Le pôle métropolitain met en garde sur les risques du « zéro artificialisation nette »

Damien Meslot, président du pôle métropolitain Nord-Franche-Comté et président Les Républicains du Grand Belfort, a écrit un courrier à Éric Houlley, vice-président au conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, pour l’alerter sur les risques liés à la mise en place de la « zéro artificialisation nette », dans le cadre de la modification du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet).

Damien Meslot, président du pôle métropolitain Nord-Franche-Comté et président Les Républicains du Grand Belfort, a écrit un courrier à Éric Houlley, vice-président au conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, pour l’alerter sur les risques liés à la mise en place de la « zéro artificialisation nette », dans le cadre de la modification du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet).

Damien Meslot, président Les Républicains du Grand Belfort et président du pôle métropolitain Nord-Franche-Comté, l’accorde : « La perspective du zéro artificialisation nette constitue, pour notre territoire, un enjeu majeur. » Mais dans son courrier adressé à Éric Houlley, vice-président au conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, en charge de la cohésion territoriale, de la politique de la ville, des ruralités, des parcs naturels et des contrats de plan, il fait part aussi du « risque » et de son inquiétude  face à cette nouvelle réalité, prévue par la loi Climat et résilience, promulguée en août 2021 ; deux décrets d’application ont été publiés au printemps. Cette loi prévoit l’objectif de la zéro artificialisation nette en 2050, tout en fixant « un objectif intermédiaire de réduction de moitié du rythme de consommation d’espaces d’ici à 2031 », rappelle le média numérique spécialisé, actu-environnement.

Deux tiers de l’emploi liés à l’industrie

« Le profil de notre territoire, marqué par la prégnance de l’industrie, se matérialise par une dynamique foncière très singulière », écrit Damien Meslot dans ce courrier que Le Trois a pu consulter. « Les entreprises industrielles mettent en œuvre des stratégies d’implantation qui bousculent la géographie de l’activité économique que nous connaissions précédemment », peut-on lire. Celui qui est également maire de Belfort souligne les volontés de s’implanter au plus près des grands donneurs d’ordres ou à proximité des grands axes de communication, afin de fonctionner en « flux tendus, voire synchrones ». Ces demandes limitent par exemple les opportunités des vallées, qui accueillaient auparavant les industries ayant recours à la force hydraulique ; et les mutations de ces sites sont limitées car ils sont « désormais » soumis à des plans de prévention des risques d’inondation. Ailleurs, c’est le manque de foncier au sein des zones d’activités existantes qui est préjudiciable. « Seules quelques zones proposent des parcelles de plus de 10 ha, seuil nécessaire pour espérer accueillir des locomotives industrielles », relève Damien Meslot.

22 % des emplois du nord Franche-Comté sont liés au secteur de l’industrie. On estime qu’il entraîne deux autres emplois dans les autres secteurs d’activité. De fait, deux tiers de l’emploi de l’Aire urbaine « repose sur [la] capacité à préserver l’appareil productif et à lui donner la possibilité de se développer », analyse Damien Meslot. « Garantir un volume d’emploi stable ou en augmentation nécessitera fatalement d’artificialiser certains espaces naturels, agricoles et forestiers, car la modernisation et la numérisation des systèmes de production rendent les usines plus efficientes, redoute-t-il, avant d’ajouter : À production constante, le nombre de salariés à l’hectare se réduit. »

Des projets de renaturation lourds financer et pas suffisants

Le courrier souligne également que des friches ont déjà été restructurées et que d’autres sont en cours de réhabilitation. Dans le cadre du projet Écopolis, des études sont aussi en cours pour identifier des sites « où une remédiation de la pollution pourrait s’effectuer par phytomanagement et renaturation ». Une méthode actuellement testée sur l’ancien site industriel de Burgess Norton, à Vieux-Charmont.

« Ces projets de renaturation pourront (…) être valorisés dans le cadre de mesures compensatoires », admet-il, mais « ce ne sera pas suffisant », alerte-t-il, pour « couvrir les besoins fonciers des entreprises ». Il glisse également que ces programmes de renaturation sont coûteux pour les collectivités locales. Il réclame un soutien de la Région, de l’État et de l’Europe, sans quoi « il sera extrêmement difficile de requalifier ou renaturer tous les espaces dégradés du nord Franche-Comté ». Si ce dossier semble très technique, il est pourtant au cœur des futures politiques environnementales, d’aménagement du territoire et de développement économique.

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