Le combat des salariés de GE embarrasse le Tour de France

Le passage du Tour de France dans le nord Franche-Comté, jeudi et vendredi, est l’occasion pour l’intersyndicale d’attirer l’attention sur le plan social en cours à General Electric et sur son combat pour l’annuler. Mais l’organisateur du Tour va-t-il le relayer auprès des téléspectateurs ?

Le passage du Tour de France dans le nord Franche-Comté, jeudi et vendredi, est l’occasion pour l’intersyndicale d’attirer l’attention sur le plan social en cours à General Electric et sur son combat pour l’annuler. Mais l’organisateur du Tour va-t-il le relayer auprès des téléspectateurs ?

Depuis plusieurs semaines, le Lion de Belfort, emblème de la cité et symbole de sa résistance, domine une bâche appelant au soutien des salariés de General Electric. Une communication façonnée par la Ville de Belfort. Cette bâche est aujourd’hui au centre de l’attention. Dérange-t-elle l’organisateur du Tour de France ? C’est ce que certaines voix susurrent.

La question est donc de savoir si le combat des salariés de General Electric aura de l’écho à l’occasion du passage du Tour de France dans le nord Franche-Comté, d’abord à proximité de Belfort le jeudi 11 juillet, puis au départ de la cité du Lion le vendredi 12 juillet. Les caméras du Tour vont-elles saisir la bâche installée sous le lion et expliquer la situation ? Ou va-t-on éviter de montrer cette lutte ? Pas facile, en tout cas, de filmer le lion sans la bâche. Et de filmer Belfort, sans montrer son lion. Des échanges ont eu lieu entre l’organisateur du Tour, Amaury Sport Organisation (ASO), et le cabinet de la Ville de Belfort à ce sujet. A-t-on demandé de retirer cette communication ? Les sources se contredisent. Mais un proche du dossier confirme que la question a été simplement adressée à l’organisateur de l’épreuve, mais que ce choix revient à France TV, le diffuseur officiel en France, de filmer ou non cette banderole. « Nous n’avons pas de retour », nous confirme-t-on au cabinet du maire. Ce que l’on sait, c’est que la bâche sera laissée par la mairie à son emplacement lors du départ du 12 juillet, confirme cette même source ; elle ne sera retirée que vendredi après-midi, pour pouvoir organiser le feu d’artifice, organisé samedi 13 juillet. La question reste de savoir si les caméras de la télévision publique passeront dessus. Contractuellement, les collectivités participantes au Tour s’engagent auprès de l’organisateur vis-à-vis des communications visibles à l’occasion du passage des coureurs. Un cadre générique visant à ne pas faire du Tour une tribune politique ou un support publicitaire à ceux qui ne sont pas les soutiens officiels du Tour de France.

Accord ou non, il y aura des actions

Selon nos informations, le directeur du Tour, Christian Prudhomme, devait s’entretenir avec l’intersyndicale ce mardi pour évoquer les actions et la couverture médiatique. Mardi soir, l’intersyndicale n’avait pas échangé avec l’organisateur du Tour, mais celui-ci avait tenté de les joindre. L’intersyndicale organise ses assemblées générales ce mercredi 10 juillet et non vendredi, comme de coutume. À l’ordre du jour, notamment, les actions envisagées en fin de semaine… Elle compte bien profiter de l’exposition médiatique du Tour de France pour sensibiliser sur son combat, que ce soit sur l’étape de jeudi entre Mulhouse et la Planche des Belles-Filles, qui passe par le ballon d’Alsace, ou vendredi, à l’occasion du départ de la 7e étape, à Belfort. Les salariés veulent construire une séquence médiatique à l’occasion de ces deux journées. Les modalités d’actions seront discutées ce mercredi, sachant qu’une partie de la base appelle à des actions plus fermes. « Il y aura des actions, avec ou sans l’accord du Tour », assure un salarié de l’entité turbines à gaz.

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