Le vélo a sa place à Belfort, mais on peut encore mieux faire

Belfort a été classée 3e, dans la catégorie des villes de 20 à 50 000 habitants, du baromètre « Parlons vélo des pistes cyclables », une enquête forgée sur l’avis de contributeurs, principalement cyclistes, et relayée par la fédération des usagers de la bicyclette (FUB).

Belfort a été classée 3e, dans la catégorie des villes de 20 à 50 000 habitants, du baromètre « Parlons vélo des pistes cyclables », une enquête forgée sur l’avis de contributeurs, principalement cyclistes, et relayée par la fédération des usagers de la bicyclette (FUB). Comme en 2017, lors de la première édition. Mais derrière ce bon résultat se cache de nombreux paradoxes.

« Ce que nous défendons, c’est le vélo comme moyen de transport », insiste Michèle Greif, présidente de l’association Veloxygène 90, affiliée à la fédération des usagers de la bicyclette (FUB). L’association représente et défend ceux qui se déplacent à vélo. Ceux qui ont notamment un usage quotidien, pour se rendre à leur travail par exemple.

Comme en 2017, Belfort est sur le podium des cités de 20 à 50 000 habitants du baromètre « Parlons vélo des pistes cyclables ». La cité du Lion termine 3e derrière Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin) et Bourg-en-Bresse (Ain). Un baromètre façonné à partir d’avis d’usagers de la bicyclette, qui notent leur ressenti sur une échelle de 1 à 6 dans 8 domaines comme la sécurité, la communication, l’entretien des pistes cyclables, les travaux ou la location de vélo. Les points forts belfortains sont justement la location facile de vélo (5/6), l’entretien et le confort des pistes et le déplacement global dans la ville pour les vélos.

De nombreux points noirs

À Belfort, le climat pour les vélos est donc « plutôt favorable » pour reprendre le terme du baromètre (résultats complets ci-dessous). Et la cité du Lion obtient la note de 3,63 sur 6. Soit, un C… « Quand on est 3e, on ne peut pas avoir un C », s’étonne toutefois Matthieu Horvat, un actif de l’association. Et un cycliste quotidien. Cela démontre surtout qu’il y a encore des progrès à faire. En France. Et à Belfort. « Depuis 2017, pas grand-chose n’a changé », déplore l’association. Les points noirs sont toujours là : la rue Foltz, qui longe les rails depuis la Pépinière jusqu’à la gare ; l’avenue Jean-Jaurès ; les coupures des pistes, comme au niveau du pont de la maison du Peuple, alors que les pistes s’arrêtent en bas, ou au square du Souvenir, fermé le soir et la nuit ; l’avenue du Maréchal-Juin ; la difficulté de traverser, à vélo, la Savoureuse ou les rails ; ou encore l’avenue des 3-Chênes. À rebours, Matthieu Horvat et Michèle Greif saluent la piétonisation du quai Valet, la suppression d’une voie voiture avenue d’Altkirch, à proximité du pont Richelieu, près du cinéma, et l’installation d’un double sens de circulation pour les vélos. Ils saluent aussi l’accès au conservatoire. Pourtant, ils estiment que l’on ne va pas assez loin. Et regrettent que l’on renvoie systématiquement les investissements des vélos à des coûts : « On ne se pose pas la question quand c’est pour la voiture », tance Michèle Greif.

Cette situation figée est partagée par le baromètre. 46,5 % des répondants estiment que « la situation est restée identique » et 44,1 % estiment qu’elle « s’est un peu améliorée ». Si 1,2 % estiment qu’elle « s’est beaucoup dégradée », 5,9 % estiment qu’elle « s’est beaucoup améliorée ».

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Le nombre de réponses valides retenues par le baromètre pour éditer la note de Belfort. 50 contributions sont nécessaires pour disposer d'un baromètre sur une sité.

« Ce que voit les politiques, analysent Matthieu Horvat et Michèle Greif, c’est le vélo loisirs. » Certes, le Territoire de Belfort dispose d’une belle structuration nord-sud. Et la bonne note globale vient des travaux liés aux programmes Optymo analyse Michèle Greif, engagée dans la liste 2020 en commun, en 35e position. Des travaux qui ont permis d’aménager des couloirs cyclables et de développer les vélos en libre-service. Cela donne « une bonne base au réseau », approuve Matthieu Horvat. Mais ce qu’il manque, selon la responsable de l’association, « c’est la volonté politique. » Puis de poursuivre : « Il y a un fossé entre les élus et les usagers. »

Engager les candidats aux municipales

Matthieu Horvat et Michèle Greif demandent notamment, quand une rue est à sens unique, qu’il y ait un double sens vélo. Ils demandent également des aménagements aux feux de circulation, avec des SAS à vélo, qui sécurise les cyclistes et leur donne quelques secondes d’avance pour se préparer. « Surtout, on est visible », note Michèle Greif. Matthieu Horvat insiste aussi sur l’installation de tourne-à-droite, aux feux de circulation, permettant aux cyclistes de poursuivre leur trajet s’ils vont à droite, même si le feu tricolore des véhicules est au rouge. Surtout, Veloxygène ne demande pas forcément que des couloirs à vélo. « Il ne faut pas toujours avoir des pistes, sinon les automobilistes ne prennent pas conscience » de la présence des cyclistes. Il faut apprendre à partager la chaussée.

L’association profite de la fenêtre ouverte par les élections municipales pour solliciter les candidats de Bavilliers, Cravanche, Valdoie et Belfort, où elle a des référents, pour sonder leurs engagements vis-à-vis de la pratique du vélo. D’autant plus que la préoccupation écologiste – électoraliste ? – traverse l’ensemble des programmes. En s’appuyant sur un travail de la FUB et sur un manifeste (à retrouver ci-dessous), Veloxygene 90 envoie un questionnaire aux candidats pour collecter leurs engagements concernant les mobilités. Ces engagements seront ensuite publiés sur une plateforme (retrouvez les adresses ci-dessous). Aujourd’hui, l’association attend surtout d’être « associée à la réflexion ». En connaissant les projets, en appréhendant les contraintes ou en écoutant les propositions.

Plutôt défavorable à Montbéliard

Dans le pays de Montbéliard, seule la cité des Princes a reçu plus de 50 contributions, permettant le traitement statistique. Avec 135 contributions, la ville obtient un E, avec 2,99, sachant que le classement se fait sur une échelle de notes allant de 1 et 6. Et le commentaire est : « Plutôt défavorable. » Au-dessus de 4,6, on obtient A et en-dessous de 2,3, on obtient G. « C’est un classement très moyen », constate, sur son site Web, l’association Vélocité du pays de Montbéliard. Un répondant sur 2 estime que la situation est identique à celle de 2017, « ce qui n’est pas surprenant car la place du vélo dans la ville de Montbéliard n’a pas évoluée », déplore l’association. Qu’en est-il à l’échelle du nord Franche-Comté ? « Pour aller de Montbéliard à Belfort, on y arrive, par contre, pour aller à Héricourt, c’est autre chose et c’est un gros manque », constate Matthieu Horvat. Il aimerait que la question soit évoquée prochainement avec les collectivités.

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