Les élus Terrifortains veulent racheter les locaux de GE et réclament 12 millions à l’Etat

Damien Meslot, maire de Belfort et président du Grand Belfort, et Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort proposent à GE de racheter les locaux de l’Américain à Belfort. Parallèlement, ils lancent un recours contre l’Etat pour ne pas avoir fait respecter l’accord de 2014 lié à la vente d’Alstom.

Le 21 octobre, GE déposera son plan social auprès de la Direccte. Les discussions avec les syndicats ont tourné court le lundi 15 octobre. Le samedi 19, l’intersyndicale, soutenue par les élus, appelle les Terrifortains à descendre dans la rue, tandis que se tiendront les assises de l’énergie à Belfort.
Dans ce contexte crispé, Damien Meslot, maire de Belfort et président du Grand Belfort , et Florian Bouquet, président du conseil départemental, viennent d’annoncer, lors d’une conférence de presse commune, qu’ils ont proposé à GE de racheter les 143 000 m² qui lui appartient au Techn’hom. Cette opération serait portée par Tandem, la société d’économie mixte des collectivités locales spécialisée dans l’immobilier pour entreprises.
« Nous faisons cette offre pour répondre à la volonté de GE de faire baisser ses coûts de production », se justifie Damien Meslot. Le maire de Belfort souligne que 25 000 m² sont déjà inutilisés par GE et que d’autres surfaces seraient libérées dans le cadre d’une réorganisation de la production de GE. La surface que louerait alors GE serait moins importante que celle occupée actuellement.
Tandem louerait les surfaces nécessaires à GE.
Dans l’opération, le consortium américain gagnerait 750 000 € de taxe foncière annuelle et ne paierait que pour la location des surfaces qui lui sont indispensables. « Et moins le prix de vente des locaux sera élevé, moins le futur loyer sera important », explique le maire de Belfort.

Les collectivités attaquent l'Etat

Autre annonce faite : Belfort, le Grand Belfort et le Département vont lancer une action judiciaire contre l’Etat pour ne pas avoir fait respecter l’accord de 2014. Première étape : un recours administratif à l’encontre du ministère de l’Economie. Si ce recours reste sans réponse dans un délai de deux mois, les collectivités saisiront le tribunal administratif.
A ce stade, elles demandent 12 millions d’euro à l’Etat : 8,27 millions pour pertes de recettes fiscales sur trois ans et 3,7 millions liés aux investissements consentis pour les aménagements pour le passage des convois exceptionnels. Le Département se réserve la possibilité d’abonder ce chiffre : les services du conseil départemental évaluent encore le préjudice financier.
Par ces deux annonces, les deux élus entendent peser sur les négociations en cours autour du plan social. « Nous sommes prêts à retirer à tout moment notre recours si un accord qui préserve l’emploi, les acquis sociaux et la pérennité du site est trouvé, explique Damien Meslot. Notre objectif est de peser sur les négociations et d’être auprès des salariés ».

Un sous-traitant automobile et 80 emplois annoncés au Techn'hom

Ce sera le premier sous-traitant automobile du Techn’hom, se réjouissent Damien Meslot et Florian Bouquet. La maire de Belfort a en effet annoncé la signature d’un accord avec Magnetto Automotive, un sous-traitant de PSA, pour l’implantation d’un site de production de pièces automobiles près de l’ancien bâtiment des ailettes, à Cravanche.
Le sous-traitant occuperait 8000 m² loués à Tandem, qui investira par ailleurs 2,5 millions d’euros pour adapter le local aux besoins de l’entreprise.
Damien Meslot annonce une ouverture au premier semestre 2020, avec 80 emplois dans un premier temps, et une perspective de 120 emplois à terme.

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