Hydrogène : Optymo sélectionne les bus belges Van Hool

Le réseau urbain belfortain Optymo fera rouler sept bus fonctionnant à l’hydrogène dès 2023. Si l’expérience est concluante, vingt nouveaux bus seront acquis pour 2025. Présentation de ce modèle, conçu par le Belge Van Hool.

Le réseau urbain belfortain Optymo fera rouler sept bus fonctionnant à l’hydrogène dès 2023. Si l’expérience est concluante, vingt nouveaux bus seront acquis pour 2025. Présentation de ce modèle, conçu par le Belge Van Hool.

C’était un sacré défi pour le réseau de bus Optymo : faire cohabiter une volonté politique à des contraintes opérationnelles ! Vouloir acheter des bus électriques roulant grâce à une pile à combustible alimentée par de l’hydrogène est une chose. Que ces véhicules répondent au cahier des charges d’exploitation en est une autre. Car Optymo ne crée pas une ligne « hydrogène ». Cette transition vers une flotte 0 émission de CO2 n’est pas une vitrine. Il intègre des bus à son réseau existant. « Ces bus seront affectés à n’importe quelle ligne », observe Marc Rovigo, directeur général du syndicat mixte des transports en commun (SMTC) du Territoire de Belfort, opérateur du réseau. Ils doivent répondre « aux besoins en termes de capacité », ajoute-t-il, notamment aux heures de pointe.

Le Belge Van Hool répond à ces exigences. L’autre fabricant de bus hydrogène, le Français Safra avec son modèle Businova, répondait moins à ces contraintes opérationnelles du réseau. Optymo a acquis le dernier né du constructeur flamand, le Van Hool A12, pas encore en circulation. Les bus seront dotés de trois portes pour faciliter la circulation dans le véhicule et assurer la fluidité pendant les heures de pointe. « S’il n’y a pas de troisième porte, il n’y a pas d’échappatoire, remarque Yannick Monnier, directeur de la régie des transports du Territoire de Belfort (RTTB), qui exploite le réseau. Les gens ne vont donc pas au fond du bus. » On enregistre alors des problèmes de capacité. Autre souhait des commanditaires : disposer d’un plancher bas et totalement plat, sans marche. Cela réduit les risques de chute tout en favorisant la fluidité de circulation dans le bus.

400 km d’autonomie

Ces nouveaux bus mesurent 12 mètres de long et pèsent 13,3 tonnes, contre 11,5 tonnes pour les bus hybrides achetés à Man, en 2019 (notre article). Le véhicule dispose d’une motorisation électrique, issue d’une pile à combustible alimentée par de l’hydrogène. La puissance de la chaîne de traction est de 210 kW, « soit 285 chevaux, l’équivalent des véhicules diesel actuels », compare Yannick Monnier. « Nous avons été surpris par le couple, raconte-t-il. Ç’a de la patate, tout de suite. » Le bus est aussi beaucoup plus silencieux. « Pour l’environnement urbain, c’est un vrai confort », relève Franck Mesclier, directeur du développement du SMTC.

La solution hydrogène répond aussi au besoin d’autonomie des bus. Aujourd’hui, le service le plus long du réseau est de 390 km ; c’est la ligne 3, qui relie Valdoie à la gare TGV et à Châtenois-les-Forges. En moyenne, les bus parcourt 250 km par jour. Les bus électriques à batterie ne permettent pas de répondre à cette contrainte. La technologie électrique liée à une pile à combustible alimentée par de l’hydrogène, oui. L’autonomie avancée par le constructeur est de 400 km. Autre avantage de l’hydrogène : le plein du véhicule se fait en une dizaine de minutes, alors que la recharge d’une batterie est beaucoup plus longue. Des études ont été menées « aux conditions belfortaines », dixit Yannick Monnier, pour savoir si les bus étaient adaptées aux contraintes locales. Selon le constructeur, les véhicules vont consommer 9 kg d’hydrogène au 100 km.

L’hydrogène des bus sera fourni par la station Hynamics, installée juste à côté des locaux de la RTTB, à Danjoutin (lire notre article). Hynamics s’engage à fournir un hydrogène vert. Les chauffeurs pourront faire le plein chaque soir à la station, qui ne sera plus dans le périmètre de la régie. Une première dans l’histoire du réseau.

Plan de masse de la station hydrogène d'Hynamics, à Danjoutin (©Hynamics).

27 bus en 2025

L’arrivée de ces nouveaux bus « est un changement fondamental », confie Yannick Monnier. À la base, les mécaniciens de la régie sont des dieselistes. Ils sont déjà passés au GPL. Ils ont découvert l’électrique sur les bus hybrides. Mais, cela va plus loin avec ce nouveau système hydrogène. Des formations vont être dispensées aux mécaniciens, mais aussi à l’ensemble du personnel pour appréhender la sécurité liée à l’hydrogène. L’atelier va être adapté. De nouveaux capteurs seront installés. Un système de ventilation, géré automatiquement, est aussi prévu, en cas de fuite.

La première phase de ce projet s’élève à 5,3 millions d’euros. Elle comprend l’achat des bus, l’adaptation de l’atelier, les formations et les garanties. Des subventions ont été accordées au projet. Si cette première phase d’expérimentation est concluante, vingt nouveaux bus hydrogène seront acquis par le réseau Optymo. Ils seront en service en 2025. La moitié de la flotte de bus du réseau urbain sera alors motorisée avec des bus hydrogène.

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