Le Terrifortain Thierry Burkhard, un opérationnel à la tête des armées françaises

Le 10 juin, le général Thierry Burkhard, chef d'état-major de l'armée de terre était en visite au 35e régiment d'infanterie. Il vient d'être nommé chef d'état-major des armées.

Dans quelques jours, le Dellois Thierry Burkhard prendra la tête des armées françaises. Portrait d’un homme de terrain dont les compétences sont largement reconnues.

(AFP – Par Daphné BENOIT)

Dans quelques jours, le Dellois Thierry Burkhard, Saint-Cyrien, prendra la tête des armées françaises. Portrait d’un homme de terrain dont les compétences sont largement reconnues.

Actuel patron de l’armée de Terre, le légionnaire Thierry Burkhard, désigné nouveau chef d’état-major des armées françaises (CEMA), est un général respecté à l’épaisse expérience opérationnelle, dont la vision stratégique est tournée vers les conflits de demain, qu’il prédit plus durs et plus complexes. Le général Burkhard, qui fêtera ses 57 ans le 30 juillet, prendra quelques jours auparavant le relais du général François Lecointre. Ce dernier tire sa révérence après quatre ans à la tête des armées, une période marquée notamment par la remontée en puissance du budget de la défense, consécutive à de longues années de disette.
Dans l’immédiat, le nouveau « CEMA » aura pour délicate mission de superviser la réduction annoncée de la présence militaire française au Sahel, après plus de huit ans d’engagement massif. Cette réarticulation se traduira par le resserrement d’un dispositif qui mobilise aujourd’hui plus de 5000 hommes, la fermeture de bases dans le nord-Mali et un accompagnement renforcé des armées
locales à l’aide de renforts européens. Thierry Burkhard devra aussi orchestrer un virage stratégique majeur, à l’heure où la conflictualité change de visage à grande vitesse. « Ça fait plus de dix ans que l’armée s’est concentrée sur la menace du moment qu’était le terrorisme militarisé« , or elle « doit changer d’échelle et se préparer à des conflits plus durs, de haute intensité », alors que s’accélère la compétition stratégique sur la scène mondiale, expliquait-il en novembre dernier à l’AFP.
Un changement de paradigme qui impose d’adapter la préparation opérationnelle des soldats, d’investir dans les nouveaux champs d’affrontements – espace, cyber, fonds marins, réseaux sociaux – et de poursuivre la modernisation des matériels. Les armées devront en particulier « penser l’intégration des robots et de l’intelligence artificielle dans l’espace de bataille » à l’horizon 2040, notait récemment celui qui assumait jusqu’à présent les fonctions de chef d’état-major de l’armée de Terre.
Le général Burkhard « devra consolider une réflexion sur la vision des armées dans la future revue stratégique qui suivra inévitablement l’élection présidentielle de 2022, analyser la conflictualité à dix ou vingt ans et anticiper le modèle d’armée qui en découle », soulignait début juin à l’AFP le général Lecointre.

Ancien porte-parole des armées

Marié et père de trois enfants, Thierry Burkhard aborde le poste suprême précédé d’une solide réputation. « La vision stratégique et le charisme de Thierry Burkhard font de lui un des officiers les plus remarquables de sa génération. Dès sa nomination à la tête de l’armée de Terre en juillet 2019, il a fait l’unanimité », souligne Cédric Perrin, sénateur du Territoire de Belfort où est né le futur chef d’état-major.
Le Saint-Cyrien, qui a débuté sa carrière d’officier dans la Légion étrangère, au 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP), peut se prévaloir d’une vaste expérience de terrain. Il a ainsi été envoyé en Guyane, en Irak, en ex-Yougoslavie, au Tchad, au Gabon, en Côte d’Ivoire et en Afghanistan. En 2005, il devient l’un des adjoints du chef du Centre de préparation et de conduite des opérations (CPCO), d’où se pilotent toutes les opérations militaires françaises. Il en prendra le commandement en 2017. A partir de 2008, il commande durant deux années la prestigieuse 13e demi-brigade de légion étrangère (13e DBLE) à Djibouti. Mais les sphères plus feutrées du pouvoir ne lui sont pas étrangères. En 2013, il rejoint pendant deux ans à l’Elysée l’équipe du Coordonnateur national du renseignement.
A la fois charismatique et accessible, les poings sur les hanches quand il s’adresse à ses hommes, l’officier est aussi rompu à l’art de la communication, qu’il pratique de manière franche et directe. Adjoint au conseiller communication du chef d’état-major des armées de 2007 à 2008, il a aussi occupé la fonction de porte-parole de l’état-major de 2010 à 2013, année du lancement de l’opération Serval au Mali. Une inclination qui le prédispose à s’intéresser de près à la « guerre informationnelle » et aux moyens de contrer les campagnes de désinformation qui visent régulièrement les armées.
L’état-major devrait prochainement publier « une doctrine qui décrit nos actions en la matière et nous nous dotons des moyens permettant de mieux discerner les tentatives de manipulation de l’information contre nous », affirmait début juin le général Lecointre au Sénat. « C’est un champ dans lequel nous serons de plus en plus actifs ».

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