L’activité reprend à GE, les syndicats votent un délit d’entrave

Un accord évitant les délocalisations est envisagée avec signature vendredi.

Une centaine d’ouvriers a repris le chemin des ateliers, ce lundi matin, malgré le dépôt d’une nouvelle procédure de danger grave et imminent (DGI), vendredi, par l’intersyndicale Sud, CGT et CFE-CGC. Cet après-midi, les membres du comité social et économique (CSE) ont donc adopté un délit d’entrave.

Une centaine d’ouvriers a repris le chemin des ateliers, ce lundi matin, malgré le dépôt d’une nouvelle procédure de danger grave et imminent (DGI), vendredi, par l’intersyndicale Sud, CGT et CFE-CGC. Cet après-midi, les membres du comité social et économique (CSE) ont donc adopté un délit d’entrave. Qui ouvre la porte à une procédure judiciaire.

L’intersyndicale CFE-CGC, CGT et Sud Industrie a lancé, vendredi, une procédure de danger grave et imminent (DGI), sur les conditions de reprise d’activité dans l’entité turbines à gaz de General Electric, à Belfort. Ce lundi matin, l’activité a tout de même été relancée. Partiellement. L’activité avait été suspendue mardi à la suite d’un droit de retrait exercé par 250 salariés inquiets pour leur santé.

Ce lundi matin, près d’une centaine d’ouvriers étaient présents à Bourogne et Belfort, notamment au magasin, dans l’atelier turbine sur socle et au rotor relève Cyril Caritey, de la CGT. « La direction a priorisé des affaires, complète Philippe Petitcolin, secrétaire du comité social et économique (CSE) et membre de la CFE-CGC. Tous les secteurs travaillent, mais en effectif réduit. Ils n’ont pas fermé un secteur. »

Face à cette situation, les membres du CSE ont décidé de soumettre au vote, ce lundi après-midi, un délit d’entrave. Il a été approuvé à l’unanimité des membres. « Nous avons un mandat pour aller en justice », explique Philippe Petitcolin. Vont-ils y aller ? Sous quelles modalités ? Ces questions ne sont pas encore tranchées, sachant que les tribunaux travaillent également à vitesse réduite.

Pas de conditions sanitaires suffisantes

« Nous sommes au cœur de la crise sanitaire et on n’a pas encore atteint le pic, dénonce Philippe Petitcolin, qui poursuit : Et on nous dit que pour sauver des vies, il faut rester à la maison. » Philippe Petitcolin s’étonne surtout que l’on se pose cette question de la poursuite d’activité alors qu’il y a « des cas avérés dans l’entreprise », certifie-t-il. D’autant que pour lui et ses acolytes syndicaux, « le caractère essentiel à la vie de la nation » de l’activité de General Electric reste à prouver. « En tant qu’acteur stratégique dans le domaine de l’énergie, écrivait la semaine dernière la direction, nous devons assurer la continuité de la production et de nos activités de services pour répondre aux besoins vitaux de nos clients en France et dans le monde. »

« Nous ne sommes ni des pompiers, ni des fabricants d’aspirateurs [respiratoires] », répond Philippe Petitcolin, qui relève qu’aucune centrale française n’a besoin de composants fabriqués à Belfort. Pour lui, la direction souhaite surtout enregistrer « un maximum de business » avant le 31 mars, fin du 1er trimestre, où elle publie des résultats. La semaine dernière, sur France Inter, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, avait déclaré qu’il était « essentiel que le pays ne soit pas à l’arrêt». Il avait également précisé, rappelle Le Figaro : « Nous voulons que l’activité économique se poursuive dans des conditions de sécurité sanitaire strictes. » Sur les conditions d’exercice de l’activité, les membres du CSE se sont justement prononcés, à l’unanimité, contre les mesures complémentaires de sécurité sanitaire proposées par la direction à la suite de la procédure du DGI.

Pour répondre à cette reprise d’activité, on évoquait la semaine dernière la piste du volontariat. « C’est du pseudo-volontariat », critique Cyril Caritey, qui glisse que certains ont reçu « des pressions ». Selon le syndicaliste, sur conseil de la CGT, certains ouvriers ne se sont pas rendus au travail ce lundi matin.

Sollicitée, la direction n’a pas répondu.

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