La présidente de l’office de tourisme du pays de Montbéliard claque la porte

La présidente de l’office de tourisme du pays de Montbéliard claque la porte

Le dernier conseil communautaire a laissé des traces. On a évoqué ce mercredi le retrait des délégations aux vice-présidents Nicolas Pacquot et Nadine Mercier. Lundi, c’était la présidente de l’office du tourisme, en poste depuis seize ans, qui a décidé de jeter l’éponge, las « du mépris » de Charles Demouge, président Les Républicains de Pays de Montbéliard Agglomération.

Le dernier conseil communautaire a laissé des traces. On a évoqué ce mercredi le retrait des délégations aux vice-présidents Nicolas Pacquot et Nadine Mercier (notre article). Lundi, c’était la présidente de l’office du tourisme, en poste depuis seize ans, qui a décidé de jeter l’éponge, las « du mépris » de Charles Demouge, président Les Républicains de Pays de Montbéliard Agglomération.

Les exemples du manque d’ambition politique autour du tourisme sont nombreux dans le pays de Montbéliard. Les raisons d’être las également. Citons par exemple cette agence commanditée par Pays de Montbéliard Agglomération pour plusieurs dizaine de milliers d’euros, pour définir le dernier schéma touristique (2019-2021), « au lieu de le faire en concertation avec l’office de tourisme », regrette Hélène Brandt, la désormais ex présidente de l’office de tourisme du pays de Montbéliard. Un office qui dispose pourtant « d’une vue sur le territoire » et de « compétences ». « On n’est pas obligé de prendre une agence pour rapporter des choses que tout le monde sait, glisse Hélène Brandt. Cela nous met hors de nous de voir cet argent dépensé, alors qu’il serait utile au territoire. » Le message est passé.

De ces situations, le plus regrettable est « le mépris », tance la présidente, en poste depuis 2005. Un mépris une nouvelle fois observé lors du dernier conseil communautaire (notre article) ; cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Elle a décidé de renoncer à sa charge et de dénoncer une situation ubuesque autour de la politique touristique du pays de Montbéliard. « Je ne pensais pas partir dans ces condition; cela me fait mal au cœur », glisse Hélène Brandt, profondément marquée par la situation.

« Le capital d’un office de tourisme, c’est l’humain »

L’office du tourisme de pays de Montbéliard compte aujourd’hui 4 personnes pour 142 000 habitants et 72 communes. « Ce n’est plus possible », confie au Trois Hélène Brandt, jointe par téléphone. Surtout que l’office de tourisme a compté jusqu’à 10,5 équivalent temps plein, avant 2015, date de changement de gouvernance et de baisse de subventions. Des mécaniques de baisses qu’elle prend le temps de détailler dans sa lettre de démission. « Depuis plusieurs années, les baisses budgétaires nous ont successivement conduit à licencier, prendre sur nos réserves propres et avons même frôlé la procédure d’alerte par le commissaire au compte », écrit-elle dans la lettre, que Le Trois a pu consulter. « Rapidement, nous sommes montés au créneau pour faire part de nos difficultés et pour avoir des moyens », confie cette ancienne salariée de PSA. Mais le sentiment persiste de ne pas avoir d’écoute. « Il [Charles Demouge] s’est toujours braqué au sujet du tourisme », déplore-t-elle.

Cette année, l’office de tourisme avait sollicité une subvention de 250 000 euros supplémentaire. La commission n°6 de Pays de Montbéliard Agglomération avait accepté cette enveloppe. Mais le président a arbitré, ce ne sera que 50 000 euros. « Pourquoi avoir des commissions si on ne les écoute pas », questionne la présidente. Ce n’est pas avec cela que l’office de tourisme va pouvoir se renforcer comme il se doit. « Le capital d’un office de tourisme, c’est l’humain », poursuit Hélène Brandt, qui est au bureau de l’office du tourisme depuis plusieurs décennies. Des personnes qui permettent de « promouvoir » et de « vendre » le territoire, générant ainsi des retombées économiques. Le tourisme, ce sont 1 350 emplois directs dans l’agglomération et 19,6 millions d’euros de chiffre d’affaires générés par les séjours hôteliers, en 2019, rappelle une étude présentée par le groupe Indépendants et solidaires.

Emplois non délocalisables

L’office de tourisme tourne avec un budget de 600 000 euros, quand la moyenne de structures des villes comme Montbéliard avoisine plutôt le million d’euros et 13 emplois. Épinal, qui est une ville équivalente, compte douze employés et un million d’euros de budget. Belfort, qui a une dimension départementale, mais une population similaire, dispose de douze personnes.

Les voix sont nombreuses pour souligner que le tourisme pourrait justement être soutenu dans cette crise sanitaire et que cela pourrait être un bras armé de la relance du territoire. « On a tout pour réussir, mais on a un manque d’ambition politique », souffle une source bien au fait de ces dossiers. « Ne pas donner à l’office de tourisme, ce n’est pas un bon calcul », enchaine Nicolas Pacquot, vice-président de Pays de Montbéliard Agglomération, du groupe Indépendants et solidaires, et qui vient de se faire retirer sa délégation. « On a un président qui dit qu’il faut développer le tourisme, mais qui ne met pas les moyens en face », critique-t-il, rappelant que ce sont pourtant des emplois non délocalisables. « C’était le moment ou jamais de mettre les moyens. » Renforcer Montbéliard permettait aussi, à moyen terme, d’envisager un travail plus étroit avec Belfort. D’égal à égal. Pour valoriser le nord Franche-Comté.

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