Le pôle gérontologique Claude-Pompidou dévoile le nouvel Ehpad de Valdoie

En mai 2024, les résidents de l’Ehpad de la Rosemontoise vont déménager dans un établissement tout neuf, construit sur l’ancienne friche BBI, à Valdoie. Le pôle gérontologique Claude-Pompidou, qui gère la résidence, a présenté ce mercredi soir le projet aux familles.

En mai 2024, les résidents de l’Ehpad de la Rosemontoise vont déménager dans un établissement tout neuf, construit sur l’ancienne friche BBI, à Valdoie, comme nous le précisions fin octobre (notre article). Le pôle gérontologique Claude-Pompidou, qui gère la résidence, a présenté ce mercredi soir le projet aux familles.

« Notre ambition est de créer l’Ehpad de demain », insiste Robert Creel, directeur général du pôle gérontologique Claude-Pompidou, qui gère à Belfort les résidences Vauban et Pierre-Bonnef, ainsi que La Rosemontoise à Valdoie, depuis novembre 2020 (lire notre article). Dans cette dernière résidence, le pôle gérontologique est occupant sans droit ni titre depuis qu’il a récupéré la gestion de l’Ehpad à l’association Servir, alors que les locaux appartiennent à l’association fraternelle mennonite (AFM) ; aujourd’hui, l’association Servir refuse de transmettre le bail de location. Ils vont donc devoir partir, d’autant que l’état général de l’Ehpad ou son organisation intrinsèque ne sont pas optimales. Construire un nouvel établissement est donc une nécessité.

L’Ehpad s’installe sur un terrain d’1,5 ha à Valdoie, comme l’a présenté ce mercredi soir le docteur Jean-Bernard Braun, président du pôle gérontologique Claude-Pompidou, à l’occasion d’une soirée avec les familles des résidents de La Rosemontoise, à la résidence Pierre-Bonnef, à Belfort. Sur cette friche industrielle, occupée jusqu’en 2012 par BBI Peintures, le bâtiment sera composé d’un rez-de-chaussée et de deux niveaux, construit en symétrie autour d’un îlot central. Aujourd’hui, avec les différents bâtiments de La Rosemontoise, le personnel doit se répartir sur onze niveaux, laissant penser que l’encadrement n’est pas suffisant. En compactant le futur Ehpad, « on aura un taux d’encadrement plus fort et une meilleure ergonomie », explique Robert Creel. Une nécessité alors que les résidents accueillis dans les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehapd) sont justement de plus en plus dépendants, une conséquence notamment de la volonté du maintien à domicile. Les coûts de ce projet d’envergure doivent être maîtrisés insiste le pôle gérontologique, pour qu’ils ne se répercutent pas sur le prix de journée.

Plan du futur Ehpad de La Rosemontoise, sur la friche BBI à Valdoie, construit par le pôle gérontologique Claude-Pompidou. La Savoureuse est située en haut, sur la droite, du plan.

Vers l’autonomie énergétique

L’entrée dans le parc se fera par la rue Jean-Jaurès, à Valdoie, et l’entrée de la résidence sera orientée vers la Savoureuse. Des panneaux photovoltaïques seront installés sur le toit du bâtiment, d’importantes surfaces vitrées seront installées et un système géothermique sera déployé ; des canalisations vont descendre jusqu’à 150 mètres de profondeur. « Nous allons tendre vers un bâtiment en autonomie électrique et en chauffage et système de refroidissement », annonce Robert Creel. L’Ehpad, de près de 3 000 m2 d’empreinte au sol, va aussi s’inscrire dans un parc verdoyant. « Le parc de La Rosemontoise plait aux résidents », rappelle Robert Creel. Ils vont donc conserver l’idée, en installant également dans ce parc une scène extérieure pour faire venir des artistes et « donner de la vie ».

