Le lycée agricole de Valdoie panse ses plaies [photos]

Un épisode de grêles a gravement touché les infrastructures du lycée agricole Lucien-Quélet, à Valdoie, le 18 août. Aujourd’hui, l’heure est aux expertises et à la reconstruction. Reportage.

Un épisode de grêles a gravement touché les infrastructures du lycée agricole Lucien-Quélet, à Valdoie, le 18 août. Aujourd’hui, l’heure est aux expertises et à la reconstruction. Reportage.

« Les plus gros grêlons faisaient la taille d’une mandarine », se souvient Vincent Dufraisse, proviseur du lycée agricole Lucien-Quélet, à Valdoie. Il habite à quelques pas de l’établissement, dans un logement de fonction. Il était au cœur de la tempête, ce dimanche 18 août, en fin d’après-midi. Dans ces logements, justement, la force de la grêle a cassé une dizaine de fenêtre de toit de type Velux, en double-vitrage !

Vincent Dufraisse, proviseur du lycée agricole Lucien-Quélet, de Valdoie (©Le Trois – Thibault Quartier).

Du côté de l’exploitation maraîchère et horticole de l’établissement, les dégâts sont lourds. Les toitures en verre armé des 600 m2 de serres en verre sont en grande partie cassées. Les réparations sont estimées à 95 000 euros. Elles seront menées cet automne, pour que les serres soient opérationnelles au mois de janvier, quand on y installera les premières plantations. À côté, les tunnels en toile sont criblés de trous et d’impacts. Pour remplacer les 2 000 m2 qu’ils représentent, la facture devrait atteindre 40 000 euros. 

« Quand le serriste est venu faire le devis pour installer les nouvelles serres, raconte Vincent Dufraisse, il m’a dit qu’il n’avait jamais vu une telle densité d’impacts en 20 ans de carrière. » C’est dire la violence de l’épisode climatique.

Des serres à réparer et à reconstruire

La grêle a aussi détruit les légumes plantés en plein champ. Un hectare de légumes perdus, complètement déchiquetés. Il y avait des courgettes, des melons, des patates douces, des pommes de terre ou encore des haricots. « Des légumes qui arrivaient à échéance », déplore le proviseur. Ils allaient être bientôt vendus au magasin de l’exploitation, ouvert au public, ou proposé à la cantine de l’établissement. La perte représente 25 000 euros. Les recettes de ces ventes permettent justement de faire vivre l’exploitation du lycée Lucien-Quélet. À la longue liste des dégâts, on peut ajouter les pare-brises cassés des véhicules stationnés à l’extérieur. Une douzaine. Aujourd’hui, les chiffres sont provisoires. Des expertises sont toujours en cours.

Cet événement a profondément touché les équipes du lycée. Comme ces deux Burkinabés, accueillis en services civiques depuis le printemps. Ils n’avaient jamais assisté à ce type d’événement climatique. « Ils étaient sidérés, hébétés, raconte le proviseur. En deux minutes, ils avaient perdu tout ce sur quoi ils travaillaient depuis plusieurs mois. » Comme souvent dans ces moments, un élan de solidarité s’est exprimé. Une quarantaine de personnes, connues ou non de l’établissement, sont venues nettoyer le lycée pour permettre la rentrée des classes. Un appel à l’aide avait été publié sur les réseaux sociaux. Il a été amplement relayé.

Le magasin Valdoie jardin vend des produits du terroir, ainsi que la production de l'exploitation horticole et maraîchère du lycée (©Le Trois – Thibault Quartier).

« On ne les laissera pas tomber »

« Ils ont su se relever les manches », a apprécié Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté. Elle s’est déplacée ce mardi 10 septembre au lycée Lucien-Quélet pour s’entretenir avec le proviseur sur ce dossier. « On ne les laissera pas tomber », assure-t-elle. Elle invite les Belfortains à soutenir le lycée en se rendant au magasin de produits locaux de 200 m2, ouvert en 2015. « C’est une activité nouvelle et prometteuse, mise en place dans un but de formation et qui illustre les circuits courts », relève, en conclusion de sa visite, la présidente de Région. Aujourd’hui, le lycée se relève. Les élèves sont en cours et l’exploitation se remet en marche petit à petit.

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