Danjoutin : la station hydrogène en service au printemps 2023

La station hydrogène d’Hynamics qui alimentera les futurs bus hydrogène d’Optymo doit sortir de terre en 2022 et être mise en service au printemps 2023. Deux phases de développement sont prévues. Située à Danjoutin, à côté du dépôt de bus, la plateforme doit s’étendre sur 5 000 m2. Entretien avec Stéphane Manginot, responsable du pôle mobilité chez Hynamics.

La station hydrogène d’Hynamics qui alimentera les bus hydrogène d’Optymo doit sortir de terre en 2022 et être mise en service au printemps 2023. Deux phases de développement sont prévues. Située à Danjoutin, à côté du dépôt de bus, la plateforme doit s’étendre sur 5 000 m2. Entretien avec Stéphane Manginot, responsable du pôle mobilité chez Hynamics.

Jour après jour, le déploiement de l’hydrogène devient réalité. Particulièrement dans le nord Franche-Comté. On parle d’écosystème, de filière, de briques industrielles. « C’est un puzzle que nous devons assembler », explique Stéphane Manginot, responsable du pôle mobilités chez Hynamics, une filiale d’EDF dédiée à l’hydrogène et issue de leur incubateur de start-up EDF Pulse croissance. Il pilote le projet danjoutinois. Depuis la rentrée 2020, les planètes s’alignent. Le Gouvernement a annoncé 7,2 milliards d’euros pour accompagner son déploiement. L’Union européenne a embrayé. Des subventions ont été confirmées aux projets du nord Franche-Comté.

Mais ces mots ne sont pas forcément toujours palpables pour le grand public. Dès 2023, cette technologie deviendra plus concrète. Les Belfortains pourront monter dans un bus du réseau urbain Optymo ne rejetant que de l’eau et fonctionnant grâce à l’hydrogène-énergie. Ces bus doivent être choisi par le syndicat mixte des transports en commun (SMTC) avant l’été.

Ces véhicules iront « à la pompe » à Danjoutin, juste à côté du dépôt de bus de la régie des transports du Territoire de Belfort (RTTB), qui gère la flotte, au pied des rails de la ligne Belfort-Mulhouse. Début avril, une subvention européenne a été confirmée pour la construction de cette station portée par Hynamics, qui propose des solutions clé en main (notre article). « Nous investissons pour nos clients dans les infrastructures nécessaires et supervisons, exploitons et assurons la maintenance d’installations sécurisées 24h/24 », détaille l’entreprise. Au mois de septembre, la filiale d’EDF mettra en service une station à Auxerre (Yonne), qui alimentera cinq bus hydrogène du constructeur français Safra, ainsi que des véhicules utilitaires.

400 kg d’hydrogène par jour

La station de Danjoutin se divise en deux phases. La première étape consiste à installer un électrolyseur d’une puissance d’1 MW, capable de fabriquer 400 kg d’hydrogène par jour ; cette première étape doit alimenter les 7 premiers bus hydrogène de la flotte Optymo, ainsi que les premières demandes des industriels locaux, comme Faurecia ou Gaussin. Cette puissance d’1 MW équivaut à la consommation électrique annuelle de 1 000 à 1 500 foyers indique Hynamics. Le coût de cette première phase oscille entre 8 et 9 millions d’euros. Une deuxième étape montera la puissance à 2 MW ; dès 2025, 20 bus Optymo devrait rouler à l’hydrogène. Avec cette 2e phase, la plateforme devrait coûter entre 12,5 et 13,5 millions d’euros. Elle doit s’étendre sur 5 000 m2, les équipements étant répartis dans des conteneurs. Plusieurs types de stockage sont aussi prévus : basse, moyenne et haute pression. Pour répondre aux besoins des clients. Plus la pression est forte, moins le stockage est imposant.

Aujourd’hui, on évoque un besoin de 10 kilos d’hydrogène pour 100 kilomètres parcourus par un bus, même si de récents tests réalisés en Irlande ont présenté une consommation de 5 kilos pour 100 km (notre article). Les reculs sont toutefois limités et les consommations varient selon les lignes, la conduite et les caractéristiques géographiques du territoire.

Westküste 100

En Allemagne, Hynamics investit 30 millions d’euros pour installer un électrolyseur d’une puissance de 30 MW à Hemmingstedt, près de Heide, avec l’objectif d’atteindre une puissance de 700 MW en 2030. « Objectif : produire, d’ici cinq ans, de l’hydrogène vert à partir d’énergie 100 % renouvelable issue de parcs éoliens en mer du Nord », indique la filiale d’EDF.  Le projet réunit dix partenaires

L’électricité nécessaire à la fabrication de l’hydrogène, par électrolyse de l’eau, sera décarbonnée et issue de ressources renouvelables garantit Hynamics. C’est tout l’enjeu de ce projet de mobilité autour de l’hydrogène, alors qu’aujourd’hui, 95 % de la fabrication de l’hydrogène (dans l’industrie agro-alimentaire, la chimie ou la raffirnerie) est carbonnée, issue de vaporeformage, générant du CO2. La première phase de la station doit permettre d’éviter l’émission de plus de 500 tonnes de CO2 par an indique Hynamics, qui signera dans les prochains mois un contrat avec un producteur d’électricité renouvelable pour réserver de la production et la destiner à la station de Danjoutin.

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Photos prises par © TOMA / Claire-Lise Havet

« Cette filière est en train d’émerger »

« C’est une histoire collective, qui s’inscrit dans une dynamique de territoire », insiste Stéphane Manginot, qui a bien saisi cette logique nord Franche-Comté incarnée par l’hydrogène, qui lie le pays de Montbéliard au pays d’Héricourt en passant par le Territoire de Belfort. « C’est une démarche partenariale », poursuit-il, rappelant le rôle moteur des collectivités.  « L’objectif est d’installer un nouvel équipement et le consolider avec de nouveaux clients, observe Stéphane Manginot, pour développer l’écosystème. »

Les différents subventions françaises et européennes permettent de financer deux dynamiques, d’abord l’investissement de la station, mais aussi les futurs usages, en accompagnant l’achat des bus, aujourd’hui plus chers. Le coût unitaire d’un bus hydrogène est de 620 000 euros, contre 300 à 350 000 pour un bus classique informait Optymo au mois de février  (lire notre article). Le réseau vient justement de recevoir une nouvelle subvention européenne, après celle de l’Ademe (notre article), de 522 775 euros, pour financer ses bus hydrogène. Le projet – « solide », dixit Stéphane Manginot – se consolide. « Cette filière est en train d’émerger », note le responsable du projet, optimiste. « Tout va s’industrialiser, donc le prix des pièces vont baisser », projette-t-il également. « Ces subventions cherchent à créer des corridors européens », replace enfin Stéphane Manginot, Et Danjoutin est sur ce corridor, étant placé surtout au bord de l’A36 ; cela ouvre des perspectives commerciales pour la station.

Hynamics va investir 220 millions d’euros en France et en Allemagne d’ici 2023 et a pour ambition d’être un des leaders européens du marché de l’hydrogène bas carbone et renouvelable à horizon 2030. Si aujourd’hui on évoque des bus à Belfort, l’hydrogène se prête aussi parfaitement à des flottes de véhicules comme les ordures ménagères ou des véhicules utilitaires. À Auxerre, des utilisations ferroviaires (avec les trains Alstom) et fluviales sont aussi évoquées. Ce sera une prochaine étape. de ce déploiement. Les idées ne manquent pas.

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