Car justement, « nous avons la volonté de faire un lieu de vie », insiste Robert Creel. « Comment aimerions-nous être pris en charge quand nous serons vieux ? » questionne-t-il, pour expliquer la réflexion entamée avec l’architecte sur la construction. « Il faut avoir le sentiment d’être chez soi », appuie-t-il. Au 1er et au 2e étage, dans chaque coin du bâtiment, 8 salons seront aménagés pour que les familles puissent se retrouver dans un espace plus intime ; il sera possible d’y manger en famille. L’Ehpad se doit aussi d’être ouvert sur l’extérieur ; le quartier doit pouvoir être imbriqué avec le lieu. « Il faut faire rentrer l’extérieur », ajoute Robert Creel. Une association pourrait par exemple organiser un évènement dans une salle d’activité de la résidence, à la condition que des résidents puissent être invités, afin de créer des liens intergénérationnels. « Les habitants du quartier doivent aussi se sentir chez eux dans l’établissement », insiste Robert Creel. Deux parkings sont prévus sur ce terrain, dont un pour les salariés, afin de ne pas générer de nuisance avec le voisinage sur le stationnement et faciliter l’intégration de la résidence dans le quartier.

Et le reste de la friche ?

Tandem, qui détenait le terrain, va vendre à une structure de promotion immobilière qui va viabiliser le terrain (dont la dépollution) et assurer la promotion de l’ensemble. L’Ehpad ne va pas occuper l’ensemble du site, en friche depuis 2012. Sur la dernière partie, il y a encore un point d’interrogation sur le projet. Selon nos informations, on évoque un supermarché, avec notamment le nom de Lidl qui circule. Mais des réflexions sont aussi menées pour construire de l’habitat, collectif ou non. Plusieurs options sont donc sur la table confirme-t-on au Trois et rien n’est arrêté pour cet espace qui se reconstruit à l’entrée de Valdoie. Aujourd’hui, l’heure est déjà à la déconstruction et à la dépollution.

Robert Creel, directeur général du pôle gérontologique Claude-Pompidou, présentant le nouvel Ehpad de Valdoie.

Les chambres feront 23,55 m2, relève Robert Creel, une taille supérieure à la moyenne dans les autres Ehpad. Certaines auront même une terrasse. Chaque chambre sera individuelle et sera dotée d’une salle de bain et de toilette. L’agrément prévoit toujours 127 places, entre la résidence permanente (112 lits), l’accueil de jour (10 places) ou l’accueil temporaire (5 lits). Sans changer le nombre total, l’unité de vie protégée, qui accueille notamment les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, passera de 12 à 21 places. Elle sera construite autour d’un patio, au rez-de-chaussée, totalement vitré, facilitant la déambulation des résidents et la surveillance par les équipes. Un patio est aussi envisagé au 1er étage, sur l’autre aile du bâtiment, pour amener lumière et verdure.

La construction de ce nouvel établissement crée un projet pour les salariés, malmenés depuis plusieurs mois. Travailler dans de bonnes conditions doit aussi faciliter les recrutements par la suite, dans un secteur en tension.

La construction du nouvel Ehpad de Valdoie est en route. Les démarches avancent. D’ici le printemps 2022, le site doit être désamianté, déconstruit puis dépollué. « La plateforme sera prête fin avril », projette Robert Creel. Les travaux pourront alors commencer au mois de mai 2022 envisage le directeur général. L’aménagement dans les nouveaux locaux est envisagé en mai 2024

« Nous avons trouvé une situation compliquée »

Les rapports des tutelles, à l’occasion des administrations provisoires, en 2020, faisaient froid dans le dos. L’état général de l’Ehpad de La Rosemontoise était déplorable. On notait « d’importants dysfonctionnements », comme nous l’avions alors révélé (notre article). « Nous avons trouvé une situation compliquée, confirme Robert Creel, directeur général du pôle gérontologique Claude-Pompidou, qui assure la gestion de la résidence depuis novembre 2020. C’était indécent. » Le bâtiment était totalement vétuste, ce que confirment des photos que Le Trois a pu consulter. « Les locaux n’étaient pas adaptés à la dépendance et le personnel ne travaillait pas en confort », rappelle-t-il. Des problématiques de légionnelle avaient aussi été signalées. Des centaines de milliers d’euros ont été investis ces derniers mois pour « des travaux confortatifs », pour répondre aux injections des tutelles et être en conformité avec la loi. Le hall a été refait, le sens de circulation revu, le vestiaire du personnel rafraîchi, un réseau informatique a été remis en place, avec un système autocom. « Il faut tenir encore 2 ans et demi », relève Robert Creel.

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