General Electric : partout en Europe, les syndicats crient leur ras-le-bol et voient leur avenir sans GE

Partout en Europe, les syndicats crient leur ras-le-bol et voient leur avenir sans General Electric

C’est un acte symbolique fort qui s’est noué ce vendredi 15 janvier 2021 à l’occasion du dernier comité de groupe Europe de la division Power de General Electric. Tous les représentants du personnel européens ont signé une déclaration commune pour exprimer leur ras-le-bol des pratiques de l’industriel américain. Sous une forme plus diplomatique, ils ont même envisagé que l’avenir de leur activité ne soit plus liée à celui du conglomérat américain.

C’est un acte symbolique fort qui s’est noué ce vendredi 15 janvier 2021 à l’occasion du dernier comité de groupe Europe de la division Power de General Electric. Tous les représentants du personnel européens ont signé une déclaration commune pour exprimer leur ras-le-bol des pratiques de l’industriel américain. Un document que Le Trois a pu consulter. Sous une forme plus diplomatique, ils ont même envisagé que l’avenir de leur activité ne soit plus lié à celui du conglomérat américain.

D’Autriche, de Hongrie, de Croatie, de République tchèque, d’Espagne, du Royaume-Uni, de Belgique, des Pays-Bas, de Norvège, de France… En tout, ce sont les représentants du personnel des 27 pays européens où est implantée la division Power de General Electric qui se sont exprimés, à l’unanimité, ce vendredi 15 janvier.

« Nous, représentants des employés de GE Power, sommes amenés à questionner l’avenir de cette entreprise sous le management de General Electric. »* Cette annonce ponctue une déclaration – approuvée à l’unanimité – des représentants du personnel européen de General Electric, siégeant au comité de groupe Europe de GE Power. Une déclaration que Le Trois a pu consulter. C’est une déclaration lourde de sens. Pour la première fois, les représentants du personnel imagine l’avenir de leur activité sans General Electric.

La division Power comprend les activités turbines à gaz, Steam (nucléaire et charbon), Power conversion (conversion de puissance) et les unités dédiées au suivi des chantiers, FieldCore. Selon des données syndicales, la division Power compte 16 500 personnes en Europe ; un tiers de ces effectifs sont en France, avec plus de 5 000 personnes dans les 4 entités.

Des milliers de suppressions de postes

Ce 15 janvier, ils devaient rendre un avis sur un énième plan de réorganisation dans l’entité GE Gas Power. Ils ne l’ont pas fait, « faute d’informations suffisantes ». Ces dernières années, si la France a été touchée par des plans sociaux, tous les pays européens ont dégusté : Royaume-Uni, qui était le plus gros contingent de GE il y a encore quelques années n’a plus que 1 800 salariés ; l’Allemagne ; la Suisse ; ou encore la Pologne. « Depuis des années, les équipes européennes de GE Gas ont été confrontées à de nombreuses vagues de restructuration qui ont entraîné des milliers de suppressions d’emplois », confirment les syndicats dans leur déclaration.

Plusieurs voix dénoncent le faible niveau du « dialogue social ». Et l’illustre par un exemple : le comité de groupe Europe se réunit sous le cadre légal du droit du travail irlandais. Pas le plus protecteur estiment plusieurs représentants du personnel, sous la forme d’une litote. Auparavant, c’était celui du Royaume-Uni, au motif que « c’était le pays où il y avait le plus de salariés », rappelle une source bien informée. Aujourd’hui, l’Irlande ne compte qu’à peine plus de 100 salariés, comme le confirme des données que Le Trois a pu consulter. Le pays où il y a le plus de salariés de GE Power, en Europe, est dorénavant la France.

Maîtrise énergétique de l’Europe

Dans cette déclaration, les représentants du personnel dénonce « l’approche financière » et ne manque pas de s’étonner des bonus accordés à Larry Culp, p-dg de General Electric. « Cela démontre bien que les restructurations successives que connait l’entreprise, et plus particulièrement le secteur Gaz, depuis des années ne sont pas mises au service de l’entreprise mais au profit unique de la finance ! » dénoncent les syndicats. « C’est une entreprise qui est à la dérive complète », souffle cette même source.

« L’entreprise continue à réduire ses coûts et à se concentrer sur les produits les plus rentables, favorisant les performances à court terme au détriment du positionnement du portefeuille à moyen et long terme. Cette recherche de rentabilité́ maximum se fait en abandonnant toutes les activités jugées « sans valeur » et en amenuisant de plus en plus des équipes européennes fragilisées », peut-on lire dans cette déclaration. Les représentants du personnel rappellent pourtant que l’industrie est un secteur d’activité demandant temps et investissements. « Tout le contraire du pilotage au trimestre que demande la financiarisation et comme le fait GE », dénonce le document, qui met en doute les compétences et capacités de General Electric. « Si nous laissons les entreprises comme GE pouvoir licencier à tour de bras, et détériorer les conditions de travail au seul motif de l’actionnariat tout puissant, c’est oublié le rôle structurant de l’industrie sur l’emploi, mais aussi la maitrise énergétique de l’Europe », écrivent-ils finalement.

  • Citation traduite de la déclaration du comité de groupe Europe de GE Power, rédigée en Anglais.
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