Législatives : Ian Boucard parie sur une remontada dans la 1re circonscription

Plombé par une dynamique nationale négative, le député sortant Les Républicains de la 1re circonscription (sud), Ian Boucard, veut faire mentir les projections et sauver son fauteuil de parlementaire.

Plombé par une dynamique nationale négative, le député sortant Les Républicains de la 1re circonscription (sud) du Territoire de Belfort, Ian Boucard, veut faire mentir les projections et sauver son fauteuil de parlementaire.

« On ne change pas une équipe qui gagne ! » Ian Boucard, député Les Républicains de la 1re circonscription du Territoire de Belfort (sud), est un sportif dans l’âme. Un footeux même. Celui qui entraîne au niveau régional l’équipe fanion de Méziré reconnaît un petit côté « superstitieux » hérité de ce monde du sport. Damien Meslot sera donc de nouveau son suppléant, comme il l’a annoncé ce vendredi 29 avril, à l’occasion d’une conférence de presse. Et le député se souvient de la victoire de 2017 – annulée ensuite par le conseil constitutionnel (1) – et de la partielle de janvier 2018. « Jamais deux sans trois », ajoute-t-il.

Aujourd’hui, Ian Boucard est très clair sur sa posture politique, dans un contexte de crise politique profonde au sein de sa famille politique. « Si je suis réélu, je ne siégerai pas dans la majorité présidentielle », garantit-il, pour mieux contrer cette mouvance de ténors de la droite « en fin de carrière » appelant à « un parti unique ». « La démocratie nécessite le débat », insiste Ian Boucard, qui appuie sur la notion de « cohérence ». « En 2017, les électeurs ont choisi un député d’opposition constructive », remémore-t-il. La démocratie se « nourrit » de cette opposition également. La construction des lois aussi. Damien Meslot, maire LR de Belfort, glisse que la notion de parti unique « a une consonance qui rappelle des souvenirs d’avant 1989 ». Surtout, il ne laisse qu’une seule « alternative aux gens ». « Les extrêmes », alerte Damien Meslot. Et le maire de louer l’association « jeunesse » et « expérience » du député sortant, soufflant en parallèle que d’être dans l’opposition ne l’a pas empêché d’obtenir « ce qu’il a voulu » pour le territoire. Il craint aussi qu’un « parti unique » permette à la majorité d’obtenir la proportion des 3/5e à l’Assemblée nationale, octroyant la possibilité de réformer la constitution sans passer par la case référendum. « Et à ce moment-là, on n’aurait plus rien à dire », met en garde celui qui est également président du Grand Belfort.

« On va se mobiliser »

Ian Boucard est conscient du contexte national « pas très favorable ». Mais il rappelle qu’il a été élu en 2017, alors qu’il y avait la vague En Marche. François Fillon, le candidat LR à la présidentielle 2017, avait obtenu 4 190 voix dans sa circonscription, quand Valérie Pécresse n’en obtient que 1 790 cette année. Avec une abstention à 50 %, la qualification au second tour se situe à près de 5 500 voix (lire notre article). Ian Boucard doit donc combler près de 4 000 voix pour s’y hisser. « À Grosne, en 2017, j’ai fait 80 % (84,56 % au second tour et 49,31 % au premier tour, NDLR) et Valérie Pécresse a fait 7 % cette année (8,10 % NDLR) », remarque-t-il, pour relativiser le recul de la candidate et l’influence sur son résultat. Il ne faut pas sous-estimer l’implantation locale estime-t-il en substance. Les élections législatives sont « des élections nationales avec une résonance locale », observe Ian Boucard.

En 2017, en prenant en compte l’abstention, il avait même, dès le 1er tour des législatives, enregistré bien plus de suffrages exprimés, proportionnellement, que François Fillon à la présidentielle, quelques semaines plus tôt. Le défi reste cependant immense. C’est une vraie remontada que doit effectuer ce fan de foot. « On va se mobiliser », garantit Damien Meslot, alors que l’équipe peut surtout compter sur la possibilité de faire campagne, une première depuis la crise sanitaire. Marchés, porte-à-porte, meetings… le programme sera chargé jusqu’au 10 juin. « Et maintenant je sais beaucoup mieux nager », sourit également Ian Boucard, alors qu’il a déjà su s’extraire de la vague macroniste en 2017. Dans ce contexte délicat, Il a tout intérêt à enregistrer la candidature d’une personnalité de Reconquête, qui diviserait aussi les voix du Rassemblement national, dont l’influence a grandi dans le département lors de la dernière présidentielle. « Je ne choisis pas mes adversaires », rétorque simplement Ian Boucard.

  • (1) L’élection de juin 2017 avait été annulée en décembre 2017 par le conseil constitutionnel. Dans l’entre-deux tour, Ian Boucard avait diffusé des tracts imputés à la France insoumise et au Front national appelant à voter contre Emmanuel Macron, sans accord de ces partis. Cette « manœuvre est de nature à avoir créé une confusion dans l’esprit d’une partie des électeurs et à avoir influé sur le résultat du scrutin » avait estimé le conseil constitutionnel. En janvier 2018, il avait gagné contre Christophe Grudler à l’occasion d’une législative partielle.
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