Last Train : « Le rock peut être beau et élégant »

Les Alsaciens de Last Train ont enflammé la Grande scène, ce samedi soir. Un moment de pur bonheur pour ce groupe né à une dizaine de kilomètres de la presqu’île du Malsaucy. Un rêve devenu réalité. Une date qui ponctue une ascension pour cet étendard de la scène rock francophone.

Les Alsaciens de Last Train ont enflammé la Grande scène, ce samedi soir. Un moment de pur bonheur pour ce groupe né à une dizaine de kilomètres de la presqu’île du Malsaucy. Un rêve devenu réalité. Une date qui ponctue une ascension pour cet étendard de la scène rock francophone. Rencontre. – mis à jour le 3 juillet à 13h20.

On les avait laissés en juillet 2019. Au terme d’un projet, au Malsaucy, qui célébrait le festival, alors que la crise sanitaire avait eu raison de son maintien. Ils avaient tourné un clip dans une fresque monumentale dessinée par l’artiste belfortain Saype (lire notre article). Il venait de terminer leur 2e album. Il devait le partager avec le public. Et la covid-19 les avait rattrapés.

Trois ans plus tard, on les retrouve. Si le sort s’est acharné contre le festival, avec l’annulation des deux premières journées, il a quand même réussi à ouvrir. Battus par les flots, il ne rompt pas. Et Last Train a pu se produire. Enfin. Ce groupe aux déjà 500 dates est un passionné de la scène. Il vibre avec. « On restera un groupe de scène », insiste Julien, guitariste et vidéaste du groupe, mais surtout le porte-parole du groupe pour les questions liées au Football-club Sochaux-Montbéliard ! Ce moment de communion, de partage et de dévouement est ancré viscéralement dans la peau de ces quatre jeunes hommes. « Ça nous manquait d’être au contact des gens, de les rencontrer, de discuter avec eux », avoue-t-il. Last Train enchaîne à présent les dates. Ils étaient à Chambéry (Savoie) vendredi. Ils seront au Main Square Festival d’Arras, ce dimanche (Pas-de-Calais). Le live, c’est un échange. C’est vivant. « C’est un aller-retour d’énergie », image Jean-Noël Scherrer, le guitariste et chanteur. Le groupe vient de signer son premier Olympia, au mois de mars. Si la crise sanitaire a repoussé leur prestation aux Eurockéennes, elle n’a pas totalement ralentie son ascension.

Tout en longueur

Plus que le retour de la scène, les quatre jeunes hommes ont surtout accompli un rêve en se produisant sur la presqu’île du Malsaucy. En 2020, Jean-Noël Scherrer confiait que les Eurockéennes étaient « leur festival de cœur ». En 2016, ils avaient déjà goûté un peu à ce rêve, en se produisant sur la scène de la Loggia. « On a grandi à 20 km », souffle la bande, qui s’est rencontrée au collège Jean-Monnet de Dannemarie, dans le Haut-Rhin, pour expliquer ce lien charnel avec les Eurockéennes de Belfort. Dès qu’ils ont eu « l’autorisation des parents », dixit Antoine Baschung, ils sont venus découvrir ce festival et ses têtes d’affiche. « On a appris à aimer cette ambiance, le camping… » sourit-il, avant que Julien n’ajoute : « Une année, on jouait à Bordeaux en même temps que les Eurockéennes. On est revenu dès le lendemain pour faire les Eurocks en tant que festivalier. » Des passionnés. Des vrais.

[ En images ]

Photos prises par Le Trois – Sam Coulon

Cette passion transpire dans leur musique. Une musique singulière, teintée des canons du rock, mais d’une profondeur épique. Les morceaux durent et s’émancipent des carcans du temps. Déjà, avec Fire, l’un des premiers morceaux, cette longueur existait. Cette dynamique mélodique aussi. L’introduction prenait tranquillement par la main l’auditeur pour l’emmener dans le morceau. On retrouve cette idée dans le morceau The Big picture, qui dure 10 minutes. « On aime bien les titres qui mettent du temps à s’installer », observe Jean-Noël. Ils aiment les musiques d’ambiance, les musiques de film. On sent l’épopée, qui leur ressemble. « On galère plus à faire un titre de 3 minutes que de 10 minutes », sourit Antoine. Leur musique est une esthétique. Est esthétique. Ils prennent le temps. Ils réfléchissent. Ils doivent s’y sentir bien. « Le rock peut être beau. Il peut être élégant. Il peut être fédérateur », estime Jean-Noël. Last Train fait une synthèse et impose une marque. Un discours. Un ton organique et spontanée. Mais une ambiance enivrante, qui tranche avec les clichés du genre. À l’heure où le hip-hop et l’électro se taillent la part du lion, Last train trace sa route et pose ses marques. Revendique-t-il quelques chose ? « C’est notre moyen d’expression », répond simplement Jean-Noël. Et Timothée de dire qu’ils ne veulent pas être catégorisés ou classés. Ils s’expriment. Le rock est « légitime », ajoutent-ils simplement. Cette liberté, ce ton, ils l’ont gardé en se lançant dans un projet créatif tout aussi singulier : la réalisation d’une court-métrage, tout en musique. Une véritable introspection, où l’on questionne la dualité humaine. Notamment. On mesure alors la dimension cinématographique du groupe. Le poids aussi de leur discours. De leur poésie. La profondeur de leur musique. Et l’émotion qui en ressort.

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