Industrie : dernière ligne droite pour le collectif Ciibel

Le collectif d’innovation industrielle Belfort (Ciibel), lancé à la suite du plan social à General Electric, arrive au terme de sa procédure de sélection et de travail des projets industriels. Sept seront présentés à un jury qui doit valider la faisabilité le 29 novembre.

Le collectif d’innovation industrielle Belfort (Ciibel), lancé à la suite du plan social à General Electric, arrive au terme de sa procédure de sélection et d’élaboration des projets industriels. Sept seront présentés à un jury qui doit valider la faisabilité le 29 novembre, à la CCI de Belfort.

Depuis l’été, le collectif Ciibel porte plusieurs idées : celle de se mobiliser pour construire un avenir industriel à Belfort ; lutter contre la fatalité ; et retenir les talents. Il a d’abord lancé une plateforme de collecte compilant des idées de projets industriels. 80 ont été collectés fin août. Il a ensuite sélectionné plusieurs projets. Ils ont été travaillés en équipe pour les rendre viable économiquement et structurer le projet. Entre vingt et trente personnes ont participé aux réunions. « Il y a deux catégories de projets, note Frédéric Vadot, l’animateur du collectif. Ceux qui sont co-construits par le groupe, il y en a quatre, et ceux qui sont une offre de PME existantes, au nombre de trois. » Les projets des PME ont été ajoutés en cours de procédure.

Le 29 novembre, les sept projets seront présentés à un jury, « qui étudie la faisabilité », explique Frédéric Vadot. Ce jury est composé de deux entrepreneurs envoyés par la Banque publique d’investissement (BPI), des représentants du pôle Véhicules du Futur, d’un représentant d’Aire urbaine investissement, de la chambre de commerce et d’industrie (CCI). Le jury sera présidé par Dominique Balduini, de la Vallée de l’Énergie. Le jury va noter les projets et les classer. Il y a ensuite la délibération.

Stimuler la création d’entreprises

Ces projets pourront être éventuellement présentés au fonds Maugis, constitué avec la pénalité de 50 millions d’euros que doit payer General Electric pour ne pas avoir créer 1 000 emplois, comme le prévoyait une partie de l’accord signé en novembre 2014 pour le rachat de la branche énergie d’Alstom. « Qui est plus légitime pour toucher ces fonds que des salariés de GE qui veulent créer une activité », questionne à ce titre Frédéric Vadot. Selon un article de L’Opinion, datant de 2015, les salariés touchés par un plan social se tournent à 30 % vers la création d’entreprises. C’était 5 % il y a 10 ans. « Ciibel est la tête de pont de cette vague de créations », note l’animateur.

Le collectif a lancé une dynamique. Et il ne veut pas la perdre. Il envisage, l’an prochain, de créer une Startup week-end, à l’image de ce qui se fait à Mulhouse. « Le Startup Weekend sert d’accélérateur à des projets d’entreprises, d’auto-entrepreneurs, d’associations… Peu importe le format, l’important est de vouloir créer quelque chose qui n’existe pas encore ! » détaillent les organisateurs de cet évènement mulhousien. Les groupes ont 54 heures pour monter un projet et le soumettre à un jury.  Ensuite, un diagnostic est fait aux équipes. Et l’aventure pourra se poursuivre. « Nous voulons instituer un évènement de création et d’intelligence collective qui manque à Belfort », termine Frédéric Vadot. Le projet devrait être développé avec l’Esta. Pour pérenniser ce souffle industriel.

Les sept projets présentés

  • Maison auto-éco-nome : c’est la création d’un bureau d’ingénierie qui proposera des solutions pour rendre son habitation autonome et économe en énergie. Il mettra en relation avec les entrepreneurs.
  • Propulsion hydrogène : cela consiste à développer un moteur électrique fonctionnant à l’hydrogène installé sur la remorque d’un semi-remorque, afin de rendre cet élément autonome pour le manœuvrer sans le tracteur. Cela permet aux chauffeurs de ne pas perdre de temps. Et sur la route, cela pourrait aider à la propulsion.
  • Fabrication additive : C’est une solution pour les PME afin de créer, prototyper, voire usiner des pièces, en métal, grâce à la technologie de la fabrication additive. Contrairement à des projets anciens, l’idée est de partir de la pièce. « C’est un travail à façon », analyse Frédéric Vadot.
  • Anankè : la start-up belfortaine s’associe à Ciibel pour accélérer leur projet vers la production. Un projet qui consiste à récupérer la fumée issue d’une production industrielle pour les transformer en énergies.
  • Xydrogène : Une entreprise qui va proposer des diagnostics pour l’énergie. Le projet repose sur une plateforme numérique, une base de données de fournisseurs. C’est un logiciel qui permet également de faire des enchères inversées.
  • Jet Elec : On évoque un système électrique dans un réacteur d’avion. Des dépôts de brevet sont évoqués sur cette technologie. Les porteurs du projet restent discrets.
  • ITCE : Ingénierie tout corps d’état. Un bureau qui veut s’installer à Belfort et veut recruter des ingénieurs.
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