Jonathann Daval renvoyé aux assises pour « meurtre sur conjoint »

Jonathann Daval, qui avait avoué le meurtre de son épouse Alexia en 2017, va être jugé devant les assises de la Haute-Saône pour « meurtre sur conjoint », des faits passibles de la réclusion à perpétuité, a indiqué mercredi à l’AFP son avocat, Me Randall Schwerdorffer.

Après plus de deux ans d’instruction, place au procès : Jonathann Daval, qui avait avoué le meurtre de son épouse Alexia en 2017, sera jugé cette année pour « meurtre sur conjoint » devant les assises de la Haute-Saône où il encourra la réclusion criminelle à perpétuité (MAJ le 8 janvier 2020, à 19h04).

« La juge d’instruction a rendu lundi son ordonnance de mise en accusation (…) devant la cour d’assises de Haute-Saône pour « homicide conjugal », conformément à mes réquisitions » formulées en décembre, a indiqué à l’AFP le procureur de la République de Vesoul, Emmanuel Dupic. L’AFP confirme une information diffusée initialement par Le Parisien. Selon l’avocat de Jonathann Daval, Me Randall Schwerdorffer, contacté par l’agence de presse, le procès pourrait se tenir devant les assises de la Haute-Saône, à Vesoul, « fin mai ou courant juin ». « Il y aura un procès courant 2020 mais nous n’avons pas encore la date », a tempéré de son côté Emmanuel Dupic.

Dans son ordonnance, la juge, qui a clos son instruction fin novembre, n’a pas retenu la préméditation qui aurait valu un renvoi pour assassinat. Mais à l’issue de l’enquête, elle a jugé les éléments trop peu probants pour retenir cette qualification, a souligné Me Schwerdorffer.

Rapport sexuel

Alexia Daval, une employée de banque de 29 ans, avait été retrouvée morte, dissimulée sous des branchages et partiellement brûlée, le 30 octobre 2017 en Haute-Saône. Son mari Jonathann, un informaticien aujourd’hui âgé de 35 ans, s’était d’abord fait passer pendant trois mois pour un époux éploré, sans nouvelles de sa femme partie faire son jogging, avant de reconnaître l’avoir frappée et étranglée dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017 à leur domicile de Gray-la-Ville (Haute-Saône), lors d’une violente querelle conjugale.

À l’issue d’une reconstitution du meurtre effectuée le 17 juin dernier, Jonathann Daval avait admis avoir procédé à la crémation partielle du corps d’Alexia dans un bois voisin. À l’origine de la dispute, selon Jonathann Daval : « un rapport sexuel », réclamé par Alexia, qui prenait à cette époque un traitement de stimulation de la fertilité pour essayer d’avoir un enfant, mais qu’il avait refusé. « Je l’ai étranglée, l’ai frappée pour qu’elle se taise », a-t-il dit à un expert psychiatre, évoquant une compagne « violente en paroles et en actes » et qui « l’humiliait ».

Dans son ordonnance, la juge d’instruction a également rejeté les demandes formulées récemment par les proches d’Alexia : ces derniers, convaincus que Jonathann a tenté d’empoisonner sa femme « à petit feu », avaient réclamé de nouvelles expertises relatives à des substances retrouvées lors de l’autopsie dans le corps de la jeune femme.

"Extrêmement difficile à vivre"

« Les causes de la mort (d’Alexia) sont connues : elles résultent de l’étranglement continu de la victime et non pas d’un empoisonnement », a insisté Emmanuel Dupic, qui avait également requis le rejet de cette demande. Autre déception pour les parties civiles : elles avaient demandé à ce que les poursuites à l’encontre de Jonathann Daval soient étendues aux chefs de « modification de la scène de crime » et « atteinte à l’intégrité d’un cadavre », Jonathann Daval ayant avoué avoir voulu brûler le corps de sa femme. Là encore, la juge d’instruction leur a opposé un refus. Selon Me Schwerdorffer, « reste en suspens un problème de qualification entre « violences volontaires » et « meurtre » sur conjoint, les premières étant moins sévèrement réprimées. Cette question fera partie des débats « juridiquement ouverts » devant la cour d’assises », a-t-il prévenu. Jonathann Daval « attend son procès », a expliqué Me Schwerdorffer. « C’est long et extrêmement tendu comme situation (…) C’est une attente extrêmement difficile à vivre. »

En moyenne en France, une femme est tuée tous les trois jours par son compagnon ou ancien compagnon. Selon un décompte provisoire de l’AFP, au moins 123 femmes ont été tuées en 2019 par leurs compagnons ou leur ex. Pour 2018, le gouvernement a recensé 121 femmes tuées dans le cadre de violences conjugales.

 Avec l’AFP (Angela Schnaebele, avec Damien Stroka)

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