’objectif qui est fixé : une formation qualitative. Une démarche validée par le directeur de Jussieu Secours, qui rappelle que l’ambulancier est le « premier maillon de la chaîne. Et d’ailleurs, le transport n’est que la finalité du module. Il y a d’abord tous les soins qui sont prodigués.»

Un CDI assuré

Aujourd’hui, la profession est tellement en tension que les demandeurs d’emploi, diplômés d’Etat dans le milieu, « trouveront un CDI de suite », assure Pierre-Marie Hézard. Dans le public, Isabelle Marse, cadre de santé et responsable des transports patients à l’hôpital Nord Franche-Comté confirme une dynamique similaire. « Dans le public, les ambulanciers commencent avec un CDD. Mais cela se solde sur une titularisation dans les deux ans.»

Interrogé sur la rémunération dans le privé, le groupe Jussieu Secours affirme qu’en début de carrière, les ambulanciers diplômés d’Etat « tournent autour de 1 500 euros net », sans heures supplémentaires. Avec celles-ci, « nous sommes plutôt autour de 2 000 euros », complète le directeur. Mais aujourd’hui, la rémunération ne suffit plus. Tous les professionnels s’accordent sur ce point. Ce qui prime aujourd’hui est la qualité de vie. « Nous allons devoir nous adapter à ces nouvelles générations », tance David Deparois. De son côté, Jean-Jacques Hézard analyse qu’aujourd’hui, il est difficile de changer les conditions de travail du personnel car la pénurie pousse encore plus l’épuisement du « noyau dur », qui lui,  doit assumer une charge de travail très importante. Créer de nouveaux « chefs de bord », comme les nomme David Deparois, c’est donc l’ambition de cette formation qui accueillera une nouvelle promotion de 20 élèves (ou plus, selon les besoins) tous les six mois à partir de février. Elle doit permettre de créer des vocations. Mais le vrai défi sera de faire rester les jeunes sur la durée.

Un nouveau cursus de manipulateur radio

En parallèle de la formation d’ambulanciers, une formation disposant de 20 places débutera en septembre 2023, à l’IMFS à Montbéliard. Il s’agit d’une formation de manipulateur d’électroradiologie médicale sur trois ans. Elle s’adresse aux titulaires du baccalauréat, à partir de 17 ans. L’inscription se déroulera via la plateforme Parcoursup. 

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